AU FIL DES HOMELIES

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LA MORT DE JESUS, PROMESSE DE RÉSURRECTION

Is 49, 8-16 ; Jn 5, 19-30

Mercredi de la quatrième semaine de carême – B

(29 mars 2006)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

 

L

e texte de Jean que nous venons d’entendre est un des premiers grands sermons de Jésus sur le sens de sa mission. En effet, jusque-là, Il avait eu des entretiens privés avec Nicodème ou avec la Samaritaine, Il avait posé des gestes, des miracles, où Il avait donné son avis sur la mission de Jean-Baptiste, mais dans l’évangile de Jean, ce chapitre cinquième, après la guérison du paralytique à la piscine aux cinq portiques, Jésus développe un long témoignage, une sorte d’enseignement sur sa mission. Je crois que dans l’évangile de Jean, cette perspective est voulue pour des raisons très précises. En effet, vous avez sans doute remarqué, mais la coupure des textes ne facilite pas tellement, qu'à la fin de l’histoire de la guérison du paralytique qui devait se jeter à l’eau et qui n’y arrivait jamais parce que les autres couraient plus vite que lui, à la fin, Jésus explique qu’Il a une mission à remplir, un travail à faire, et l’évangile enchaîne aussitôt : "Aussi les juifs n’en cherchaient que davantage à le tuer, puisque non content de violer le sabbat, Il appelait encore Dieu son propre Père, se faisant égal à Dieu". Tout de suite, Jean insiste sur le rapport d’hostilité qui se crée entre Jésus et les autorités juives de Jérusalem, en l’occurrence, ici plutôt les pharisiens que les sadducéens. Jean explique que l’intention est meurtrière dès ce moment-là. On voit déjà apparaître les deux motifs, c’est-à-dire la non-observance des préceptes de la Loi, et d’autre part, la prétention à avoir une origine céleste, puisqu’Il se fait l’égal de Dieu.

Ce qui est très intéressant pour nous, pour notre attitude, c’est que Jésus devine cette intention terriblement dangereuse de la part des autorités, mais, aussitôt, Il transforme l’intention meurtrière qui pèse sur lui, et il l’interprète et la relit, la propose à son auditoire à la lumière de sa mission. A aucun moment, Jésus n’a pensé qu’on lui voulait du mal, et c’est tout. Il aurait très bien pu dans ses discours dire : ils me veulent du mal, ils ne comprennent rien, ils sont butés, déclaration classique quand on se sent en position dangereuse. Mais Jésus attrape la balle au bond, et explique que cette intention qu’on a contre lui, de le faire mourir, en réalité est le premier point de départ du témoignage qu’Il a à rendre à la résurrection. Le savoir-faire de la présentation de cette scène et de la réaction de Jésus, c’est de transformer ce qui est une intention mauvaise, de la part des hommes qui sont autour de lui, en un bienfait qui est celui de la promesse de la résurrection.

Je crois que c’est assez important pour nous, parce que c’est toujours la véritable difficulté que nous avons quand nous sommes face au mal. Quand nous sommes affronté au mal, à ce qui met en danger, notre tendance est une sorte de repli, soit sur la peur, soit sur la défensive, soit sur la contre-attaque, l’agressivité pour renvoyer la balle, et là, Jésus ne prend aucune de ces solutions. Il dit, effectivement, la menace de la mort commence à peser sur moi, mais cette menace de mort, je vais vous en expliquer le sens : elle est le point de départ de l’œuvre de salut de la mission que le Père l’a donné, c’est-à-dire d’être la source de la vie. Autrement dit, c’est une manière de retourner le gant, de relever le défi, et à ce moment-là, Jésus peut faire un enseignement sur la résurrection qui est comme une sorte de défi par rapport à la menace de mort qui pèse sur lui.

C’est vrai que nous, dans notre condition humaine, nous ne pouvons pas tellement, habituellement nous situer face à la mort comme un défi, nous avons tous peur devant la mort, mais c’est vrai aussi que face à tous les rétrécissements et à toutes les angoisses que nous pouvons nourrir, il y a quand même ce regard sur le Christ qui nous explique que lui-même, face à la mort, n’a pas peur, mais qu’Il voit dans la menace de mort qui pèse sur lui l’occasion de réaliser et d’accomplir la mission du Père.

Je pense que pendant ce temps de carême que nous vivons, qui est un temps de conversion, de changement de notre regard sur les choses de la vie et de la mort, cette attitude de Jésus qui fait découvrir à ses disciples l’intention de vie de Dieu face à l’intention de mort des hommes, peut être quelque chose de très éclairant pour notre propre vie, et notre propre démarche spirituelle de conversion.

 

 

AMEN

 

 

 
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