AU FIL DES HOMELIES

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ET SI QUELQU'UN A SOIF, QU'IL VIENNE A MOI ET QU'IL BOIVE

 Jr 11, 18-20 ; Jn 7, 37-52
Samedi 12 mars 2016
Homélie du frère Daniel Bourgeois

 

« E

 

t si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive ». Frères et sœurs, c’est une parole que Jésus lui-même a prononcée en un moment le plus réussi, si je puis dire, de sa carrière, de son enseignement. Il était au milieu du temple, et sentant que l’auditoire pouvait être accueillant et réceptif, il a dit cette chose extraordinaire : « En fait, je suis la source, la source d’eau vive, la source qui est capable d’accueillir et de combler chaque cœur humain. Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive. »

 

Si nous sommes rassemblés ce matin, chacun d’entre nous sans doute pour des raisons différentes, c’est en fait cette parole qui obscurément nous a guidés. Certains d’entre vous sont ici parce que récemment ils ont connu le deuil. On sait bien, face à la mort d’un être cher, ce qu’est cette soif-là, cette soif qui consiste à se dire que nous aimerions tellement encore partager et vivre ici bas sur la terre tout ce que nous avons partagé avec celui ou celle qui  nous a quitté. A ce moment là, on a envie de dire à Dieu « Pourquoi est-ce que tu nous as coupé cette racine vivante, ce puits d’eau jaillissante qui était le cœur de ceux qu’on aime ». Je crois que la réponse, c’est le Christ lui-même qui la donne : « Je n’ai pas cessé depuis que vos proches ont disparu, d’être une source jaillissante. Je ne vous ai pas coupé de cette vitalité profonde. Car ceux qui sont morts, j’ai comblé leur soif pour qu’ils comblent la vôtre. » Et c’est ça le mystère de la mort de nos proches.

C’est vrai, dans le premier mouvement où nous ressentons la détresse de la mort et du deuil, nous croyons que nous allons nous dessécher, que notre cœur va perdre sa vitalité. Et pourtant, il ressurgit une source nouvelle : ce sont nos proches qui deviennent dans notre cœur une source de vie, d’espérance et de confiance. Peut-être que pour vous les jeunes qui êtes rassemblés aujourd’hui, la soif se porte sur des objets beaucoup plus banals et ordinaires, la soif de vivre, de s’amuser, de jouer, de découvrir tous ces aspects de la vie qui épanouissent votre cœur. Mais la soif la plus profonde que vous allez découvrir petit à petit, à travers votre formation, à travers votre cheminement à la fois humain et chrétien, c’est la très grande soif de rencontrer quelqu’un qui est souvent difficile à rencontrer bien qu’il soit très proche : le Christ. Si vous êtes là ce matin à l’eucharistie, c’est parce que vous devinez, vous pressentez au fond de votre cœur que vous portez un désir, une soif de trouver votre pleine personnalité, votre pleine dimension de vie, et que vous ne pouvez pas le trouver tout seul ou toute seule, que vous avez besoin d’être guidé, accompagné, aidé. Et donc, c’est ce que vous tentez de faire. Vous découvrez qu’il y a dans votre cœur une multitude de désirs, d’aspirations, de souhaits de vous réaliser dans la vie, mais au fond, voyez qu’il n’y en a qu’un seul qui sera vraiment la plénitude de la source et la plénitude de la vie. C’est la soif qui nous rassemble aujourd’hui, tous, dans son amour, dans cette source d’eau vive que le Christ veut être pour chacun d’entre nous.

 

 AMEN

 

 
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