AU FIL DES HOMELIES

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SI QUELQU'UN A SOIF !

Jr 11, 18-20 ; Jn 7, 37-52

Samedi de la quatrième semaine de carême – A

(4 avril 1987)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

S

i quelqu'un a soif, qu'il vienne à Moi ! Qu'il boive celui qui croit en Moi ! " Cette eau, c'est celle que Jésus promettait à la samaritaine : "Celui qui boira de l'eau que je lui donnerai, n'aura plus jamais soif, et cette eau deviendra en lui une source jaillissant pour la vie éternelle !" Et encore : " De son sein couleront des fleuves d'eau vive !" Cette eau, c'est celle que l'apôtre Jean verra jaillir du côté du Christ cloué sur la croix, cette eau qui nous donne le plus profond de la passion du Christ, le plus secret de sa vie, de sa vie donnée pour nous, livrée pour nous. "Jésus parlait de l'Esprit saint que recevraient ceux qui croiraient en Lui !" Cette eau c'est le baptême dans lequel l'Esprit nous est communiqué, l'Esprit qui vient de la croix du Christ, du plus profond du don que le Christ nous fait de sa vie qu'Il livre pour nous. Cet Esprit saint reçu au baptême est en nous une source jaillissante de vie éternelle.

C'est donc pour nous parler du baptême, du baptême que vont recevoir les catéchumènes en la nuit de Pâque, du baptême que nous avons nous-mê­mes reçu à l'aurore de notre vie chrétienne, que l'Église nous fait lire ces paroles du Christ. Je vou­drais insister sur la première de ces paroles du Christ. "Si quelqu'un a soif !" le baptême c'est une eau vive, c'est une eau pour étancher notre soif. Si nous n'avons pas soif, comment viendrions-nous au Christ? Si nous n'avons pas soif, comment pourrait nous être donnée cette eau qui étanche la soif et qui l'Esprit de Dieu ? Si nous n'avons pas soif, comment peut-il y avoir une source jaillissante au fond de notre cœur ? le point de départ et ce n'est pas simplement un point de départ chronologique, qui sous-tend à tout instant notre vie chrétienne, c'est cette soif.

Avoir soif, soif de bonheur, soif de la vie, soif d'une source susceptible de nous donner vie et bon­heur, soif de Dieu qui est la vraie source. Est-ce que Dieu nous apparaît comme une source dont nous avons soif ? Est-ce que notre vie est traversée par ce désir, par cette soif d'autre chose, d'un accomplisse­ment qui nous conduirait plus loin que ce confort quotidien dans lequel nous sommes plus ou moins installés, même s'il est médiocre et relatif ? Est-ce que notre vie est fondamentalement inscrite dans une soif, dans un élan, donc dans la découverte d'une pauvreté ? Avoir soif, c'est se sentir dans le besoin, c'est res­sentir en soi un appel vers autre chose, donc une insa­tisfaction, une insuffisance. Avoir soif, c'est recon­naître que l'on n'est pas comblé, que ce que nous vi­vons est insuffisant pour remplir notre être et notre vie. Est-ce que nous savons que nous sommes pauvres ? Est-ce que nous prenons conscience de ce manque, de ce vide en nous, de ce péché qui creuse ce vide ? Sommes-nous assez conscients de notre péché pour avoir soif d'autre chose que de ce bonheur relatif et quotidien dans lequel nous vivons ?

Le carême c'est un temps pour la soif un temps pour le désir un temps pour découvrir en nous notre pauvreté, notre misère, afin d'aspirer à quelque chose ou plutôt à Quelqu'un qui pourrait répondre à ce désir, qui pourrait combler cette soif, qui pourrait donner un sens à cette pauvreté et à cette misère. Que le Seigneur nous fasse la grâce de découvrir, en nous, ce manque et ce vide, afin que nous puissions le rece­voir, car comment recevoir le Christ si nous sommes déjà pleins de nous-mêmes, si nous sommes nantis, comblés ? Comment recevoir le Christ si nous ne l'attendons pas ?

 

AMEN

 

 

 
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