AU FIL DES HOMELIES

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DES FLEUVES D'EAU VIVE

Jr 11, 18-20 ; Jn 7, 37-52

Samedi de la quatrième semaine de carême – B

(16 mars 1991)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

 

L

e texte de l'évangile que nous venons d'enten­dre s'adressait principalement d'abord aux catéchumènes : "Celui qui croit en Moi, qu'il vienne à Moi et qu'il boive, car de mon sein, jailliront des fleuves d'eau vive !" Ces fleuves d'eau vive, comme ceux qui coulent au fond du puits de la dis­cussion entre la samaritaine et Jésus, ces fleuves d'eau vive sont l'image même de l'Esprit. Ainsi donc, Jésus, au milieu de l'assemblée de ceux qui viennent l'écou­ter, se proclame comme la source de vie, comme la source de toute rencontre avec Dieu dans la vie éter­nelle. C'est pourquoi on expliquait aux catéchumènes qui se préparaient à recevoir le baptême qu'en fait ils se préparaient à être abreuvés dans leur soif et leur désir de Dieu par les fleuves d'eau vive que le Christ prophétisait et qui effectivement couleront de son côté quand Il mourra sur la croix.

Il y avait à cela une conséquence importante. Lorsque le Christ se présente comme Celui qui offre les flots vive c'est-à-dire comme la Source de vie pour le monde, immédiatement, cela suscite dans l'audi­toire des jugements contradictoires. Les uns disent : "C'est le prophète !" ou "C'est le Christ !" et les au­tres rétorquent : "Mais le prophète ne peut pas venir de la Galilée !" C'est parce que le Christ offre la vie au monde qu'Il suscite une question sur son identité. "Qui est-Il pour avoir cette prérogative de donner la vie ?" Est-Il véritablement le prophète ou simplement un usurpateur ?

Ainsi donc était manifesté clairement aux ca­téchumènes qui entendaient ces pages que, au mo­ment même où ils s'engageaient sur le chemin du baptême, au moment même où le Christ leur proposait des flots d'eau vive, ils auraient sans cesse à répondre de l'identité même du Christ. "Est-il le prophète ? le Christ ? Est-Il l'Envoyé de Dieu ?" ou au contraire est-Il simplement quelqu'un qui sort de Galilée et qui donc ne peut pas être le révélateur de la vie du Père. Pour nous aujourd'hui, c'est encore la même question. Lorsque nous entendons cette parole sur les flots d'eau vive qui jaillissent du côté du Christ, cette pa­role n'est pas-une simple affirmation vis-à-vis de la­quelle nous aurions simplement à courber l'échine et à faire le gros dos, mais cette parole nous met en de­meure de confesser qui est Celui d'où coulent les flots d'eau vive. Elle nous met en demeure de confesser Jésus comme le Christ, le prophète et l'envoyé de Dieu. Elle nous met en demeure de savoir d'où vien­nent les flots d'Eau vive. Non pas de cet attentisme prudent dont fait preuve Nicodème lorsqu'il plaide pour Jésus afin qu'on ne l'arrête pas, mais de cette véritable confession de la foi qui est le cœur même de notre existence baptismale et qui consiste à témoi­gner, par tout notre être, par toute notre vie, que Jésus est véritablement le Fils de Dieu, qu'Il est le seul ca­pable de nous donner l'Esprit et de nous faire vivre comme des fils.

 

AMEN

 

 

 
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