AU FIL DES HOMELIES

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SOIF ET VRAI DÉSIR DE L'HOMME

Jr 11, 18-20 ; Jn 7, 37-52

(19 mars 1988)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS 

 

Nazareth : puits 

C

 

elui qui a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive !" Il y a un contraste assez remarquable entre la manière dont Jésus s'offre au désir de l'homme, symbolisé et manifesté par la soif, et d'autre part, la manière dont on veut s'emparer de Jésus. Et c'est le problème du rapport de Jésus Fils de Dieu au désir de l'homme.

       Jésus est venu pour révéler dans l'homme une soif. Jésus est venu comme une eau vive et l'Esprit Saint n'est rien d'autre que la manière, l'être même dont Jésus rassasie ceux qui ont soif. Cela suppose que le Christ, par sa simple présence au milieu de ce monde, révèle au cœur de chaque homme cette soif qui l'habite.

       Mais comme par un fait exprès, dans le moment même où est révélée cette soif, se révèle aussi le péché et la mauvaise utilisation de la soif. Le désir peut devenir instrument de domination et de possession ; il est mis en évidence, ici, par les gardes qui, envoyés par les autorités, essaient de s'emparer de Jésus pour le faire taire. Et quand le désir se fait violence, qu'il arrive en présence du Christ, il subit brutalement un arrêt : "Personne n'a jamais parlé comme cet homme !" Et les gardes n'ont pas pu mener jusqu'à terme le désir de s'emparer de lui.

       Il y a donc une sorte d'opposition entre Jésus qui révèle le désir de l'homme et l'homme qui se laisserait simplement aller à l'économie de son propre désir qui se fait domination et violence. Il y a quelque chose de plus subtil encore dans cette gestion du désir de l'homme. C'est le désir de connaître d'où Il vient. Et à ce moment-là, lorsque pour savoir qui Il est, lorsque les hommes orientent sur le Christ leur désir à eux de savoir et de discerner, ils se trompent. Ils veulent savoir si le Messie devait naître à Bethléem ou en Galilée, et alors leur propre désir qui n'est pas simplement violent, est source de division, d'incompréhension, et finalement de non-reconnaissance.

       C'est encore une manière dont le désir humain peut s'égarer lorsqu'il est en face du Christ. C'est d'essayer de savoir, de lui assigner une origine qui nous semble accessible et repérable.

       Ce temps que nous vivons maintenant, nous pouvons le qualifier comme le temps de notre désir de Dieu. Mais comment se manifeste notre désir ? Est-ce qu'il est désir d'une eau que Dieu seul peut donner ? ou au contraire, est-ce qu'il est désir de s'approprier Dieu par une forme de violence ou par des techniques de savoir qui feraient que, soit par la force de notre volonté, soit par la curiosité de notre savoir, nous pourrions nous emparer de Lui ? C'est une des tentations constamment sournoises de notre propre vie avec Dieu. Il faut que ce soit Dieu lui-même qui nous révèle ce qu'est notre désir. Il faut que l'eau coule de source, pas des fausses sources que nous pourrions imaginer, mais de la véritable source que Lui seul peut être pour nous.

  

       AMEN

 

 
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