AU FIL DES HOMELIES

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BOIRE À LA SOURCE VIVE

Jr 11, 18-20 ; Jn 7, 37-52

Samedi de la quatrième semaine de carême – C

(20 mars 2010)

Homélie du Frère Christophe LEBLANC

La source d'eau vive

 

F

rères et sœurs, c'est un poncif de dire que notre identité repose pratiquement totalement sur nos origines. Vous le savez, actuellement, il y a une sorte d'engouement qui consiste à rechercher des ancêtres et grâce à Internet, on peut remonter très loin dans le temps. Il y a aussi même le fait que certains, grâce à l'ADN, essaient de retrouver aussi leurs différentes origines. Bref, c'est comme si toute notre vie, notre être, nos comportements étaient conditionnés par notre origine. Les Corses immigrés aiment se retrouver entre Corses, les bretons immigrés aiment se retrouver entre Bretons … C'est comme si nous avions à chaque instant besoin de nous repérer et de nous aider par notre passé et nos origines.

Je ne sais pas si vous connaissez cette blague : deux diplomates se rencontrent et le premier dit au second un secret. Le second diplomate ne s'interroge pas pour savoir si c'est la vérité, mais plutôt pourquoi il lui a dit ce secret. Là aussi, dans cette petite histoire, ce qui est intéressant, ce n'est pas la vérité, ce n'est pas ce qui est dit, mais c'est : pourquoi est-ce que cela a été dit ? Là, on est exactement dans la problématique de l'évangile.

Cet évangile présente toute une série de débats et de réflexions sur l'origine du Christ. Le Christ est celui qui doit venir de Bethléem parce que de la Galilée ce sont des gens incultes. Jésus, il parle bien ! Il touche le cœur, mais cela ne suffit pas pour savoir si ce qu'il dit est vrai ou pas, ce qui compte, c'est l'identité de la personne qui le dit. Ne jugeons pas les pharisiens, nous fonctionnons comme eux ! Quand quelqu'un qui, avec tous les défauts du monde et grand pécheur devant l'Éternel dit quelque chose de vrai, ce que nous retenons ce n'est pas la vérité qu'il a dit, c'est la personne pécheresse qui l'a dite. Je crois que ce qui est au cœur de cet évangile c'est un retournement quant à l'identité du croyant. Le croyant ne s'identifie pas par rapport à une culture, à des racines ou à une tradition. En fait, Jésus nous donne exactement la définition du croyant: le croyant ne se définit pas par son origine pécheresse, mais le croyant se définit par son terme, par son but, qui est Dieu. Et c'est ce désir de Dieu qui nous détermine et qui est notre véritable identité. Dieu n'est pas intéressé par notre origine culturelle ou autre, il n'est même pas intéressé de savoir si nous allons vers lui parce que nous sommes nous-mêmes intéressés, mais ce qui compte aux yeux de Dieu, c'est le désir qui nous habite de le rencontrer, c'est le désir qui nous habite, de boire à sa source.

Frères et sœurs, en ce temps du carême, nous avons parfois trop souvent tendance à nous projeter dans notre passé souvent lourd et difficile, or cet évangile nous invite à nous retourner non pas vers les origines, les traditions, etc…  mais à nous retourner vers le Seigneur, celui qui est devant nous, celui qui nous précède dans sa Pâque et sa Résurrection, celui qui nous invite à boire à sa source.

 

 

AMEN

 

 

 
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