AU FIL DES HOMELIES

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LA TRACABILITÉ

Jr 11, 18-20 ; Jn 7, 37-52

Samedi de la quatrième semaine de carême – A

(8 mars 2008)

Homélie du Frère Christophe LEBLANC

 

F

rères et sœurs, pour essayer de mieux comprendre l'attitude des pharisiens vis-à-vis de Jésus, autrement dit le problème de l'origine du Christ, j'aurais voulu partir d'un exemple extrêmement moderne, un exemple auquel nous sommes tous confrontés chaque jour. Avez-vous remarqué que depuis quelque temps, avant d'acheter un produit de consommation, nous lisons attentivement l'étiquette pour savoir ce qu'il y a dedans et d'où il provient. Dans notre vie de consommateur, actuellement, il y a un mot qui revient à chaque instant, c'est celui de la traçabilité. D'ailleurs, vous n'allez pas chez votre boucher sans voir où l'agneau est né, à quel endroit il a brouté de l'herbe, à quel endroit il a été à l'abattoir, etc … C'est la traçabilité de chaque chose. Pourquoi ? parce qu'avant d'acheter un produit de consommation, on se dit toujours : méfiance, qu'y a-t-il dedans?

Pour reprendre la situation de Jérémie, les gens ou les sociétés ou les entreprises ont tellement machiné un complot contre notre santé que nous sommes obligés de jouer des pieds et des mains pour vérifier et contrôler ce que nous mangeons du début jusqu'à la fin pour ne pas tomber malade et avoir des tas de problèmes de santé par après.

Je crois que le texte que nous venons d'entendre c'est le même problème, c'est le problème de la traçabilité. Autrement dit, en qui et commet est-ce que je mets ma confiance ? Quelles sont les qualités que je demande à telle ou telle personne pour lui remettre ma confiance. C'est très intéressant, quand notre cœur est habité par la méfiance, nous avons tendance à suivre le schéma des pharisiens et le schéma de tout consommateur actuellement dans la jungle du consumérisme de notre société de consommation, c'est que nous voulons vérifier depuis le début jusqu'à la fin. Nous voulons vérifier l'origine. C'est ce qui se passe chez les pharisiens et aussi chez nous, quand nous considérons ceci : je veux bien mettre ma confiance en Dieu, mais j'ai quand même envie de savoir d'où il vient. C'est le problème des origines. Désirer savoir d'où vient Dieu, comme si cela nous permettait d'être sûrs de pouvoir bien vivre notre vie chrétienne.

Il y a à l'autre bout l'appel, le cri du Christ, et quel est ce cri nous venons de l'entendre : "Que celui qui a soif vienne et boive de l'eau vive". Ce qui intéresse le Christ ce n'est pas de donner de l'eau vive à ceux dont il connaît l'origine, moi je sais d'où tu viens, homme, je te permets de venir boire l'eau vive, Non. Ce qui l'intéresse, lui, ce n'est pas notre origine de pécheur, ce qui l'intéresse c'est notre désir de le rencontrer et le fait que la vie chrétienne est ordonnée à une fin, à une communion avec le Christ et non pas à notre origine. Il est bien évident que si l'on était ordonné uniquement à notre origine de pécheur, on n'irait pas très loin.

Frères et sœurs, en ce temps de carême où c'est vrai que nous sommes quelquefois plus souvent invités à contempler notre origine de pécheurs, aujourd'hui l'appel du Christ nous invite à nous détourner de nos racines de pécheurs et à nous ordonner à cette fin à laquelle nous sommes promis, la vie éternelle et le Saint Esprit. Ne nous laissons pas abattre quand nous contemplons notre péché si facilement traçable, mais que nous sachions nous lever et aller vers celui qui nous donne cette eau vive, cet Esprit Saint que nous désirons ardemment.

 

AMEN

 

 

 

 
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