AU FIL DES HOMELIES

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VERS LA PÂQUE

Sg 2, 1+10-22 ; Jn 7, 14-30

Vendredi de la quatrième semaine de carême – A

(3 avril 1987)

Homélie du Frère Michel MORIN

 

N

ous avons coutume de dire que nous nous avançons vers la Pâque. Dans les jours qui précèdent cette Pâque, nous relisons les évé­nements historiques, les circonstances qui ont conduit Jésus à la mort. Mais, vous le savez, ces textes, ces récits, ces événements historiques ne sont pas cir­conscrits dans l'histoire et dans les temps du premier siècle. C'est maintenant, et dans le cœur de chacun, et dans le cœur de l'Église qu'ils deviennent historiques, encore, dans la mesure où nous savons, pas simple­ment les lire, nous les rappeler, mais les accomplir. Ou plus exactement laisser le Christ Lui-même ac­complir et achever sa Pâque dans notre propre cœur.

Nous nous avançons vers Pâques, le calen­drier nous y aide, c'est une pédagogie mais plus exactement, plus profondément et plus mystérieuse­ment c'est la Pâque qui s'avance vers nous. Et là il n'est pas question d'heures ou de jours. Cette Pâque du Christ a été enfouie, comme son corps au tombeau, le jour de notre baptême dans sa mort. Cette Pâque du Christ qui est puissance de résurrection pour nous est peut-être encore trop enfouie dans notre propre vie et ne porte pas assez des fruits de résurrection et de Pâ­que. Pourquoi ? Parce qu'il y a encore en nous toute une sorte de sédimentation d'impiété qui empêche que la pierre soit roulée et qui empêche que nous soyons vraiment vivants, à la manière même du Christ, c'est-à-dire pour la gloire du Père qui l'a envoyé. Ces sédi­mentations de péché, d'impiété, d'égoïsme, d'orgueil limitent en nous la fécondité du témoignage du Christ et ainsi nous ne devenons pas comme Lui véridiques, parce que nous ne vivons pas de ce que le Père, par Lui, nous a donné.

Laisser la Pâque venir en nous, elle y est déjà profondément présente, autrement ni vous ni moi nous ne serions ici aujourd'hui. Mais pour qu'elle monte en nous comme un ferment qui va porter du fruit, il faut peut-être se rappeler ce que Paul disait aux Philippiens : "Ayez en vous les sentiments mêmes qui étaient ceux du Christ Jésus !" Les sentiments du Christ dans cette marche vers sa mort et sa résurrec­tion, ce sont l'humilité et l'obéissance. L'humilité parce qu'Il ne vient pas de Lui-même, son témoignage n'est pas de Lui. Et l'obéissance parce qu'Il est envoyé par le Père.

Pour vivre cette Pâque en vérité, c'est ainsi qu'il faut ressembler à Celui que nous appelons "Maître et Seigneur", "doux et humble de cœur" "obéissant jusqu'à la mort et la mort de la croix". Alors, je vous invite, qui que vous soyez, qui que nous soyons, quels qu'aient été les jours et les semai­nes du carême qui viennent de s'écouler, à nous ap­procher du Christ, ou plus exactement, plus mysté­rieusement, à laisser le Christ, vraiment, s'approcher de nous et à le reconnaître dans son visage de dou­ceur, dans son visage d'humilité, dans son visage d'obéissance à la volonté du Père. Mais, est-ce que nous pourrions vraiment le reconnaître en vérité si nous-mêmes, dans tous les événements de notre vie, nous ne nous laissons pas revêtir de Lui, de cette dou­ceur, de cette humilité et de cette obéissance.

Nous allons célébrer Pâques solennellement, mais qu'est-ce que cela voudrait dire si chaque jour nous ne le célébrons pas humblement, dans notre vie ? Nous mériterions alors ce reproche du Christ : "Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est loin de Moi !" le Christ est dans notre cœur, pour que notre cœur et notre vie, dés maintenant, mourant au péché, soit un cœur ressuscité pour la gloire du Père.

 

AMEN

 

 

 
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