AU FIL DES HOMELIES

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 LE VRAI TEMPLE, LIEU DE LA PRÉSENCE

Os 6, 1-6 ; Jn 2, 13-25

Jeudi de la troisième semaine de carême – C

(21 mars 2001)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

J

'ose espérer que le Seigneur ne fera pas agir son bras vengeur dans ce Temple, l'église Saint Jean de Malte parce qu'il s'y trouve un pigeon, nous ne faisons pas le commerce des pigeons, du moins pas encore.

"Détruisez ce Temple et je le rebâtirai en trois jours". C'est la phrase clé de ce passage d'évan­gile que nous venons d'entendre, et cet acte que Jésus a fait de chasser les vendeurs du Temple s'explique non pas parce qu'on serait heureux d'avoir enfin un sentiment du Christ même si c'est celui de l'ordre de la colère, mais tout simplement, et c'est ainsi que les juifs le lisent, parce que c'est un signe prophétique. D'ailleurs, la question qui leur vient aux lèvres ce n'est pas : tu es un fou dangereux, tu chasses et ren­verses les commerces, mais c'est quel signe nous don­nes-tu pour faire cela ? Et Jésus répond, : "Il ne vous sera pas donné d'autre signe que celui-là". Et c'est ce qui va se passer effectivement lorsque Jésus mourant sur la croix, ressuscite après. Il est vrai que Jésus fait une transposition. Le Temple de Dieu est aux yeux des juifs ce qui re-présente, ce qui rend présent de manière réelle cette manifestation, cette Présence de Dieu circonscrite dans les murs de ce Temple. La vraie présence de Dieu devient visible en Jésus lors­qu'Il s'incarne, dans l'ordre de l'Incarnation, ce corps qu'Il a pris et qui devient le Temple véritable. Le Temple est fait pour offrir des sacrifices, c'est pour­quoi l'action cultuelle va avoir vraiment lieu et comme le dit si bien la cinquième préface de Pâques : "le Christ deviendra à Lui seul le prêtre, l'autel et la victime", réalisant tout le sacerdoce, tout le culte agréable à Dieu qui est réalisé lorsque Jésus meurt sur la croix, s'offre au Père et est la victime véritable, l'Agneau de Dieu qui porte et enlève le péché du monde. Le signe est donc bien donné, et l'on com­prend cet acte prophétique uniquement au regard de la croix.

Maintenant, je me permettrai simplement de faire une autre transposition, non pas que je me prenne pour Jésus, mais serviteur de sa Parole. Je dirais ceci : et si nous transposions ce Temple-là pour nous-mêmes. Je ne serais pas pour ceux qui sont férus de lectures bibliques, le premier à le faire, saint Paul dit bien que notre corps est devenu le Temple de l'Es­prit Saint. Nous sommes bien ce Temple. Si nous transposons du Temple de Jérusalem au Temple qu'est Jésus, de par notre baptême, il y a effectivement cette même notion de Temple par le sacrement du baptême. D'ailleurs ne dit-on pas à l'onction du saint chrême, lorsqu'un enfant ou un adulte est baptisé : "Tu es de­venu prophète, roi et prêtre", capable de dire, de ser­vir et d'offrir. Ce qui signifie que comme nous l'avons entendu dans le dialogue avec la samaritaine le culte en esprit et en vérité n'est "ni à Jérusalem, ni sur cette montagne" parce que le Temple véritable devient cette présence, cette communion avec Dieu qui se réalise dans la vie de chacun. C'est ce qu'on appellera le sacerdoce baptismal, le culte véritable, l'offrande, et la seule offrande que Dieu agrée, ce que va mani­fester notre liturgie lorsqu'à travers le pain et le vin, fruit du travail, fruit de la vigne, cela est offert pour que tout ce que nous sommes, ces grains de blés que nous sommes, ces grains de raisins que nous sommes, deviennent l'offrande véritable pour que nous soyons Corps du Christ et exerçant ce sacerdoce.

La seule question qui demeure c'est : "Quand, comment Jésus finira-t-il par chasser nos commerces dans le temple de nos vies ?"

 

 

AMEN

 

 
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