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LE PHARISIEN ET LE PUBLICAIN

Dn 3, 25+34-43 ; Lc 18, 9-14

Lundi de la troisième semaine de carême – A

(23 mars 1981)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

Deux hommes montent au temple

J

 

e crois que cette parabole du pharisien et du publicain nous apprend essentiellement une chose, une chose à laquelle nous ne pensons pas souvent, c'est que la foi est faite uniquement d'audace. Non pas de cette fausse audace qui repose à la fois sur une certaine satisfaction de soi-même, une audace qui consiste à penser que, par ses propres moyens, on peut s'approcher de Dieu. Et puis surtout, cette fausse audace du pharisien qui pense que, en réalité, entre Dieu et lui, c'est déjà éclairci d'avance. Lui, le pharisien peut faire valoir ses droits devant ce Dieu qu'il imagine comme un homme qui veut être en état de justice et de sécurité avec celui qui le prie.

Le pharisien manque totalement d'audace. Il a une fausse audace. Il croit simplement qu'il a à se sécuriser devant Dieu, a comme on dit aujourd'hui, "ne rien avoir à se reprocher ", ne rien avoir sur la conscience et qu'ainsi tout sera réglé sans problème. Puisqu'il a payé la dîme, puisqu'il accomplit les prières, les offrandes et les rites, à ce moment-là, Dieu se contente de cela.

Tandis que le publicain, lui, est très audacieux. Et son audace, c'est essentiellement le fait qu'il aille au Temple ! Il sait fort bien, qu'en fait, il n'est pas du tout digne d'y aller. Il sait fort bien, qu'en fait, il ne peut pas vraiment s'approcher de Dieu, et c'est pourquoi il reste au fond du Temple ! Mais en réalité il a une audace folle, puisque précisément, tout en étant conscient de son péché, il sait que, tout de même, il peut aller devant Dieu pour lui parler.

Notre foi, c'est exactement la même chose. Il faut, à la fois, que nous soyons toujours conscients de notre faute de tout ce dont nous sommes incapables pour répondre, en vérité, à l'amour du Seigneur, mais, corrélativement, il faut, en même temps, que nous nous laissions mettre dans le cœur, par l'Esprit Saint, cette audace qui fait que, même si nous n'en sommes absolument pas dignes, que si rien dans notre existence ne justifie de nous approcher de Dieu, tout de même nous ayons cette audace folle de nous approcher de Lui, parce que Lui s'est approché de nous.

 

AMEN