AU FIL DES HOMELIES

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LE REPENTIR OUVRE LE CŒUR A L'AVENIR

2 R 5, 1-15 ; Lc 15, 1-7

Lundi de la troisième semaine de Carême – B

(27 mars 2000)

Homélie du frère Jean-François NOEL

 

J

oie du ciel pour le pécheur qui se repent, pour le repentir. Il est difficile de définir exactement ce qu'est le fait de se repentir et nous confondons assez naturellement le repentir avec le regret, le res­sentiment. Il est vrai que la faute provoque d'abord une sorte de prise de conscience, qui serait une sorte de culpabilité, qui nous fait regretter que cette faute soit inscrite dans notre histoire. Dans le repentir il y a une attente et un regard porté vers l'avenir, tandis que dans le ressentiment et dans le regret, le regard est davantage porté vers le passé. Le repentir comporte une sorte d'attente et d'espérance que quelque chose advienne à la place de ce péché, à la place de ce qui a fait obstacle, de ce qui a arrêté l'histoire de notre vie, qui a brisé la relation que nous pouvions avoir avec Dieu. Ce n'est donc pas une sorte d'auto lecture culpabilisante de notre péché, mais c'est une sorte d'attente que quelque chose ou quelqu'un d'autre vienne et prenne place là où il y a faute, là où il y a rupture, et le repentir comporte une dimension d'espé­rance, une dimension de délai, nous nous position­nons avec un regard porté sur Dieu et non pas sur nous, en attendant que quelque chose vienne écrire différemment ce que le péché avait écrit en nous.

Donc, le repentir n'est pas simplement de re­gretter, de battre sa coulpe comme on dit, mais d'at­tendre de Dieu qu'Il vienne nous tirer des eaux dans lesquelles nous nous sommes laissés aller. Le repentir comporte donc une dimension de relation avec Dieu, d'attente de Dieu, d'espérance dans son salut. Et c'est en cela que le repentir porte en lui-même une force extrêmement dynamique et puissante, de maintenir et de rétablir une relation qui s'est trouvée abîmée, voire détruite par le péché que nous avons commis.

Souvent lorsque les chrétiens s'interrogent sur leur vie passée, sur leurs péchés passés, au moment du carême, de la confession, le péché peut fasciner, attirer par des regrets qui nous immobilisent, nous sidèrent, et nous arrêtent dans notre histoire ancienne. Alors que le repentir tout en prenant conscience de ce qui est relecture de ce qui a été mal, est d'attendre de se tourner vers Dieu avec une espérance nouvelle en sachant que c'est Lui et Lui seul qui est Sauveur et qui a puissance contre les fautes que nous avons pu com­mettre.

Demandons au Seigneur que nous ayons le vrai goût du repentir, les yeux tournés vers Lui, et non pas simplement vers notre passé, notre cœur, mais que nous sachions en offrant notre cœur à Dieu qu'Il nous sauve et qu'Il nous donne son pardon.

 

 

AMEN

 

 
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