AU FIL DES HOMELIES

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LA JOIE DE DIEU C'EST LE PARDON

2 R 5, 1-15 ; Lc 15, 1-7

Lundi de la troisième semaine de carême – A

(28 février 2005)

Homélie du Frère Yves HABERT

 

C

e matin aux Laudes, nous avons entendu cet incroyable texte de la Genèse dans lequel Abraham marchande avec Dieu au sujet des habitants de la ville de Sodome et de la destruction de cette ville. Abraham dit : "Pour cinquante justes … je ne détruirai pas. Pour quarante-cinq … je ne détruirai pas, pour trente … non, je ne détruirai pas, et pour dix… ? Non, je ne détruirai pas". Mais il y a comme des points de suspension jusqu'à la destruction de la ville.

Le Salut, la révélation, la manière dont Dieu veut se révéler est aussi une affaire de chiffres. Mais il y a un renversement complet dans ces paraboles de la miséricorde qui forment le chapitre quinzième de l'évangile de saint Luc. Le berger, l'unique berger, Dieu, laisse les quatre-vingt dix-neuf brebis dans le désert pour se préoccuper de la centième brebis qui est partie. La femme cherche partout la drachme qui lui manque. Et le père est là pour guetter l'un de ses deux fils, le cadet. C'est toujours ce qui est signifié du mystère de Dieu qui se passionne pour l'unique, qui se passionne pour l'indispensable. Et cet indispensable pour le Nouveau Testament, c'est le pécheur. Le pécheur est l'indispensable pour Dieu, celui pour qui il s'est passionné. Il n'hésite pas à abandonner les quatre-vingt dix-neuf justes pour aller chercher la brebis, la chercher dans les épines, la charger sur ses épaules, image de la croix qui nous porte tous. Passionnante centième brebis. Passionnante parce qu'elle nous révèle que Dieu ne nous connaît pas en général, que si le berger a cent brebis, il les connaît chacune, il ne voit pas le troupeau, il voit chacune de ses brebis dans sa singularité propre. Il voit chacune de ses brebis, il s'est passionné pour elles, il a donné sa vie pour chacune de ses brebis. Et la joie qui est le signe du Royaume, la joie qui est l'évidence du Royaume, cette joie est donnée pour ce sauvetage.

Ne privons pas Dieu de la joie que nous pouvons lui faire. Soyons cet indispensable pécheur, qui au lieu de se morfondre dans le remords, qui au lieu d'être cet adversaire terrible pour lui-même, qui au lieu d'être ce juge impitoyable pour lui-même, soyons cet indispensable pécheur qui se tourne vers Dieu dans le repentir. N'hésitons pas à être chargés sur les épaules du prêtre dans le sacrement de la réconciliation. N'hésitons pas à faire appel au médecin pour donner de la joie à Dieu, pour donner de la joie à l'Église, et surtout aussi pour ouvrir notre cœur au repentir qui est véritablement seul à ouvrir un avenir.

 

AMEN

 

 

 
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