AU FIL DES HOMELIES

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LA NOUVELLE NAISSANCE DONNÉE PAR DIEU

Jr 31, 31-34 ; Jn 3,1-8

Vendredi de la troisième semaine de carême – A

(4 mars 2005)

Homélie du Frère Yves HABERT

 

A

près le Prologue de l'évangile de saint Jean, ce Prologue inaugural, les différents chapitres sont rythmés par des questions, le chapitre premier que la question de savoir qui est Jésus : "D'où me connais-tu? De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ? Où demeures-tu ?" Une première question sur la personnalité de Jésus. Dans le chapitre deuxième, avec la question du Temple, c'est cette question qui est posée : "Quel signe fais-tu pour agir ainsi, pour dire ce que tu affirmes au sujet du Temple qui sera détruit et reconstruit en trois jours ?" Et au chapitre troisième, cela se poursuit par une question qui ne touche plus à la personnalité de Jésus, aux signes qu'il accomplit, mais qui touche à la manière dont le disciple va recevoir cette vie que Dieu veut donner.

Cette question, elle est posée par Nicodème, un notable des juifs qui dit simplement : "un homme, étant vieux, peut-il naître à nouveau ?" Donc, la question du disciple est la question de la renaissance, la question d'une naissance nouvelle. Et l'évangile de saint Jean va développer avec ses grands évangiles baptismaux qu'on lit pour les scrutins, il va développer cette question de la naissance nouvelle.

Nous avons tous une énorme soif de renaissance à certains moments de notre vie. On insiste beaucoup aujourd'hui sur la crise du milieu de vie, la crise qui frappe les quadragénaires. On a des exemples parfois dans nos familles, nos amis, de ces personnes qui tout d'un coup, se posent des questions. Il y a des raisons psychiques, des raisons physiques, mais il y a souvent des raisons existentielles à ces questions : je suis parvenu à tel moment dans ma vie, j'ai réalisé telle et telle chose, et on se demande à quoi bon, à quoi cela sert-il ? quel est l'avenir de ce que j'ai réalisé ? Donc la question est existentielle. Face à cette question, il y a des réponses qui ne sont pas forcément bonnes, la réponse de la fuite, la réponse du changement radical, la réponse quelquefois d'une crispation, d'une rigidité, la réponse aussi d'une fuite dans l'imaginaire, dans autre chose. Mais ces crises que nous traversons, ces crises qui sont le signe d'un appel à une renaissance, ne vont pas se résoudre comme cela. Elles vont se résoudre dans une connaissance plus profonde de ce que l'on est soi-même. Au lieu d'une fuite, un approfondissement de ce que l'on est réellement, les talents que l'on a. Elles vont se résoudre non pas dans l'activisme, mais au contraire dans une sorte de "lâcher prise", d'abandon, qui nous permet de saisir en nous dépossédant un peu de nous-même, qui nous permet de saisir ce que nous sommes réellement sous le regard de Dieu et aussi, sous le regard des autres.

La crise, mais je ne parle pas forcément de la crise de la quarantaine, mais la crise ne va pas se résoudre dans une hypothèse qui serait un retour un arrière. Nicodème dit : "Dois-je revenir dans le sein de ma mère et renaître ?" Non, Nicodème, et c'est le sens de la réponse de Jésus, Nicodème doit naître à nouveau, d'une naissance qui est procurée par Dieu, d'une naissance qui est spirituelle, d'une naissance qui est la véritable réponse à une crise, c'est-à-dire quelque chose que nous ne pouvons pas tirer de notre propre fond, mais qui va être abandon à la volonté de Dieu, qui va être regard sur ce qu'est notre vie, et qui va être aussi ouverture à ce qui dans notre vie, est Esprit, et pas chair.

 

 

AMEN

 

 
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