L'ANNÉE LITURGIQUE

AVENT – NOËL – ÉPIPHANIE

Frère Jean-Philippe REVEL

22 Novembre 2011

 

 

 

Introduction

Nous sommes venus à Saint Jean de Malte avec le Frère Daniel et quelques autres frères dans le but de partager l'apostolat avec tous les paroissiens, mais aussi de faire connaître aux paroissiens quelque chose dont ils sont malheureusement très souvent privés, parce que cela a été accaparé par le clergé et surtout par les moines, à savoir, l'Office divin. La plupart des chrétiens et vous-mêmes sans doute, vous connaissez surtout la messe en liturgie, ce qui est évidemment très important, c'est le sommet de la liturgie, mais le sommet n'est pas tout. Comme le dit saint Paul du Corps du Christ : "Les yeux ne peuvent pas dire au pied, tu ne sers à rien puisque tu n'es pas capable d'y voir". Il faut que la tête (disons l'eucharistie), s'enracine dans les membres du corps liturgique que sont les Offices liturgiques.

Ces Offices sont une richesse extraordinaire, et nous pensons que c'est dommage que des paroissiens qui sont là ne profitent pas de cette richesse qui pourrait nourrir leur foi, leur vie chrétienne pendant des années et des années. Il y a certainement aussi une part d'erreur et de notre faute du côté des frères, parce que nous avions proposé une initiation à la liturgie au début de notre présence ici, mais ensuite, nous ne nous sommes pas rendu compte que les paroissiens se remplaçaient les uns les autres, et que tous n'avaient pas bénéficié de cette initiation. Il faut donc régulièrement reprendre ces choses-là, c'est l'objet de la réunion de ce soir, de parcourir avec vous une initiation liturgique qui vous permette de profiter vraiment de toute cette richesse qui vous est offerte.
Je vous donnerai comme référence, des moniales que je connais et qui célèbrent l'office habituellement et qui lisent les textes de nos livres liturgiques comme support de leur méditation. Cela leur sert de réflexion et de culture de la foi.

Le cycle de l'Avent, Noël et Épiphanie

La fête de Noël et de l'Épiphanie se situent dans la lumière de l'Avent. L'année liturgique, c'est-à-dire le retour cyclique chaque année des fêtes de la vie chrétienne, est essentiellement basée sur un principe qui est la célébration de la résurrection du Christ. Tout est centré sur cet événement capital. Dans l'usage liturgique de ce principe il y a deux façons de s'y prendre. Le Christ est ressuscité le jour de la Pâque qui était une fête juive existant depuis la sortie d'Égypte et certainement déjà avant. C'était le premier jour de la semaine, un dimanche, jour de la création du monde.

Il y a deux manières de fêter Pâques, deux manières de fêter la résurrection du Christ : ou bien dans le cours de l'année on privilégie la date de Pâques comme étant le centre autour duquel tout va se déployer (c'est ce que nous verrons les prochaines fois), Pâques qui a attiré tout un temps à soi qui s'appelle le carême, qui est la préparation à Pâques et qui appelle aussi le démultiplication de la fête de Pâques pendant cinquante jours, jusqu'à la Pentecôte. Pâques est le phare qui rassemble toute la période qui se déroule jusqu'à la Pentecôte.

Ensuite, très rapidement, les chrétiens ont aussi voulu fêter le dimanche comme étant le jour de la résurrection du Seigneur. C'est le Christ lui-même qui en a pris l'initiative, puisqu'il est apparu à ses disciples le premier jour de la semaine, au moment de sa résurrection. Il est revenu une semaine après, c'était le premier dimanche au sens liturgique du terme puisque c'était la première fois qu'au bout de huit jours, on éprouvait le besoin de célébrer à nouveau la fête de la résurrection. Cette célébration du dimanche a abouti à ce que toute l'année liturgique soit ponctuée de dimanche en dimanche qui sont toujours la fête de la résurrection du Christ.

Rapidement, les chrétiens ont éprouvé le besoin de célébrer le Christ dans les événements chronologiques de son Incarnation. En effet, lorsque nous vivons en famille, nous célébrons la fête de notre saint patron, mais aussi l'anniversaire de notre naissance, cela fait partie de notre être. La réaction des chrétiens a été la même : il fallait aussi célébrer la naissance de Jésus, ce point de départ de toute l'histoire du salut qui est l'Incarnation du Fils de Dieu dans le sein de la Vierge Marie.

La fête de Noël obéit ainsi à une autre logique, c'est la fête d'un anniversaire qui reviendra chaque année. Pâques, c'est tous les jours la vérité profonde de la résurrection présente aussi bien à la fête annuelle de Pâques qu'à tous les dimanches, mais en même temps on va fêter l'anniversaire de la naissance du Christ comme on le ferait pour un membre de sa famille. C'est l'origine de la fête de Noël. Noël, c'est l'anniversaire de la Nativité du Christ, de sa venue parmi nous. Noël comme l'avait fait Pâques a attiré aussi tout un temps avant et après, un temps de préparation à cette venue du Christ qui va recouvrir toute l'histoire du salut. C'est le temps de l'Avent dont nous allons parler, et ensuite, un temps de déploiement de ce mystère de l'Incarnation qui sera le temps de Noël et de l'Épiphanie et les fêtes qui suivent immédiatement la fête de Noël.

1 - Qu'est-ce que l'Avent ?

C'est essentiellement un temps qui débouche sur Noël. La compréhension de l'Avent n'est pas séparable de la compréhension de Noël.

L'Avent est donc ce temps de préparation de la venue du Christ. En effet, le Christ n'est pas tombé du ciel comme un météore, mais il est venu comme conclusion d'une longue et lente préparation. Il fallait que le coeur de l'homme soit visité jour après jour par la grâce de Dieu pour que nous puissions vivre cette Incarnation du Christ, cette possibilité qu'il soit si proche de nous puisqu'il s'est fait homme parmi les hommes. Pour que nous puissions comprendre cela, il a fallu que nous vivions (j'entends l'humanité, pas nous personnellement), que nous vivions toute cette attente qui va déboucher dans la naissance du Christ.

Le mot "Avent" vient de "avènement". C'est une contraction de ce mot qui lui-même signifie : "venue". Le mystère de l'Avent, c'est le mystère de la venue du Christ. Cette venue du Christ est l'objet même de la fête de Noël et par conséquent l'Avent nous prépare à découvrir ce qu'est cette venue de Dieu chez les hommes, nous prépare à cette découverte miraculeuse du Christ. Nous sommes donc dans la perspective de "l'avènement du Seigneur". Cette notion d'avènement va immédiatement se déployer dans plusieurs directions.

L'avènement du Christ, c'est d'abord son Incarnation, le jour où l'ange est venu dire à Marie qu'elle serait la Mère du Fils de Dieu et qu'elle a accepté répondant : "Je suis la servante du Seigneur", et où elle est devenue enceinte par l'opération de l'Esprit Saint. L'avènement majeur est celui qui nous éblouit et c'est celui auquel nous pensons d'abord et c'est très bien ainsi. Cet avènement premier c'est celui du Christ à Bethléem le jour de Noël où il est né.

Mais la notion et le mystère de l'avènement ne se limitent pas à ce fait précis. L'avènement du Christ c'est d'abord le "retour du Christ", car le Christ n'est pas venu une fois pour toutes, après quoi il serait retourné auprès du Père et nous aurait laissés seuls, mais le Christ vient sans cesse, et toute notre vie est une venue de Dieu dans notre coeur. Le sens profond de notre vie, c'est cette venue permanente, toujours renouvelée de Dieu dans notre coeur. La fête de Noël se démultiplie en des fêtes innombrables dans tous les événements de notre vie dans lesquels nous revivons ce mystère de Noël, car quoi qu'il arrive dans nos journées, quelle que soit la rencontre que nous faisons, quelle que soit la prière que nous accomplissons, tout ce que nous vivons est marqué par la présence de Dieu, par la présence du Christ, par la présence de Dieu incarné. C'est une venue de Dieu en nous qui se répercute jour après jour et pendant toute notre vie. Il y a donc dans la fête de Noël la venue du Christ le jour de sa naissance parmi les hommes, mais il y a aussi cette venue permanente du Christ qui vient sans cesse visiter notre coeur, à notre insu souvent, mais qui ainsi construit petit à petit cette communion et cet amour mutuel.

Il y a un autre mystère de cet avènement, une autre dimension qui est la récapitulation finale de l'humanité et du monde tout entier, ce qu'on appelle la "Parousie", c'est-à-dire le retour du Christ, ce qu'on appelle aussi la fin du monde, parce que c'est le passage du monde temporel à un monde définitif. C'est l'objet de l'eschatologie qui est la réalisation des derniers temps. Au coeur de ces derniers temps, il y a le retour du Christ, la venue en gloire, la venue où il vient accomplir toutes choses qui résume toutes les venues précédentes du Christ qui trouveront là leur achèvement, leur accomplissement et leur signification. Fêter Noël et fêter l'Avent comme préparation à Noël, c'est fêter la venue du Christ, l'avènement du Christ :

  1. sa venue le jour de l'Incarnation,
  2. sa venue chaque jour,
  3. sa venue le dernier jour.

C'est ce qui donne l'ossature de la fête de Noël et au temps de l'Avent qui y prépare.

Quand on a voulu ainsi célébrer la préparation de notre coeur à la venue du Christ, on a tout de suite pensé que le plus important était de nous inspirer de la venue du Christ dans les événements de l'histoire, notre histoire personnelle et la répercussion, l'écho de l'histoire du salut, de l'histoire de l'humanité. Si nous nous préparons à célébrer la fête de Noël, il faut revivre la préparation de l'humanité à la venue du Christ, cette préparation qu'on appelle l'Ancien Testament qui est la religion du peuple d'Israël. Israël a une importance capitale parce que cette foi en un Dieu unique a été le tournant décisif de l'histoire religieuse de l'humanité. C'est en revivant l'histoire du salut, en revivant les événements qui ont précédé la venue du Christ que nous nous préparons à accueillir le Christ aujourd'hui encore, en attendant de l'accueillir le jour final de la consécration de l'univers tout entier.

Cela vous explique que pendant le temps de l'Avent, on va, non pas d'une manière analytique riche en détails de chronologie, mais de manière significative comme un ensemble qui exprime un mystère, on va revivre tout l'Ancien Testament. La place de l'Ancien Testament dans la liturgie c'est le temps de l'Avent. Par conséquent le temps de l'Avent, tout ce qui a précédé le Christ, mais aussi parce que c'est ce qui donne son sens à tous ces cheminements, mais aussi l'achèvement, l'aboutissement de cette histoire, donc le dernier jour.

Le temps de Noël et le temps de l'Avent qui en est la préparation, jouent sur tous ces tableaux, ils sont à la fois :

  1. la commémoraison de tout le passé de l'humanité, le passé du peuple de Dieu,
  2. la commémoration de la venue du Christ à Bethléem,
  3. la commémoration de toutes les venues du Christ qui jalonnent nos vies,
  4. la commémoration du Christ qui achèvera cette histoire du salut commencée avec Adam et Abraham. C'est le projet du temps de l'Avent.

Ce temps de l'Avent existe à peu près dans toutes les liturgies, mais varie dans sa durée. Dans beaucoup de liturgies orientales il dure sept ou huit semaines, dans le rite romain, il dure quatre semaines qui souvent, sont diminuées pour une raison très simple, c'est que Noël est une fête fixe, qui est toujours célébrée le 25 décembre, l'Avent étant célébré les quatre dimanches qui précèdent Noël. Cette année, nous aurons le bonheur d'avoir un Avent le plus complet possible puisqu'il commence le dimanche 27 novembre et comme Noël est un dimanche, la quatrième semaine sera complète.

2 – Quatre dimanches d'Avent

La répartition de l'Avent se fait sur quatre semaines qui vont nous initier à quoi ?

Premier dimanche

Le premier dimanche de l'Avent nous projette dans la finale de l'histoire. C'est une constante dans la révélation chrétienne que ce qui donne sens, c'est le but vers lequel on avance. Ce n'est pas en remontant de cause en cause que l'on connaîtra la vérité et la signification des choses, c'est en éprouvant où vont ces événements, vers quoi ils se dirigent. C'est donc très pédagogique de la part de la liturgie de commencer l'histoire par la fin car c'est cette fin qui lui donne son sens. Ce premier dimanche de l'Avent, c'est essentiellement la perspective finale vers laquelle nous nous avançons, ce sont les thèmes du Jour du Seigneur.

Un élément précieux dans l'Office, que vous avez peut-être déjà découvert, qui a déjà peut-être aiguisé votre appétit (comme j'aimerais que tous les paroissiens puissent tous comprendre cela et en profiter !), une des grandes vérités de la liturgie, c'est la lecture des Pères de l'Église. Nous avons l'habitude de lire l'Ancien et le Nouveau Testament, c'est évidemment la base de toute lecture, mais notre culture s'arrête là, la plupart du temps. Or il y a toute une tradition, une progression dans la réflexion sur le mystère de Dieu qui s'enracine dans la Bible, certes, mais ensuite se déploie dans toute la recherche des premiers siècles de l'Église avec ceux que l'on appelle les Pères de l'Église, parce qu'ils sont les Pères de notre foi, ceux qui nous ont engendrés d'une certaine manière. Les Pères de l'Église nous aident peu à peu à découvrir la profondeur du mystère que nous révèlent l'Ancien et le Nouveau Testament.

C'est une richesse extraordinaire et si vous y avez goûté j'espère que vous avez été séduit et que vous avez compris que là était la source et le trésor qu'il fallait creuser. Je vais jalonner mon petit exposé de textes que je puise dans la liturgie ou dans les textes des Pères de l'Église et qui vous permettront peut-être de voir l'importance de ce que nous exposons ici.

Pour le premier dimanche de l'Avent, qui est donc celui de la fin du monde, je vous lis l'annonce de la Pâque. Dans la célébration de l'Office, que ce soit aux Laudes, à l'office du matin qui célèbre la résurrection du Christ qui sort du tombeau comme le soleil se lève, ou bien qu'il s'agisse de l'office des Vêpres quand le soleil se couche et que l'homme va vers son repos, au début de cet office, il y a une annonce de la Pâque, une annonce de la fête qui resitue chaque fois le mystère dans sa vérité fondamentale. Je vous lis donc ce texte que le célébrant proclamera pour l'entrée en Avent, ce premier dimanche.

"Réveille-toi Jérusalem,
car le retour de ton Seigneur est proche,
Voici qu'il vient : il ne tardera plus. (se réveiller c'est le thème de prédilection du Nouveau Testament pour parler de la venue du Christ)

Sur tes remparts Jérusalem, tu as placé des veilleurs (Isaïe 52, 8)

Ni le jour ni la nuit, ils ne cessent de guetter la venue de l'Époux.

citadelle jerusalem

Citadelle de Jérusalem

(Les veilleurs qui sont sur les remparts, veillent en notre nom pour nous réveiller afin que nous puissions accueillir le Christ qui vient. Il est déjà appelé comme l'Époux parce que le mystère du Christ c'est qu'il va épouser notre humanité, notre chair, et le mystère de l'Église).

Frères, tenons nos lampes allumées (allusion à la parabole des vierges –Matthieu 25, 1-13)), pour aller à sa rencontre.
Il se tient à la porte, voici qu'il frappe, la myrrhe coule de ses doigts.

Ce sont deux citations indirectes : "Il se tient à la porte, voici qu'il frappe", c'est dans l'Apocalypse : "Voici que je me tiens à la porte et je frappe, si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui pour souper, lui près de moi et moi près de lui" (Apocalypse 3, 20)
"La myrrhe coule de ses doigts" c'est plus difficile à situer, il faut connaître le Cantique des Cantiques qui est un poème de l'amour conjugal de Dieu pour l'humanité et signifié par les relations du Bien-Aimé avec sa Bien-Aimée, traduisons du Christ avec l'Église. Il y a un moment dans ce Cantique des Cantiques où le Bien-Aimé veut rendre visite à la Bien-Aimée, il frappe à la porte, elle lui répond : "Comment pourrai-je t'ouvrir, je me suis lavée les pieds je vais les salir". Cela symbolise tous nos péchés de recul, toutes les fois où nous laissons passer l'occasion de rencontrer Dieu. La Bien-Aimée refuse d'une certaine manière d'ouvrir la porte. Tout à coup, elle se rend compte de ce qu'elle est en train de faire, et son coeur se brise, elle se lève ouvre la porte, mais le Bien-Aimé a disparu. Mais il a laissé de la myrrhe sur la poignée de la porte, en signe de son passage (Cantique des Cantiques 5, 5).

la porte est bien close
La porte est bien close

Cela vous permet de voir comment les Pères de l'Église et les textes de la liturgie sont souvent faits de la juxtaposition d'images empruntées à la révélation, mais qui sont seulement évoquées, car on ne peut pas tout raconter. En quelques mots, on a convoqué l'Apocalypse, le Cantique des Cantiques, le prophète Isaïe. On est en train de baigner dans une réelle plénitude.

Il vient son jour, jour terrible et redoutable où Dieu visitera tous les hommes (c'est une allusion aux textes très nombreux de l'Ancien Testament sur le Jugement dernier quand le Christ viendra et qu'il ouvrira les coeurs à nu pour que chacun puisse être jugé par son propre regard. C'est pourquoi ce jour apparaît chez les prophètes comme un jour terrible, jour de colère ce jour-là (Sophonie 1, 15)
Jour d'épreuve où les éléments de ce monde seront purifiés par le Feu et par la Croix pour enfanter un monde nouveau.
Jour de vengeance et de victoire où sera abattu l'empire du Prince des ténèbres. (Satan d'après l'évangile de saint Jean).
Jour de grâce et de miséricorde, (c'est l'admirable côté du mystère, c'est que ce jour de colère devient un jour de miséricorde et de grâce, c'est le jour du pardon) où toute chair se lèvera pour répondre à l'appel de Dieu.
Jour béni où Dieu déploiera des cieux nouveaux et une terre nouvelle.
Jour merveilleux que Dieu seul connaît où au temps du soir il fera toujours clair.
En ce jour-là Dieu sera unique et son nom sera Unique, et il essuiera toute larme de nos yeux. (Apocalypse 7, 17 et Isaïe 22,4). C'est la promesse la plus profonde et certaine que Dieu nous ait faite, il essuiera tout larme de nos yeux, quoique nous fassions, quoique nous souffrions, quoique nous refusions, Dieu essuiera toute larme de nos yeux. C'est la miséricorde et le pardon.)

Prépare-toi Jérusalem à la visite de ton Dieu. Vois, le paradis s'ouvre pour tous les hommes. (Le péché avait fermé le paradis, c'est la venue du Christ qui rouvre ce paradis).

le christ ouvre les portes
Le Christ ouvre les portes du paradis fermé par Adam (Conques)

La création gémit dans les douleurs de l'enfantement (Romains 8, 22) l'univers tout entier participe à la Pâque des hommes qui pèchent et ont ainsi entraîné l'univers dans le malheur, et en même temps sont sauvés et ressuscitent tout l'univers avec eux.)
Le Christ te renouvelle par son amour, il se souvient de toi pour le jour de ses Noces,
il danse pour toi avec des cris de joie (Sophonie 3, 17)
Comme en un jour de fête où les coeurs sont joyeux.

Gloire lui soit rendue, Il est, Il était et Il vient (Apocalypse 1, 4)
Christ Seigneur Fils béni du Père dans la communion de l'Esprit pour les siècles des siècles.

Vous voyez ainsi au fil d'un texte toute l'accumulation des références qu'il y a dans ces quelques lignes. Si nous reprenions seuls, chez nous ces textes après les avoir entendus chantés à l'office, nous en retirerions une plénitude spirituelle extraordinaire, je vous le garantis.

Le premier dimanche de l'Avent, c'est donc la fin du monde comme polarisation de toute l'histoire du monde.

Deuxième dimanche

Dans le rite romain on n'a pas gardé de façon précise ce que les rites orientaux ont tous gardé, ce jour-là, on fête les ancêtres du Christ. Explicitement, ce sont les justes de l'Ancien Testament, ceux qui ont préparé la venue du Christ. Les textes en parlent tous, mais le titre n'est pas gardé par la liturgie romaine. Nous pouvons cependant le vivre et le célébrer.
Une des lectures de l'Ancien Testament nous fait découvrir dans les images, dans les paroles, dans les personnes, dans les événements, la signification encore mystérieuse et cachée de ce que seront tous ces événements dans la vie du Christ. L'Ancien Testament ne révèle la totalité de sa signification que quand il est relu à partir du Christ. Réciproquement, le Christ ne révèle tout son sens que si nous lisons à partir de l'Ancien Testament. C'est comme un jeu de miroir qu'il y a entre ces deux réalités, et le temps de l'Avent c'est par excellence le temps des prophètes qui ont préparé la venue du Christ.
De très nombreuses représentations présentent "la synagogue" comme étant voilée, saint Paul disant lui-même que le voile tombe lorsqu'on lit l'Écriture à la lumière de Jésus-Christ.

cellefroin

Cellefroin

massay

Massay

strasbourg

Strasbourg

reims

Reims

Le temps de l'Avent, c'est le temps d'Abraham, le Père de la foi, c'est le temps de Moïse, celui qui nous a donné la Loi de Dieu, c'est le temps d'Isaïe qu'on va lire pendant tout l'Avent. La lecture de l'Ancien Testament est sans cesse reprise pendant tout le temps de l'Avent c'est une invitation. On pourrait se donner comme rythme de lecture, de lire le livre d'Isaïe par paragraphe quotidiennement. C'est un très beau texte, Isaïe est un grand poète.

Tout cela est évoqué pendant ce deuxième dimanche de l'Avent. Pendant l'eucharistie, nous avons placé un héritage de la liturgie protestante, le choral qui est une reprise musicale de ce que le grégorien nous donne dans un rythme plus libre. Le choral c'est une question de métrique, c'est un peu comme les poèmes français, où il y a toujours douze pieds et une rime à la fin. C'est un peu le même principe, car ce qu'on appelle les antiennes et qui sont des chants libres dans lesquels on laisse parle le coeur.

Je vous lis le choral des ancêtres du Christ dont le texte a été composé par le Frère Cerbelaud. Il a été composé par le Frère André Gouzes à partir de la musique originale de Bach

 

david - montherme

David – Monthermé

salomon - montherme

Salomon – Monthermé

achaz - montherme

Achaz – Monthermé

ezechias - montherme

Ézéchias - Monthermé

Relève-toi tiens-toi debout.
Bientôt la mort disparaîtra.
Par toi Adam elle est venue,
Mais vient Celui qui rend la vie.

On remonte jusqu'à Adam, les Pères de l'Église l'ont tous fait, finalement, le mystère de la rédemption le mystère de la venue du Christ de sa mort sur la croix et de sa résurrection, c'est le mystère de la résurrection d'Adam. Dieu est venu pour l'humanité, et celle-ci se résume dans le premier Adam. Le second Adam qui est le Christ nous rassemblera et nous récapitulera comme le dit Irénée, à la fin des temps.

Va vers la Terre où je t'envoie,
O Abraham réjouis-toi :
Ton descendant sera béni
Et tu verras le Jour de Dieu.

Moïse va et ne crains pas.
Conduis le peuple à travers l'eau
De servitude en liberté
Que notre Pâque s'ouvre en toi.

David, un fils naîtra de toi
Il est ton Dieu et ton Seigneur
Qu'il soit béni Celui qui vient
Car son Royaume est éternel !

abraham diamant

Abraham – Dinant

moise saint jean de malte

Moïse – Saint Jean de Malte

david la ferriere

David – La Ferrière

hilaire semur en brionnais

Hilaire – Semur en Brionnais

 

hilaire saint gaultier

Hilaire – Saint Gaultier

 

Je voudrais encore vous lire un texte de saint Hilaire qui est un très grand théologien, trop méconnu. Tout le monde connaît saint Augustin, saint Ambroise, mais qui connaît saint Hilaire de Poitiers ? Cependant, c'est un des grands théologiens de l'histoire de l'Église qui en plus est de notre pays. Ce texte nous parle de cet éclairage mutuel du Christ par l'Ancien Testament qui l'a préparé.

tentation d adam et eve monreale

Tentation d'Adam et Ève - Monreale

tentation du christ brinay

Tentation du Christ -Brinay

 

 

 

"Toute l'oeuvre contenue dans les saints livres annonce en effet, par des paroles, révèle par des faits, établit par des exemples, l'avènement de Jésus-Christ notre Seigneur qui, envoyé par son Père, s'est fait homme en naissant d'une Vierge par l'opération du Saint Esprit".

Tout aboutit au Christ. Pour prendre un exemple très simple mais convaincant, pensez aux quarante jours du Christ dans le désert quand il est tenté par le diable, c'est ce qui correspond à Adam et Eve en face du tentateur. Eux succombent, tandis que Jésus résiste et donc le séjour du Christ au désert est en quelque sorte la reprise à zéro, la récapitulation positive du péché originel.

"C'est lui en effet qui pendant toute la durée du siècle présent, par des préfigurations vraies et manifeste, engendre, lave, sanctifie, choisit, sépare ou rachète l'Église dans les patriarches".

C'est par tout l'Ancien Testament que l'Église est lavée, sanctifiée.

"Par le sommeil d'Adam (c'est une remarque admirable des Pères de l'Église : le Christ s'est endormi sur la croix, comme Adam s'est endormi dans le jardin d'Eden. De même que de Adam endormi, Dieu a tiré Ève, de la même manière du côté transpercé du Christ endormi sur la croix, Dieu a tiré l'Église qui est l'épouse du Christ, la nouvelle Ève). Par le déluge de Noé, par la justification d'Abraham, par la naissance d'Isaac, par la servitude de Jacob ... Pendant tout le déroulement du temps, en un mot, l'ensemble des prophéties, mise en oeuvre du plan secret de Dieu, nous a été donné par bienveillance pour la connaissance de son Incarnation à venir".

sommeil d adam naissance d eve andlau

Sommeil d'Adam - Naissance d'Ève – Andlau

 

sommeil du christ naissance de l eglise venasqle

Sommeil du Christ – Naissance de l'Église - Venasque

 

C'est cela la grandeur de la prophétie, tout ce qui se passe à un moment donné, a des répercussions inattendues, imprévisibles qui se manifesteront plus tard. Pensez par exemple quand les trois hommes se présentent devant Abraham et que celui-ci se prosterne devant eux, et que dans le dialogue les trois personnages parlent tantôt au pluriel, tantôt au singulier, c'est une préfiguration de la Trinité. Mais évidemment, celui qui a écrit ce texte de l'Ancien Testament ne pouvait pas le savoir. C'est quelque chose de fréquent, et l'on est dépassé par la signification de qui est avancé, c'est la prophétie.

"Dans chaque personnage, chaque époque, l'ensemble des prophéties projette comme dans un miroir l'image de son avènement, de sa prédication, de sa Passion, de sa Résurrection et de notre rassemblement dans l'Église ... A commencer par Adam, point de départ de notre connaissance du genre humain, nous trouvons annoncé dès l'origine du monde, en un grand nombre de préfigurations, ce qui a reçu dans le Seigneur un total achèvement. Ainsi, l'ordre des générations, l'élection d'Abraham,la naissance des patriarches, l'esclavage du peuple, la destruction des Égyptiens, la division de la mer, la rosée de la manne, l'institution de la Loi, la distinction des sacrifices, le temps des juges, l'histoire des royaumes, la captivité du peuple, la vision des saints, les avertissements des prophètes, combien tout cela est nécessaire pour notre connaissance ! Tous ces événements en effet nous font connaître, à partir du Père qui est Dieu, le Fils également Dieu, Jésus-Christ, Dieu et homme" (Traité des mystères, SC,19, p.164-165 ; préface p.72-75 ; p. 160-175).

Vous voyez explicitée cette référence du Christ à ses ancêtres qui est l'objet de ce deuxième dimanche de l'Avent.

Troisième dimanche

Il va résumer d'une certaine manière toute l'attente de l'Ancien Testament dans celui qui est le plus grand des prophètes, le plus grand des enfants des hommes, Jean-Baptiste. Jean-Baptiste a une place majeure au milieu du temps de l'Avent, à la troisième semaine. Nous allons pendant ce temps-là méditer le mystère de celui qui a découvert le Christ, l'a proclamé au moment de son baptême, celui qui, en effet a versé de l'eau pour oindre de l'Esprit, le Christ au moment de son baptême, celui qui prépare l'Église à être l'Épouse du Christ, tout cela représente le mystère de Jean-Baptiste. Jean-Baptiste peut se résumer dans le fait qu'il a tout préparé et il s'est retiré. Il a tout préparé pour la venue du Christ, à commencer par le baptême qui est devenu le sacrement du baptême des chrétiens, parce que le Christ l'a adopté, l'a utilisé et l'a magnifié. Mais c'est quand même Jean-Baptiste qui l'a inventé le baptême ! Jean-Baptiste a eu une place de choix dans le Nouveau Testament, mais aussi dans la jonction du Nouveau avec l'Ancien, parce que Jean-Baptiste est encore dans les visions traditionnelles de l'Ancien Testament, il voit la venue du Christ comme un jugement qui va tout écraser. Il dit que le Christ va tout piétiner comme de la bale. Mais en même temps, Jean-Baptiste est visité par le mystère de la venue du Christ, il l'annonce toujours sans bien le comprendre, comme c'est le cas de tous les prophètes.

Je voudrais vous lire un tout petit passage de l'évangile que vous connaissez sans doute par coeur, qui est à mon avis, au coeur de ce troisième dimanche de l'Avent.

Après cela, Jésus se rendit avec ses disciples au pays du Judée, il y séjournait avec eux et il y baptisait (Jésus s'est approprié le geste de Jean-Baptiste). Jean aussi baptisait (évidemment, c'est lui qui l'avait inventé !) à Aenon près de Salim, car les eaux y étaient abondantes et les gens venaient se faire baptiser. Jean n'avait pas encore été mis en prison. Or, il s'éleva une discussion entre les disciples de Jean et un juif à propos de purification. Ils allèrent donc trouver Jean et lui dirent : "Rabbi, celui qui était avec toi de l'autre côté du Jourdain, celui à qui tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise et tous viennent à lui" (ils sont un peu jaloux !). Jean répondit : "Nul ne peut rien s'attribuer qui ne lui soit donné d'en haut. Vous-mêmes vous m'êtes témoins que j'ai dit : je ne suis pas le Christ, moi, mais je suis envoyé devant lui. Qui a l'épouse est l'Époux (celui qui a épousé l'humanité, c'est l'Époux), mais l'ami de l'Époux qui se tient là et qui l'entend (il l'entend parce que l'épouse est dans la chambre nuptiale, la porte est fermée mais l'ami de l'époux est derrière la porte et il guette les bruits), est ravi de joie à la voix de l'Époux. Voilà ma joie, elle est maintenant parfaite. Il faut qu'il grandisse et que je diminue" (Jean 3, 22-30).

jean baptiste saint maximin

Jean-Baptiste – Saint Maximin

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Baptême du Christ - Brinay

C'est un magnifique témoignage de Jean-Baptiste qui résume sa position par rapport au Christ et au Nouveau Testament. Il est celui qui introduit le mystère dans l'histoire d'Israël et en même temps, il est dépassé par ce mystère, et il accepte ce dépassement. C'est à ce moment-là qu'il va être arrêté par Hérode, emprisonné et exécuté, donc son ministère s'arrête brutalement. Mais son ministère a été béni puisqu'il a permis la venue du Christ.

Pour compléter ceci, voici un texte de Grégoire de Nazianze.

"Je ne peux contenir l'élan de ma joie, mon esprit exulte et tressaille. J'en oublie ma propre faiblesse et j'en viens à brûler d'ardeur pour accomplir l'office du grand Jean ou mieux pour me mettre à sa suite. C'est vrai que je ne suis pas précurseur, mais je viens comme lui du désert. Le Christ donc est illuminé, bien plus, il nous inonde de sa lumière. Le Christ est baptisé, descendons avec lui pour pouvoir remonter avec lui nous aussi. Jean baptise, Jésus s'avance : il vient sanctifier le Baptiste. Il vient noyer dans les eaux le vieil Adam tout entier. Il vient surtout en tout cela, sanctifier les eux du Jourdain. Le Baptiste refuse et Jésus insiste. La Lampe dit au Soleil, la voix au Verbe, l'ami à l'Époux : c'est moi qui devrais être baptisé par toi. Jésus répond : laisse donc. Ceci s'accomplit pour réaliser en toute sagesse l'économie du mystère" (Homélie pour la fête des lumières, 1, 14-16).

Jésus, comme les autres juifs, vient voir Jean, pour le pardon des péchés. On comprend pour les juifs, mais pour Jésus qui est sans péché ? Il a pris sur lui tous nos péchés : "Voici l'Agneau de Dieu qui porte le péché du monde". Il a pris tous nos péchés et ainsi se réalise la justice, c'est-à-dire que la punition inhérente à nos péchés, ce n'est pas nous qui la subirons, parce que nous sommes sauvés par la miséricorde, mais c'est Jésus qui l'a accomplie tout entière dans sa mort sur la croix qui est le but de ce qui se passe au moment du baptême. Si au baptême Jésus se met au rang des pécheurs, et prend les péchés jusqu'à la mort, c'est pour préparer sa croix qui réalisera ce qu'il a fait au moment du baptême au Jourdain en prenant tous les péchés et en nous purifiant de toutes nos fautes.

Quatrième dimanche

Nous continuons ces préparatifs, nous avons vu Isaïe résumant tous les prophètes de l'Ancien Testament, nous avons vu Jean-Baptiste le plus grand des prophètes et le dernier témoin de la venue du Christ, au quatrième dimanche, c'est la Vierge Marie dans le mystère du Christ qu'elle porte en son sein. Il y a des icônes très belles qui représentent Marie dont le coeur est ouvert, et l'Enfant reposant en elle. Marie est le témoin par excellence de la préparation de la venue du Christ.

Voici un extrait d'un texte de la liturgie syrienne.

"J'ai vu Sion en joie et la Sainte Église en pleurs. Je me suis assis en gémissant. Qu'est-il donc arrivé au monde ? Si la mort subsiste dans le monde, pourquoi Adam a-t-il été créé ? (Encore la référence à Adam qui est le résumé de toute l'humanité). Et si le Malin ceint la couronne de la royauté, pourquoi les justes sont-ils mis à mort ? Alors Isaïe m'a appelé et m'a dit : Viens donc ô homme et je te dirai : Voici qu'une Vierge concevra et enfantera un Fils. Son nom sera Emmanuel. Par son sang purificateur, il rachètera le monde.
Le message que portait l'archange Gabriel a semé la paix dans la création et la tranquillité au ciel et sur la terre quand il annonça à la bienheureuse : "Le Seigneur est avec toi, et il naîtra de toi le maître de toutes les créatures et le rédempteur des enfants d'Adam. Entre le ciel et la terre qui étaient dans la joie, une Vierge et un ange ont fait la paix : Gabriel a reçu un message de son maître et il est venu saluer Marie en disant : "Paix à toi ô bienheureuse Marie car ton Fils a ouvert une porte entre le Père et le monde, et par lui Adam sera racheté" (Madroso de s.Ephrem, Fanquith H. 171 B).

C'est toujours la même référence à Adam qui revient, qui résume au fond toute l'histoire de l'humanité.

Ce quatrième dimanche de l'Avent nous amène aux portes de Noël. En effet, il y a une semaine "sainte", si l'on peut dire, une préparation ultime, plus intense à la venue du Christ par son incarnation à Noël. Cette semaine plus intense, va résumer tous les événements qui précèdent immédiatement l'Annonciation et l'Incarnation du Christ. Pendant les sept jours qui précèdent Noël, on va célébrer :

  1. la généalogie du Christ qui a cette particularité de faire intervenir des femmes qui sont hors d'Israël. Matthieu a mis en valeur dans sa généalogie les femmes qui ont été en dehors du mystère d'Israël ou encore les femmes pécheresses comme Rahab, et qui toutes sont pourtant pardonnées, vivifiées, glorifiées par leur convergence vers la venue du Christ.
  2. L'annonce à Zacharie quand dans le Temple, pendant son service, il reçoit l'annonce de la naissance d'un fils, il doute et devient muet (Luc 1, 5-25).
  3. L'Annonciation à Marie qui est la plus connue (Luc 1, 26-38).
  4. L'annonciation à Jean-Baptiste (La Visitation), parce que Marie est remplie de la présence de Dieu, remplie de la présence de Christ en son sein, va rendre visite à sa cousine Élisabeth qui elle-même est enceinte de Jean-Baptiste, et l'enfant exulte de joie et dans cette joie dans le sein de sa mère à la venue du Christ. Jean a reconnu le Christ alors qu'il était encore dans le sein de sa mère et le Christ aussi, et il a été rempli de joie.
  5. Magnificat de Marie
  6. Circoncision de Jean-Baptiste et le chant du Benedictus de Zacharie
  7. Annonciation à Joseph, lorsqu'il a décidé de renvoyer Marie secrètement. L'ange lui dit que l'Enfant qu'elle porte (et dont il sait très bien qu'il n'est pas de lui !), cet Enfant vient de l'Esprit Saint. Joseph alors prend Marie avec lui.

genealogie reuilly

Généalogie – Reuilly

zacharie walcourt

Zacharie – Walcourt

annonciation saint desire

Annonciation – Saint Désiré

visitation nohant vic

Visitation – Nohant-Vic

 

magnificat ain karim

Magnificat (hébreu) Aïn Karim

songe de joseph hay

Songe de Joseph - Huy

 

Ce sont ces sept mystères qui sont l'immédiate introduction dans la fête de Noël qui vont jalonner les sept derniers jours avant la fête de la Nativité.

Il va y avoir aussi pendant ces sept deniers jours une solennisation tout à fait particulière, qui est très belle. Aux Vêpres (malheureusement beaucoup de chrétiens ne le savent pas), l'office se termine par le Magnificat et le refrain, l'antienne, donne le sens du mystère, Pendant ces sept jours précédant Noël, on chante les grandes antiennes "O", qui sont comme l'explosion de l'admiration de l'Église et de l'humanité devant l'Incarnation.

17 décembre
"O Sagesse sortie de la bouche du Très-Haut,
Toi qui embrasses tout l'univers,
Et qui dispose toutes choses dans la force et la tendresse
Viens Seigneur nous enseigner le chemin du Salut
Viens Seigneur viens nous sauver".

La Sagesse est un des noms du Christ. Ces antiennes sont comme un chapelet des titres donnés au Christ.

18 décembre
"O Adonaï, guide et Seigneur de la maison d'Israël,
Toi qui as manifesté ton Nom dans la flamme du Buisson
Et qui as donné la Loi sur la montagne,
Viens Seigneur nous racheter par la puissance de ton bras
Viens Seigneur, viens nous sauver."

C'est un résumé de l'Ancien Testament, avec la révélation du Nom, le don de la Loi au Sinaï.

19 décembre
"O Rameau de la tige de Jessé
Signe dressé pour tous les peuples
Devant toi les rois se tiennent en silence et les peuples se prosternent,
Viens Seigneur, libère-nous, ne tarde plus,
Viens Seigneur viens nous sauver".

C'est une des prophéties d'Isaïe annonçant que Jessé ancêtre du Christ pousserait une tige toute neuve, cette tige de Jessé, c'est la préfiguration du Christ.

20 décembre
"O Clef de David, et sceptre de la maison d'Israël,
Toi qui ouvres et nul ne ferme, tu fermes et personne n'ouvrira,
Viens Seigneur pour délivrer ceux qui habitent dans les Ténèbres
Viens Seigneur, viens nous sauver".

Allusion au fait que David possèderait une clé qui lui permettrait d'ouvrir le paradis et de le fermer. Cette prophétie de la porte est issue d'Isaïe et reprise dans l'Apocalypse.

21 décembre
"O Orient, splendeur de la lumière éternelle et Soleil de justice
Viens illuminer les Ténèbres de ceux qui sont assis à l'ombre de la mort,
Viens Seigneur, viens nous sauver".

22 décembre
"O Roi des nations, désiré de tous les peuples et des rois,
Pierre angulaire qui des païens et d'Israël fait un seul peuple,
Viens sauver celui que tu as formé du limon de la terre,
Viens Seigneur, viens nous sauver".

23 décembre
"O Emmanuel Roi qui portes la Loi nouvelle
Espérance de toutes les nations et Sauveur de tous les peuples,
Toi notre Dieu ne tarde plus
Viens Seigneur viens nous sauver".

Je vous recommande si vous le pouvez, de venir célébrer les Vêpres pendant ces sept jours qui précèdent Noël.

Saint Irénée éclaire pour nous une façon de lire les Écritures, afin d'y discerner le sens des prophéties et de reconnaître en Jésus-Christ le Sauveur annoncé voilé dans l'Ancien Testament.

"Il n'y a qu'un seul Dieu qui par le Verbe et la Sagesse a fait et harmonisé toutes choses. C'est lui qui a assigné ce monde au genre humain. Selon sa grandeur, il est inconnu de tous les êtres faits par lui : car personne n'a scruté son élévation, ni parmi les anciens, ni parmi les contemporains. Cependant, selon son amour, il est connu de tous temps grâce à celui par qui il a créé toutes choses : celui-ci n'est autre que son Verbe, Notre Seigneur Jésus-Christ, qui dans les derniers temps s'est fait homme parmi les hommes afin de rattacher la fin au commencement, c'est-à-dire l'homme à Dieu. Voilà pourquoi les prophètes après avoir reçu de ce Verbe le charisme prophétique, ont prêché à l'avance sa venue selon la chair par laquelle le mélange et la communion de Dieu et de l'homme ont été réalisés selon le bon plaisir du Père. Dès le commencement en effet, le Verbe a annoncé que Dieu serait vu des hommes, qu'il vivrait et converserait avec eux sur la terre et qu'il se rendrait présent à l'ouvrage par lui modelé, pour le sauver et se laisser saisir la Lui, pour nous délivrer des mains de tous nos ennemis, et faire en sorte que nous le servions en justice et sainteté tous les jours de notre vie, afin qu'enlacé à l'Esprit de Dieu, l'homme accède à la gloire du Père.
Jésus dit à ses apôtres : "Beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir et entendre ce que vous voyez et entendez". Car le Christ n'est pas venu pour ceux-là seuls qui, à partir du temps de l'empereur Tibère, ont cru en lui, et le Père n'a pas exercé sa Providence en faveur des seuls hommes de maintenant, mais en faveur de tous les hommes sans exception, qui depuis le commencement, selon leur capacité et leur temps, ont craint et aimé Dieu, ont pratiqué la justice et la bonté envers le prochain, ont désiré voir Dieu.
Si donc quelqu'un lit les Écritures de cette manière, il y a trouvera une parole concernant le Christ et une préfiguration de la vocation nouvelle. C'est lui le trésor caché dans le champ, c'est-à-dire le monde, car le champ, c'est le monde. Trésor caché dans les Écritures, car il est signifié par des figures et des paraboles, qui, humainement parlant, ne pouvaient être comprises avant l'accomplissement des prophéties, c'est-à-dire avant la venue du Seigneur. C'est pourquoi il avait été dit au prophète Daniel : "Obstrue ces paroles et scelle ce Livre jusqu'à l'accomplissement, jusqu'à ce que beaucoup apprennent et que la connaissance abonde, car lorsque la dispersion aura pris fin, ils comprendront toutes ces choses". Car toute prophétie avant son accomplissement n'était qu'énigmes et ambiguïtés pour les hommes, mais lorsque arriva le moment de la prédiction, alors celle-ci trouva son exacte interprétation.
Si quelqu'un lit les Écritures de la manière que nous venons d'expliquer (c'est de cette manière que le Seigneur les expliqua à ses disciples après sa résurrection d'entre les morts), il sera un disciple parfait semblable au maître de maison qui extrait de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes". (Irénée de Lyon – Adversus Haereses IV, 20 et suivants).

Noël – Épiphanie

Cette dernière semaine débouche dans la fête de Noël elle-même qui est tout à la fois la fête de la venue du Christ à la fin des temps, la fête de la venue du Christ engendré par le Père depuis toujours, la fête de la venue du Christ engendré en Marie par l'Esprit Saint et né de la Vierge le jour de Noël. Toutes ces naissances sont symbolisées à la fois par la fête de Noël. A la messe de minuit, c'est la naissance du Christ de Marie, à la messe du jour, c'est la naissance éternelle : "Au commencement était le Verbe et le Verbe était Dieu et il était auprès de Dieu" (Jean 1, 1). Volontairement la liturgie juxtapose ces différents mystères. C'est une richesse de nous faire découvrir ainsi comment le même contenu peut prendre des dimensions variées et finalement être coextensives à toute la vérité chrétienne.

Nous retrouvons cela pour l'Épiphanie qui est la fête de la manifestation du Christ.
Premièrement : aux païens symbolisés par les mages venus adorer le Christ,
deuxièmement : manifestation à Israël par la parole de Jean-Baptiste attestant qu'il a vu le Christ étant manifesté à Israël c'est le baptême du Christ,
troisième mystère : les noces de Cana parce que c'est le premier miracle de Jésus et la manifestation de sa gloire à ses disciples.
Il s'est manifesté aux païens, à Israël, et à ses disciples qui étaient l'Église naissante. Il s'est manifesté :

  1. comme roi aux païens,
  2. comme Messie au peuple juif,
  3. comme l'Époux à ses disciples aux noces de Cana.

Le mystère de l'Épiphanie est aussi la conjonction de ces trois mystères. C'est ainsi que la liturgie nous invite à une découverte toujours plus profonde du mystère parce que le rapprochement d'un événement avec un autre va faire surgir une lumière nouvelle et un jaillissement de découvertes. C'est pour cela que je crois que vous ne sauriez mieux faire que de venir à l'office de temps en temps pour découvrir toutes ces richesses qui vous sont offertes. Répétez-le aux autres paroissiens quand vous aurez vous-mêmes découvert tout ce trésor.

Je ne vous ai pas tout dit sur l'Avent, ce sont simplement quelques pierres de la construction, mais on n'est pas obligé de tout découvrir le premier jour.

Bibliographie

Lectionnaire pour les dimanches et les fêtes – Lectionnaire patristique dominicain

Jean-René Bouchet – Éditions du Cerf 1994

Liturgie de l'Avent – Liturgie chorale du Peuple de Dieu Sylvanès 1983.

 
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