Un lieu prestigieux et cher au coeur des Aixoissjmmg

L ’église Saint-Jean-de-Malte est la première église provençale entièrement gothique : construite entre 1270 et 1280 par les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, elle remplaça un édifice plus ancien dont on sait qu’il avait été consacré en 1251.

On est saisi en y entrant par la légèreté et l’élégance de l'architecture, qui lui valurent le surnom de “ Sainte Chapelle du Midi ”. La récente restauration (1996), réalisée par les Amis de Saint-Jean-de-Malte rend à l’espace sa luminosité et son élan.

L’édifice actuel fut construit pour être la chapelle funéraire des Comtes de Provence (Raymond-Béranger IV et son épouse Béatrice de Savoie dans le transept nord).

Le clocher, haut de 67 mètres, fut terminé en 1376.

Cette année aura lieu la restauration de la façade ouest de l'église (automne 2016 - printemps 2017), financée par les pouvoirs publics (la municipalité est le propriétaire du monument). Durant cette opération, il est prévu que les cloches soient installées dans le nouveau beffroi.

Le Prieuré (actuel musée Granet) était un Hospice où l’on accueillait les pèlerins et soignait les malades.
L’église et le Prieuré furent enchâssés, au XVIIe siècle, dans la perspective centrale du quartier Mazarin (la rue Cardinale) : ce projet d'urbanisme fut initié par l’archevêque Michel de Mazarin, frère du ministre du jeune Louis XIV.

Après la tourmente révolutionnaire, l’église fut rachetée et devint église paroissiale pour la partie sud du centre ville d’Aix, en 1802.

En 1977, cette paroisse a été confiée par l’archevêque d’Aix, Mgr Charles de Provenchères, à une communauté de moines diocésains qui en assurent le service pastoral.

Elle est la première chapelle construite au XVIIème siècle par le père du prieur Viany. Elle possède 2 travées inégales dont les ogives reposent sur des impostes sculptées. L'autel du XVIIIème siècle visible actuellement n'est pas celui d'origine. Il provient d'une autre chapelle aixoise. Le panneau de devant représente un agneau entouré de gloire, couché sur le livre de l'Apocalypse reconnaissable à ses sept sceaux. Sur la porte du tabernacle, un Christ à la colonne.


Détail de l'autel : agneau couché sur le livre de l'Apocalypse fermé par ses sept sceaux.

 

 

La chapelle Saint-Blaise est transformée en reposoir pendant le triduum pascal.

 

 

Saint Thomas touchant la plaie du Christ

 

 

De gauche à droite, saint Roch, saint Antoine et saint Sébastien

 

La chapelle du XIVème siècle est dédiée au culte de Saint-Louis-Evêque d'Anjou. L'autel du XVIIIème siècle est en marbre polychrome surmonté d'un Christ du XVIIème siècle. 

 

A droite de l'autel : Saint Jean-Baptiste enfant, le bras gauche appuyé sur l'agneau

 

 

A gauche de l'autel : Jésus enfant couché sur la croix

 

 

A la clef de voûte, les armes du grand-maître Hélion de Villeneuve.

 

 

L'apothéose de saint Augustin par Michel Serre.

Né en Tarragone en 1658, Michel Serre se fixe à Marseille à l'âge de 17 ans. Il est le dessinateur des galères pour le roi pendant 40 ans et se distinguera par son dévouement pendant la peste à Marseille en 1720. Il meurt sans argent en 1733.

Ce tableau est une composition en plein ciel qui provient de l'ancienne église des augustins rue Espariat à Aix.

 

 

 

 

Nicolas Mignard : Vierge du Carmel

Nicolas Mignard (1606-1668) reste à Avignon pendant 20 ans et devient peintre du roi, directeur des Gobelins et de l'Académie de peinture à la mort de Le Brun. La vierge du Carmel vient de l'église des Grands Carmes. Transportée à la révolution à la paroisse du Saint-Esprit, elle est finalement attribuée à St-Jean-de-Malte.

 

 

  

Deux scènes liées à l'histoire des carmes sont présentées : d'une part, la Vierge remet le scapulaire à Simon Stock sous le regard d'Elie et d'autre part, en bas à droite, un autre religieux regarde le démon terrassé.

Dans le transept nord se trouve les restes de la reconstruction en 1828 par Pesetti du mausolée des comtes de Provence détruit en 1794. Debout à gauche, Raimond Bérenger, au centre allongé sur son sarcophage, à droite, sa fille Béatrix de Provence, femme de Charles d'Anjou et reine de Naples. Au dessus, une reproduction du bouclier et de la lance d'Alphonse II.

 

GUÉRIN Henri. 1984.

"Une vocation de maître verrier : diacre de la lumière", rédigé pour les paroissiens de l'église Saint-Jean-de-Malte et publié dans France Catholique, juin 1984.

 

 

Henri GUÉRIN le maître-verrier qui a réalisé le vitrail du transept sud de l'église Saint Jean de Malte à Aix-en-Provence médite sur son travail de création.

"Un voile de lumière dorée". Voilà ce que je désirais secrètement réaliser pour la fenêtre du transept sud de Saint Jean de Malte. C'est, je crois, ce qui demeure maintenant lorsque le soleil luit, s'empare de ce vitrail et le fait disparaître, le consumer presque, dans la lumière du milieu du jour.

Tout le travail d'atelier de ces six mois d'hiver a été d'essayer de demeurer fidèle à cette intention tremblante, inscrite sur la maquette. Mais la maquette n'est justement qu'une intention, une partition qu'il faut faire vivre et que je dois incarner par le verre, dans le verre, matière à la fois rude et angulaire, autant que fragile et que j'assemblais semaine après semaine avec tous les soins de l'artisan.

Avec cette mémoire nécessaire pour qu'en chaque panneau, pourtant réalisé pour lui-même, une suite, un relais se fasse, passe de l'un à l'autre en mouvements continus, comme une respiration, aux rythmes complémentaires d'inspiration-expiration qui venaient se charpenter sur l'axe du meneau de la fenêtre.

 

 Pour que cette colonne de pierre, d'ombre aussi, vienne en lente levée, comme une tige s'épanouir en fleur dans l'arcature, dans le remplage ouvragé de l'ogive gothique et qu'ainsi en son final, cette floraison lente s'achève en majeur, tons et rythmes accordés pour une gloire dont il n'est que le serviteur en ce lieu consacré.

L'inspiration que je n'ai cessé de demander et poursuivi, tout au long de ce travail (malgré le peu de lumière certains jours) était de suggérer avec mes moyens "la lumière au matin de Pâques". Cette aube rosée de la chair du Christ transfigurée au retour de la mort, se levant avec lui, éclatante de lumière, lui le Soleil Levant, doré de gloire, qu'en son Père il offre avec toute l'humanité sauvée par sa Passion.

J'ai découvert assez tardivement au travail, à l'atelier, que les petits signes noirs qui ponctuaient ma maquette, étaient devenus dans les vitraux comme des étoiles à l'envers, les fragments dispersés de la mort, de la souffrance et du mal, volatilisés par la victoire du Christ, mais dont les traces subsistent et perdureront jusqu'à ce jour éternel où toute larme sera essuyée, où toute larme sera changée en rosée de Pâques.

Les mots pour un artiste sont en retrait sur ses actes. Je ne voudrais pas non plus vous livrer une clef pour déchiffrer ce vitrail, un mode d'emploi avec sous-titre de sa langue originale, le silence. L'art est comme la musique, son signe est dans son sens, enfoui dedans.

C'est avec les yeux du coeur qu'il faut le lire, pas le coeur affectif, mais le coeur selon la Bible, qui est au centre de l'être. Ce regard vous dira mieux, vous fera sentir que ce vitrail n'est qu'un chemin, un serviteur, un écran voilé, le signe visible et maladroit dans cette église d'une lumière promise qui vient déjà nous visiter, par la Parole et la liturgie si attachantes, célébrées dans votre église.

Voilà mon intention et de plus en plus je veux me vouer à cela. Un ami me disait récemment : "Tu dois devenir le Diacre de la lumière". Cette parole m'a peut-être désigné ma vocation profonde et je vais essayer d'y demeurer fidèle. Priez pour moi pauvre aveugle. Pour ce vitrail comme à chaque fois le meilleur m'a été donné, et si j'ai été inspiré dans ce travail si long, c'est que ma main a été guidée, j'en suis certain."

 

… Cette vaste fenêtre haute de onze mètres et large de cinq et demi occupe la presque totalité du mur du chevet. Murée à la fin du XVIIème siècle, pour installer un retable, celle-ci fut réouverte au milieu du XIXème siècle et ornée d'un vitrail posé le 15 janvier 1859. Son exécution qui occupa une pléiade d'érudits Aixois (G. de Saporta, Alexis Reynaud de Fontvert, E. de Lagoy, fut confiée à un artiste renommé, le peintre verrier lorrain Charles-Laurent Maréchal (1801 - 1887), un élève de J.-B. Regnault qui se considérait à son époque comme le rival, sinon l'égal, de David. Maréchal travailla pour de nombreux édifices civils et religieux : la Cathédrale de Metz, sa ville natale, celles de Verdun, de Troyes, de Limoges, la sacristie de Notre-Dame de Paris et de nombreuses églises de la capitale.
 
De gauche à droite : Abraham, Moïse, Isaïe, Jérémie, Ézéchiel, Daniel 
 
 Rien n'a été laissé au hasard, ni le choix des couleurs : bleu azur pour le fond qui symbolise le ciel, rouge qui symbolise la charité pour les médaillons, ni la composition à la fois " historique et mystique " centrée sur le Baptême du Christ par Jean et incluant " les figures historiques des bienfaiteurs aux images des saints, aux emblèmes de la divinité ", comme le veut l'usage au XIIIème siècle. Mystique est la partie inférieure (patriarches et prophètes) et centrale (Visitation, Baptême du Christ et Jean désignant l'Agneau de Dieu), historique tout le haut, avec les chevaliers et les comtes (à gauche : Raimond-Béranger tenant l'église Saint-Jean dans sa main, à droite : sa fille Béatrix de Provence, reine de Naples), le tout dominé par Dieu le Père.
 
Vitrail du choeur 

 

 

 

 

 

 

 

Le choeur à la lumière de midi, dans l'attente de la célébration de l'eucharistie

 

Le transept sud abritait avant 1794 le tombeau de Béatrix de Provence. Quelques vestiges de l'ancienne décoration de Saint Jean ont été placés contre le mur du fond, entre autre, deux bas-reliefs décorant le maître-autel du XVIIème siècle : la tête de Saint Jean-Baptiste sur un plateau et deux anges présentant à Jésus les instruments de la passion.

Deux anges présentent à Jésus les instruments de la Passion 

 

Tête de Jean-Baptiste 

 

 

Le vitrail d'Henri Guérin a été inauguré le 18 mars 1984. Le vitrail ne joue pas le rôle de tableau mais c'est "un voile de lumière dorée ... la lumière au matin de Pâques" qui chasse les ténèbres présentés par des fragments noirs.

 

Vitrail d'Henri Guérin à la lumière du matin 

 

La Résurrection du Christ

Finson est contemporain de Rubens mais disciple du Caravage. Né à Bruges avant 1580, il est mort à Amsterdam en 1617 et a travaillé à Aix entre 1610 et 1616. Daté de 1610, la Résurrection est le plus ancien connu de Finson en Provence.

 

Finsonius : Résurrection 

 

 

 

 

 

La chapelle Saint-Marthe a été bâtie au XVIIème s à l'emplacement de la tour des archives, dont le rez-de-chaussée abritait dans une chapelle le tombeau de Saint-Gilles Dragonet de Montdragon détruit au XVIIème s.

 

 Crucifix du XIXème siècle

 

 Cette chapelle abrite aussi une statue de Saint Benoît-Labre qui a fait un court séjour dans l'église lors de son périple de pèlerin qui l'a amené jusqu'à Rome. 

 Saint Benoît-Labre 

 

 

 La rosace a été inaugurée le 24 novembre 1896. Cette rose, d'un diamètre de 4 mètres est l'oeuvre d'un verrier aixois Louis André qui a fourni un nombre important de verrières aux églises d'Aix, d'Arles et de Salon.

Orgue de Kern à la lumière du matin   

 

La chaire est de la deuxième moitié du XVIIème et présente sur ses panneaux les instruments de la passion. Elle n'est pas celle commandée par Viany en 1691 (et vendue avec les boiseries en 1794) mais une chaire prélevée sur un autre édifice religieux de la ville au XIXème.

 

Chaire de vérité 

 

 

 

Dédiée à Notre-Dame-du-bon-voyage, cette chapelle transformée au XIXème siècle en dépôt de chaises a été fermée certainement à la même époque par une grille (XVIIème s) en fer forgé. Elle a été édifiée par le grand prieur de Toulouse, Vincent de Forbin Lafare dont les armes sont sculptées à la clef de voûte.

Chapelle de Notre-Dame-du-bon-Voyage 


Pendant la période de Noël - Epiphanie (jusqu'au 2 février, la chapelle accueille la crèche de la paroisse.

Crèche 2007 : Dans le parfum des orangers
Adoration des mages 

 

Le mur du fond de cette chapelle présente le tableau de Gilles Garcin (1647-1702), peintre attitré du prieur Viany. Il représente l'apparition du Christ ressuscité à Marie-Madeleine, lorsqu'elle le vit sous les traits d'un jardinier. Après l'avoir reconnu à l'appel de son nom, elle voulut le retenir et le Christ lui dit : "Noli me tangere". Ne me retiens pas mais va dire à mes frères que je suis ressuscité …"

Ce tableau était destiné à l'origine au retable du bras sud du transept, celui où se trouvait le tombeau de la reine Béatrix. 

 

Gilles Garcin : Le Christ apparaissant à Marie-Madeleine

 

 

 

Saint Jean de Malte : Clocher 

 

La plupart des commentaires sont issus du livre de Jean-Marie ROUX

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