AU FIL DES HOMELIES

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GUÉRISON D'UN POSSÉDÉ IMPUR

2 Co 4, 1-6 ; Mc 1, 21-28

Jeudi de la deuxième semaine de l'Épiphanie – C

(19 janvier 1989)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

 

V

ous avez dû être un peu étonnés par cette page d'évangile. Cet homme possédé d'un esprit, vous vous demandez peut-être ce que c'est. Vous n'en avez pas rencontré aux coins des rues. Qu'est-ce que cela veut vouloir dire : un homme possédé d'un esprit impur ? Aujourd'hui il arrive encore que nous rencontrions des gens qui perdent gravement la tête. On les appelle déments et la plupart du temps, ils ne savent plus conduire leur vie. A l'époque de Jésus il existait des gens comme cela, mais ce qu'il y avait de plus grave, chez certaines de ces personnes - pas chez toutes - c'est que le démon profitait de leur faiblesse pour leur faire faire n'importe quoi. Comprenez-moi bien : cela ne veut pas dire que tous les déments étaient possédés du démon, mais il y en avait qui, ayant complètement perdu la tête, en plus, avaient encore comme malheur supplémentaire d'être tourmentés par le démon. C'étaient donc les gens les plus malheureux qui soient. 

       La plupart du temps, ces gens-là, comme ils avaient un comportement complètement fou, on les éloignait de la communauté. Et tout d'un coup, ils réapparaissaient, soit dans la réunion de la synagogue qui était comme l'église de l'époque, soit sur la place publique. Alors ils se mettaient à vociférer, à crier, à hurler n'importe quoi. Et l'évangile nous rapporte que cet homme-là criait des choses étonnantes, tellement étonnantes que le démon qui était dans le cœur de cet homme, disait à Jésus : "Je sais bien qui Tu es, Tu es le Saint de Dieu!" ce qui nous montre bien que ce n'était pas ce pauvre dément qui avait trouvé cela tout seul, mais que c'était une puissance d'un autre ordre qui avait bien senti que Jésus était son véritable adversaire. Alors que va faire Jésus ? Vous l'avez entendu, Jésus fait deux choses. Premièrement, Il n'a pas le comportement que tout le monde aurait eu en disant : Tu ne fais pas partie de nous ; nous te repoussons ; nous te reléguons complètement en dehors de nous. La plupart du temps c'était le comportement qu'on avait. On ne voulait pas les admettre dans la communauté. On considérait que, comme ils avaient perdu la tête, ils ne pouvaient plus faire partie de la communauté. Jésus n'a pas du tout ce comportement. Il s'approche du dément et Il a le désir de le réintégrer au milieu des autres hommes. C'est cela qui est très beau et nouveau. Les gens disent : "Qu'est-ce que cette chose nouvelle ? Il enseigne d'une autre manière." Ce n'est pas simplement qu'Il dit des choses nouvelles mais Il a une nouvelle manière de se comporter. Cet homme, tout le monde l'aurait rejeté. La nouveauté c'est que Jésus ne le rejette pas. Jésus ne lui dit pas : "Je ne veux pas te voir". Jésus n'a pas peur. 

       La deuxième chose, c'est que Jésus affronte le mal. Il n'a pas peur du mal. Il le regarde en face. Le démon crie dans ce pauvre homme : "Je sais qui Tu es, Toi Jésus, le Saint de Dieu !" et Jésus lui dit : "Sors de cet homme !" Jésus engage le combat contre le mal. La plupart du temps, personne n'osait le faire. On considérait que ce pouvoir était si fort, si étrange, si troublant, si démoniaque qu'on ne pouvait pas résister à un homme dément. Et par conséquent, on ne faisait rien. On le laissait se débrouiller tout seul  avec son démon. Tandis que là Jésus, non seulement va à son secours pour le réintégrer, mais Il va chasser le démon, Il va faire face au mal. Et c'est en faisant face à la puissance du mal qu'Il va délivrer ce possédé. 

       Nous pouvons appliquer cela à chacun d'entre nous. Nous ne sommes pas des déments, des possédés, bien sûr, mais dans notre cœur, il y a parfois "de vieux démons". Il y a parfois des forces de colère, des forces de méchanceté, d'agressivité, d'envie de se bagarrer, d'écraser les autres. Nous connaissons tous cela, cela nous arrive à tous, à un moment ou l'autre. Il faut demander à Jésus qu'Il nous donne assez d'amour et assez de force, qu'Il soit suffisamment présent dans notre vie pour que nous puissions faire face à tout ce mal qui est tapi dans notre cœur et dire à ce mal, avec Jésus : "Sors de nous!" au lieu de nous laisser envahir, écraser par ce mal. La plus grande faiblesse c'est d'avoir peur du mal. On a peur et l'on s'en va, on se sauve, on se tire, comme on dit aujourd'hui. Il ne faut jamais se tirer. Au contraire, il faut toujours faire face. Il ne faut jamais avoir peur du mal car, en réalité, quand on est courageux, c'est le mal qui a peur de nous. Mais attention, quand on fait face, on ne fait pas face tout seul, car si on croit qu'on est plus malin que le démon, on se fera avoir à tous les coups. Mais on veut faire face, il faut le faire avec Jésus. Et quand on dit que Jésus-Christ est mort et ressuscité, c'est dire que Jésus n'a jamais eu peur du mal - et Dieu sait qu'au moment de sa Passion, on lui en faisait du mal - Il a toujours résisté courageusement et Il a été victorieux de tout le mal qu'on a pu déchaîner contre Lui. C'est pour cela que nous croyons en Jésus. Il est vraiment le vainqueur du mal. Il l'a montré à cet homme qu'il a sauvé, il l'a montré par sa Résurrection, quand il a accepté de mourir sur la croix sans avoir peur du mal qu'on lui faisait. Jusqu'au bout, il a aimé son Père et il a aimé les hommes. Maintenant, il faut qu'il soit victorieux aussi dans votre cœur, que vous, avec Jésus, en face du mal, en face de la tentation, en face de tout ce qui peut détruire les autres ou vous détruire vous-mêmes, vous puissiez dire toujours : "Non, je résiste, je n'ai pas peur!" 

       AMEN 

 

 

 
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