AU FIL DES HOMELIES

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SOUS QUEL REGARD ?

Os 2, 1-2 +8-9 ; Mc 1, 21-28

Jeudi de la deuxième semaine de l'Épiphanie – B

(14 janvier 1988)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

L

e problème d'un homme, dans sa vie, face à son Dieu, face à sa conscience, dans ce qu'il a à faire ou à ne pas faire, se résume sous cette question : sous quel regard ai-je mis ma vie ? Qu'est-ce qui éclaire réellement mon cœur ? Est-ce Quel­qu'un d'autre qui me regarde ? Ou est-ce moi-même qui décide de ce que j'ai à faire ? Est-ce ma cons­cience, aussi pleinement éclairée puisse-t-elle être ? Ou est-ce un ensemble de traditions qui m'entourent, que j'ai faites miennes, qui déterminent et signent le chemin que je prends chaque jour ? Ou est-ce que finalement ma vie est le fruit d'une rencontre ? Plus que d'une rencontre, d'une volonté d'intimité ? Est-ce que ma vie attend, d'un autre regard, quelque chose que je sais ne pas pouvoir encore trouver ? Est-ce que je reste dans le désir d'être "comme en creux", de pouvoir recevoir quelque chose ?

Quand je rentre dans une église pour la messe de midi, est-ce que j'y rentre avec l'intention de m'y abandonner, afin de tout recevoir à nouveau ? Ou est-ce que je rentre le cœur encore un peu crispé sur mes propres richesses, en disant : cela ne me fera pas de mal, j'en tirerai bien quelque chose ? Ou est-ce que j'attends vraiment de rencontrer ce regard si pénétrant, ce regard de sainteté ?

Car voilà bien le problème : nous avons à fré­quenter, en cette heure, la sainteté de Dieu, cette chose si lointaine de la vie humaine, cette chose qui fait que Dieu est Dieu, le tout autre, et que nous ne sommes pas Dieu en face de Lui. Pourtant, la Bible a comme refrain que nous avons à être saints "comme Dieu est saint". Encore faut-il que nous reconnais­sions ce regard de sainteté qui nous pénètre.

Dans l'évangile que nous venons d'entendre, il est surprenant de constater que le premier qui recon­naît cette sainteté, le premier qui "sent" ce regard posé sur lui, c'est l'esprit mauvais, c'est Satan. Car c'est lui qui vient dire à Dieu : "Mais que me veux-tu ?" C'est lui qui constate et qui réalise que tout va s'effondrer, qu'une telle sainteté, si elle prend chair, si elle est vraiment vie, totale, dans cet homme Jésus, rien ne va pouvoir tenir. Et ce regard de Jésus qui va, jour après jour, parcourir les routes de Galilée guérissant et sau­vant, devant ce regard qu'est-ce qui va rester ? Satan prophétise à lui-même sa chute, prophétise à lui-même qu'il ne pourra pas tenir devant l'immensité d'une sainteté qui se révèle.

Nous qui ne sommes pas l'esprit mauvais, mais qui sommes ces créatures préférées de Dieu, reconnaissons aujourd'hui, dans la sainteté de Dieu qui va prendre corps à travers du pain et du vin, re­connaissons un regard, un regard profond, pénétrant, qui demande à notre vie de nous abandonner, de nous désarmer, de rentrer pauvres dans une église afin d'en sortir réellement riches et riches de Dieu. Dans cette eucharistie, même si elle ressemble aux autres passées ou à venir, essayons d'y découvrir cette nouveauté de quelqu'un qui me regarde. Et ce quelqu'un est le tout-puissant, est le saint, l'immense amour livré pour moi, à cause de mon péché.

 

 

AMEN

 

 
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