AU FIL DES HOMELIES

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L'AMOUR FRATERNEL 

1 Jn 4, 12-16; Mc 1, 9-15

(10 janvier 1983)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

Pontarlier : Saint Jean

V

 

ous vous êtes peut-être demandé pourquoi, durant tout ce temps qui suit la manifestation du Christ à Noël et durant ce temps de l'Epiphanie, la liturgie nous propose la lecture de l'épître de saint Jean. En fait, c'est pour une raison bien simple dont le texte que nous avons lu aujourd'hui nous donne la clé. Le fait que le Christ soit manifesté, que ses disciples l'aient touché, l'aient vu et entendu, comme le dit saint Jean au début de cette épître : "Ce que nos mains ont touché, ce que nos yeux ont vu du Verbe de Vie, nous vous l'annonçons afin que notre joie soit en vous." Même si le Christ a été vu et a été touché, en réalité, le mystère même de Dieu reste absolument dans l'invisible. Et c'est pourquoi, à plusieurs reprises dans cette épître, saint Jean dit : "Dieu, personne ne l'a jamais contemplé." En effet, déjà avec Moïse qui demandait à contempler la face de Dieu, Dieu avait refusé et avait répondu : "Ma face on ne peut pas la voir sans mourir !" La mort, c'est précisément ce moment de notre vie où, étant complètement livré à Dieu, nous nous perdons complètement nous-mêmes en Dieu. A ce moment-là, nous contemplons la face de Dieu.

Mais le grand mystère, et c'est cela le mystère de notre vie chrétienne, c'est que ce Dieu invisible qui est au cœur de la création, qui est au cœur de tout ce que nous faisons, qui vit dans le cœur de chacun d'entre nous, ce Dieu se rend sans cesse visible d'une façon toute particulière, c'est précisément par l'amour. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous et son amour trouve, en nous, son achèvement, sa perfection. Tout le mystère de notre vie chrétienne est dans ces quelques mots. Toute notre existence est dans cette tension entre d'une part le fait que le sens ultime de notre vie c'est de contempler la face de Dieu et que, maintenant, nous ne le pouvons pas, mais qu'en réalité, dans notre existence actuelle, l'Epiphanie de Dieu, c'est l'amour que nous avons les uns pour les autres et c'est l'amour que Dieu a déversé en nous par le don de son Esprit.

C'est pourquoi saint Jean ajoute immédiatement après : "C'est à cela que nous reconnaissons que nous demeurons en Lui et que Lui demeure en nous : c'est qu'Il nous a donné de son Esprit." Et l'Esprit, c'est l'amour de Dieu en personne.

Frères et sœurs, si nous voulons vraiment voir Dieu, si nous voulons vraiment être mis en présence de Dieu, de son véritable visage, de sa présence absolue, nous pourrons l'être un jour, mais, dès maintenant, ce que nous devons faire c'est véritablement nous aimer les uns les autres. Et dans cet amour que nous avons les uns pour les autres, c'est là que se manifeste l'amour infini de Dieu comme témoignage de sa présence. Et c'est là que s'achève en nous l'amour infini de Dieu comme gage de ce qu'un jour nous le verrons.

 

AMEN

 

 

 
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