AU FIL DES HOMELIES

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FÉCONDITÉ DE LA PAROLE DE DIEU

1 S 1, 1-8 ; Mc 1, 9-15

Lundi de la deuxième semaine du temps de l'Épiphanie – A

(12 janvier 1987)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

P

ermettez-moi de commencer ce "sermon" par quelque chose qui n'appartient pas au sermon. C'est par un anniversaire, le mien. Cela fait un an que je prêche car j'ai commencé exactement l'an dernier à la même date, mais si je rappelle cet anniversaire, ce n'est pas pour parler de moi ou de la prédication, encore moins de la mienne. C'est simplement pour parler de la fécondité de la Parole de Dieu.

De fait, dans le temps de l'Epiphanie, lorsque nous passons de ce temps de Noël où le Christ est enfant à celui où, en tant qu'homme, Il commence sa vie publique, il y a un long temps de silence, suivi d'un autre petit temps de silence qui est celui après le baptême du Christ suivi du temps de tentation. Comme s'il fallait au Christ même ce long temps de fréquentation du Père dans la prière, donc de la Pa­role, de ce qu'Il est Lui-même, avant d'annoncer qui Il est, avant d'annoncer cette proximité du Royaume.

Et nous en faisons nous-mêmes prédicateurs, mais vous aussi, l'expérience de cette fécondité. Avant de commencer à prêcher, je m'étais posé la question : "Comment peut-on indéfiniment, durant toute sa vie, proclamer, confesser, expliquer le mys­tère de la Parole de Dieu ?" Du point de vue humain, cela semble quelque peu impossible. Mais du point de vue de cette fécondité même de la Parole, les choses sont inépuisables. En effet, et c'est par l'expérience, le peu que j'ai, mais mes frères diraient la même chose je pense, que lisant cette Parole de Dieu, notre pre­mière impression en général est que nous avons épuisé les idées normales et habituelles, notre pre­mière réaction par rapport à cette Parole. Mais lorsque nous laissons à cette Parole le temps de s'enraciner dans notre cœur et de la laisser grandir et germer, il y a comme des épousailles qui ont lieu entre soi-même, sa propre vie et cette Parole. Et en général, il en sort ce que nous essayons de balbutier dans nos sermons, du moins ce que moi j'essaie de balbutier dans mes sermons. C'est-à-dire qu'effectivement il y a comme une fécondité heureuse, savoureuse même, de soi-même, de sa propre vie, de ce que l'on est au jour précis où l'on prêche et de cette Parole qui vient vous féconder. Lorsque je commence à prêcher, je fais souvent l'expérience de ne pas très bien savoir où je vais, mais quelque part la plante pousse malgré moi, et il en sort ce qu'il en sort, mais dans tous les cas j'ai toujours eu le sentiment qu'elle a été fécondante.

Je crois que pour nous-mêmes, dans ce temps d'Epiphanie, nous pouvons faire dans un certain si­lence, dans cette préparation de la vie publique du Christ, nous pouvons faire l'expérience de cette fé­condité. Nous avons aussi à suivre avec le Christ ce temps de silence et nous partirons aussi avec Lui au désert, avant d'arriver aux noces de Cana, de façon à nous laisser épouser par cette Parole de Dieu, de nous laisser de nouveau féconder. Et je pense que com­mencer une année par ce silence du Christ dans sa Parole, c'est se vouloir neuf, se vouloir comme une plante nouvelle, comme un printemps nouveau, pré­paré à être fécondé à son tour par cette Parole comme quelque chose d'inouï, de nouveau, de jamais connu jusqu'alors.

Ainsi reconnaissons et relisons cette Parole comme une possibilité essentielle de fécondité de notre vie, car c'est là que nous pouvons renaître. Et en fêtant le baptême du Christ nous fêtons aussi notre propre baptême, nous fêtons cette vie nouvelle qui a été déposée en nous comme un germe et qui ne cesse de grandir et de s'épanouir à travers notre vie chré­tienne. C'est bien cela notre promesse, notre espé­rance et c'est cela que nous pouvons essayer d'enraci­ner dans cette Parole, dans ce silence même du Christ, avant de l'entendre proclamer qu'Il est notre Sauveur.

 

AMEN

 

 

 
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