AU FIL DES HOMELIES

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RÉCONCILIATION UNIVERSELLE DE L'HOMME ET DIEU

1 S 4, 12-18 ; Mc 1, 9-15

Lundi de la deuxième semaine de l'Épiphanie – C

(15 janvier 2001)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

F

rères et sœurs, la liturgie nous fait lire le récit du baptême de Jésus dans les différentes tra­ditions des évangiles. Samedi, nous lisions la version de Matthieu, hier celle de Luc, aujourd'hui celle de Marc. Dans le bref récit que nous venons d'entendre du baptême de Jésus selon saint Marc, deux remarques particulières qui lui sont propres. Tout d'abord, Jésus qui est Lui-même l'objet immé­diat, non seulement de la descente de l'Esprit, mais de la vision qu'Il en a, Jésus nous dit saint Marc, vit les cieux se déchirer pour que l'Esprit descende sur Lui. Ce verbe "déchirer" à propos des cieux est une allusion à la fermeture du Paradis lors du péché originel, quand il nous est dit dans la Genèse que Adam et Eve furent chassés du Paradis, et qu'un ange à l'épée flamboyante fut placé à l'entrée du Paradis pour en interdire l'accès. Le péché nous a coupés de Dieu, le péché a établi une sorte d'incommunicabilité entre le monde de Dieu et le monde des hommes. A son baptême, Jésus voit cette barrière infranchissable qui séparait Dieu des hommes, se déchirer. C'est l'ouverture du ciel qui s'accomplit, c'est-à-dire le rétablissement de la communication entre Dieu et les hommes. Cet acte inaugural de la vie publique de Jésus qu'est son baptême, contient déjà en lui tout l'accomplissement du Salut tout ce qui se réalisera en plénitude par la Pâque, par la Croix, la réconciliation de Dieu et de l'homme le rétablissement de la communication entre Dieu et l'homme. Par Jésus, nous ne sommes plus des étrangers pour Dieu, le péché n'est plus une carapace, une opacité un voile, une limite, qui nous interdisent de nous approcher de Dieu, mais Jésus rétablit cette communication, cette conversation entre Dieu et les hommes. Les cieux se déchirent, et Dieu vient jusqu'à nous, non seulement Dieu se fait homme en Jésus, mais l'Esprit de Dieu se répand sur Lui et à travers Lui sur nous tous, Il vient prendre possession de nos meurtris et abîmés par le péché, pour les guérir et les réintégrer dans l'amitié divine.

A cette mention des cieux qui se déchirent qui ainsi impliquent toute l'œuvre de réconciliation, s'ajoute tout de suite après la brève mention que nous fait saint Marc de Jésus au désert. Matthieu et Luc ont longuement développé cet affrontement entre Jésus et Satan, cette tentation de Jésus par l'Esprit du Mal, qui aboutit à la victoire de Jésus qui déjoue les pièges du tentateur. Saint Marc ne nous parle pas de ces tentations, ni en détail, ni même de façon globale, il se contente de dire que pendant quarante jours, Jésus fut tenté par Satan, mais il insiste sur le fait que Jésus était avec les bêtes sauvages et qu'il était entouré par les anges de Dieu. C'est donc cette même idée de réconciliation, non plus seulement avec Dieu, mais avec l'univers tout entier. Jésus en quelque sorte, se trouve comme en communion, en vie commune avec la nature tout entière, non seulement la nature angélique, mais aussi avec la nature terrestre, y com­pris avec les bêtes sauvages. Ceci est une allusion à la prophétie d'Isaïe qui disait qu'au temps messianique, les bêtes sauvages et les bêtes domestiques cohabite­raient, il disait de façon symbolique que les lions mangeraient de l'herbe comme les bœufs et que le petit enfant jouerait sur le trou de la vipère et du co­bra, manifestant ainsi que cette réconciliation de l'homme avec Dieu s'étend à la nature tout entière, à l'univers tout entier, cet univers dont saint Paul nous dit qu'il a été soumis à la vanité par la faute de l'homme, et qu'il attend dans l'espérance de la résur­rection et de la réconciliation universelle. Ainsi, par le baptême de Jésus préfigurant sa Croix, l'univers tout entier est réconcilié avec l'homme et avec Dieu parce que Dieu nous pardonne nos péchés et nous réconcilie ave Lui. C'est donc cette oeuvre de restauration uni­verselle, ce retour au Paradis, un Paradis nouveau dont l'Apocalypse nous dira qu'il est plus beau encore que le premier Paradis, qu'il est plus parfait. C'est cette restauration universelle que Marc voit dans le Baptême de Jésus et qu'il traduit dans ces quelques notations qui pourraient nous échapper mais qui sont ainsi très significatives.

En ce temps d'Epiphanie rendons grâce au Seigneur pour cette restauration de notre cœur, de notre vie, et à travers nous de l'univers tout entier, pour cette réconciliation universelle dans l'amitié de Dieu.

 

 

AMEN

 

 
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