AU FIL DES HOMELIES

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LE CHRIST RENOUE LE DIALOGUE

2 S 2, 1-11 ; Mc 1, 9-15

Lundi de la deuxième semaine de l'Épiphanie – A

(14 janvier 2002)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

T

rois évènements qui se succèdent, qui ponctuent et qui inaugurent la vie publique du Christ: Baptême, tentation, puis retour en Galilée. Après qu'une voix s'est fait entendre et que Jésus a été explicitement proclamé le "Fils, le Bien-Aimé", sur qui repose toute la faveur du Père, le poids du choix de Dieu, en qui se manifeste, se rend visible, a été dite et prononcée l'élection, la mise à part : Tu es parmi les hommes, et Tu es Fils de Dieu. L'Esprit intervient, le pousse au désert. Difficile à comprendre la manière, comme si juste après la proclamation, il y a un effacement qui était nécessaire, comme si cette mise à l'écart devait le pousser à rejoindre quelque chose de primitif et d'archaïque dans le monde. Ce face-à-face entre cet homme, comme le premier homme aux prises avec les bêtes sauvages, servi par les anges, ce retour en arrière dans le temps, cette fréquentation d'un moment primitif de la création, fait de Jésus un Adam, le second, comme si sa vie publique s'inaugurait comme le début de son histoire parmi les hommes mais aussi le début de l'Histoire du monde. Il reprend l'Histoire au premier temps, en sa donnée première, là où l'homme était seul face à Dieu, et qu'il a refusé ce face-à-face, qui avait été parasité par celui qui l'avait trompé sur Dieu. Et bien, Jésus reprend ce premier chemin, cette première rencontre, ce premier face-à-face, pour vaincre cela où Adam avait été trompé et vaincu. A la fois ce monde créé dans ce premier moment, juste après le tohu-bohu, le désert, c'est la trace de l'ancien tohu-bohu, c'est la trace d'une rencontre "hors tout contexte", hors toute protection, hors toute civilisation, l'unicité de la rencontre, quelque chose qui touche à la donnée primitive de notre être à nous, c'est ce que le désert éveille et révèle.

Jésus reprend l'Histoire du monde à sa base, mais il reprend l'histoire de chaque humanité à sa base également, dans ce rapport primitif, il reprend le combat contre le Satan, contre le diviseur, celui qui au terme de toute l'histoire du monde, et pour chacun d'entre nous, a modifié, parasité, confondu notre rapport qui devait être clair, immense, infini, comme le désert peut l'être, avec Dieu. Le face-à-face avec les bêtes sauvages nous rappelle donc la sortie de l'Arche de Noé, ces bêtes retrouvant l'état vierge de la terre, retrouvant leur état de créature, et puis les anges. Le monde invisible est présent à cette convocation première dans le désert où Jésus reprend le travail qu'Adam avait abandonné, reprend cette bêche qu'il a laissé dans le jardin. Il reprend le chemin du dialogue avec le Père.

Et le "Celui-ci est mon Fils" qui a été entendu au bord du Jourdain, et qui se fait entendre à chaque fois que quelqu'un est plongé dans l'eau du baptême, prend toute sa valeur et s'inscrit en lettres définitives dans le ciel nouveau qu'il inaugure, et se fera entendre pour chaque homme, chaque femme qui choisira de suivre le Christ et sur qui reposera le choix de Dieu.

Que cette rencontre dite si succinctement dans l'évangile que nous avons entendu ne nous cache pas l'intensité que Dieu a voulu mettre dans la vie du Christ, dans ce face-à-face entre Lui et les forces du Mal, afin que rien ne s'oppose désormais à la rencontre entre l'homme et Dieu.

 

 

AMEN

 

 

 
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