AU FIL DES HOMELIES

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L'ANNONCE DU ROYAUME

Jos 1, 19 ; Mc 1, 9-15

Lundi de la deuxième semaine de l'Epiphanie – A

(14 janvier 2008)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

F

rères et sœurs, hier, nous célébrions le baptême du Christ et nous avons lu le récit de ce baptême dans la version de saint Matthieu. Aujourd'hui notre méditation se prolonge et c'est le texte de saint Marc qui nous est proposé. Ces présentations du baptême de Jésus diffèrent sur un certain nombre de détails. Le plus visible dans l'évangile de saint Marc, c'est que l'ouverture des cieux, la descente de l'Esprit, la voix du Père s'adressent non pas à la foule ni à Jean-Baptiste, mais à Jésus lui-même. "Remontant de l'eau, Jésus vit les cieux se déchirer et l'Esprit comme une colombe descendre vers lui" et la voix du Père ne dit pas : "Celui-ci est mon Fils bien-Aimé", mais : "Tu es mon Fils bien-Aimé, tu as toute ma faveur".

C'est dire que le baptême de Jésus dans l'évangile de saint Marc se manifeste précisément comme une mission messianique, prophétique que Jésus va accomplir. Certes, Jésus est le Fils de Dieu, mais il a pris une nature humaine dans le sein de Marie et comme homme, Il est envoyé avec la puissance de l'Esprit pour annoncer le Royaume de Dieu. Quelques lignes plus loin, on nous dira que la première prédication de Jésus c'est : "Les temps sont accomplis, le royaume de Dieu est tout proche, repentez-vous et croyez à l'évangile". C'est donc la Bonne nouvelle qui est la raison d'être du ministère de Jésus, et le baptême au Jourdain nous apparaît plus spécialement comme le commencement, le point de départ de ce ministère messianique et prophétique de Jésus, l'annonce de la Bonne nouvelle des derniers temps qui s'accomplissent et de ce don que Dieu nous fait de son Royaume.

Un autre détail propre à saint Marc encore, dans ce récit du baptême de Jésus, c'est que lorsque Jésus remonte de l'eau, il voit les cieux non pas s'ouvrir comme disent les autres évangélistes, mais se déchirer. Ce verbe qui exprime une action violente nous renvoie au récit du péché originel, quand l'homme s'est détourné de Dieu et que pour cette raison, il ne peut plus vivre dans le Paradis. Le Paradis est clos et gardé par un chérubin à l'épée tournoyante. Cette séparation entre le Paradis supposé être le lieu de la présence de Dieu et le monde des hommes, Jésus vient accomplir la réconciliation, cette séparation va être levée, la barrière va être déchirée, le Royaume de Dieu va pouvoir pénétrer le monde des hommes pour le transformer, le transfigurer, lui donner la grâce de Dieu.

C'est donc bien le sens même de la prédication de Jésus : le Royaume de Dieu est tout proche, les temps sont accomplis, la barrière est déchirée. Saint Paul commentera ceci dans l'épître aux Éphésiens quand il dira que la barrière de la haine qui sépare les hommes les uns des autres a été abattue par le Christ.

Une autre particularité encore de l'évangile de saint Marc, c'est de résumer en une phrase la rencontre de Jésus avec Satan que Matthieu ou Luc nous décrivent longuement. Saint Marc se contente de dire : "Aussitôt, l'Esprit saint pousse Jésus au désert". C'est l'Esprit qui l'envoie lutter contre le mal, et Il était dans le désert pendant quarante jours, tenté par Satan. Nous n'avons pas ici le détail des tentations mais cette phrase présente d'une manière lapidaire tout ce drame de Jésus confronté à l'Esprit du mal. Ce drame que Jésus vit dès le début de sa vie publique au désert s'accomplira sur la croix, dans la solitude du Christ abandonné de tous.

En même temps, cette lutte de Jésus contre Satan est le début du Royaume, le début de la transfiguration de l'univers. Jésus était avec les bêtes sauvages. Isaïe avait déjà annoncé qu'à la fin des temps, l'enfant jouerait sur le trou du cobra et que le lion mangerait de l'herbe avec le bœuf, que toute violence et toute destruction serait supprimée dans un monde réconcilié. Et voici que Jésus est avec les bêtes sauvages et les anges le servent, et donc aussi bien le monde du ciel celui des anges, que le monde de la terre, celui des bêtes sauvages, sont réconciliés.

C'est donc le baptême du Christ, le début de sa prédication du Royaume, le début de l'annonce de la venue de la paix revenue sur terre, le début de la lutte contre Satan qui doit s'achever par la victoire du Christ sur la croix.

 

AMEN

 

 

 

 
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