AU FIL DES HOMELIES

Photos

DIEU AU CARREFOUR DE NOTRE VIE

1 S 10, 17-24 ; Mt 4, 12-17

Lundi de la deuxième semaine de l'Épiphanie – B

(16 janvier 2012)

Homélie du Frère Christophe LEBLANC

Rencontrer l'autre …

F

rères et sœurs, on ne peut qu'être frappé de la manière dont Dieu décide d'une manière obstinée de suivre son peuple. Généralement, c'est plutôt l'inverse, le disciple c'est celui qui suit son maître, le chrétien est celui qui suit le Christ, le juif est celui qui suit les commandements de Dieu. Or à la fois dans la première lecture et dans l'évangile, il y a comme un retournement de situation. Dans la première lecture, nous avons entendu la suite de ce récit dans lequel il nous est dit qu'Israël désire envers et contre tout faire comme les autres peuples, c'est-à-dire avoir un roi. Mais cela n'est pas le plan de Dieu qui va pourtant accepter cette exigence de la part d'Israël. Il y a même un certain humour puisque Saül est déjà choisi par Dieu, et il a été oint par Samuel, le coup du sort l'ayant désigné, on ne le trouve pas, c'est Dieu qui le sort de derrière les bagages pour l'exposer devant tout le peuple qui le désirait. On a même l'impression que le sort s'acharne presque contre le plan initial de Dieu.

Dans l'évangile, on pourrait voir une opposition, ou une complémentarité dans l'expression de la rencontre de Dieu avec les hommes. Il y a d'une part Jean-Baptiste qui lui est dans le désert, qui magnétise et attire les foules qui font l'effort de se déplacer et de venir dans le désert qui, par définition, est un lieu où il n'y a rien, un lieu qui n'est pas un carrefour. Et quand Jean-Baptiste est arrêté et mis en prison, il y a une autre manifestation complémentaire de la rencontre de Dieu, cette fois ce n'est plus le prophète qui attend qu'on vienne vers lui, c'est Jésus le prophète, le Fils de Dieu qui part au devant des foules. C'est là que Jésus quitte le territoire dans lequel il a rencontré Jean-Baptiste, il va en Galilée, ce lieu dans lequel il y a une population diverse et variée, provenant de différentes cultures, de différentes religions, et c'est là que Dieu se tient comme au carrefour des nations d'Israël afin d'annoncer la parole de son Père, la parole de Dieu.

Ces deux textes ne manquent pas d'intérêt, ils nous rappellent que si nous avons à suivre l'évangile, paradoxalement, quand nous sommes infidèles à cet évangile, c'est Dieu qui nous suit. Très souvent, nous pensons que c'est nous qui faisons l'effort d'aller vers Dieu, or l'évangile nous monte que c'est Dieu qui vient vers nous. On pourrait lire aussi cet évangile comme une méditation sur la pastorale : faut-il rester dans nos églises à attendre le client ? ou bien faut-il aller sur le Cours Mirabeau pour chanter, danser avec des panneaux et annoncer que Dieu nous aime tous ? Je n'ai pas la réponse mais aucun système ne devrait être exclusif, simplement, nous avons à être attentifs au peuple, et nous avons à faire comme Dieu, à certains moments, nous avons à sortir, à nous poster dans les carrefours, là où les gens sont, afin de les rencontrer.

Je crois que le cœur du christianisme c'est l'élaboration de cette relation entre l'autre et moi, entre Dieu et moi, ce que nous avons à apporter à nos frères et sœurs, leur faire découvrir que Dieu est celui qui se tient au carrefour de leur vie et qu'il est là pour se manifester à eux et les accompagner, un peu comme le Christ sur le chemin d'Emmaüs, qui accompagnait, sans précéder, sans suivre les pèlerins d'Emmaüs.

 

AMEN

 

 

 
Copyright © 2019 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public