AU FIL DES HOMELIES

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ET ILS ARRIVÈRENT A CAPHARNAÜM

1 R 1, 50-53 ; Mc 1, 21-28

Samedi de la deuxième semaine de l'Épiphanie – A

(16 janvier 1993)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

 

Q

uelle chose étrange ! Jésus vient dans un petit village. Il revient dans son pays de Galilée après avoir été baptisé par Jean. Au moment du baptême, Jésus a été solennellement reconnu, ma­nifesté par le Père comme le "fils bien-aimé". C'est le moment où Il reçoit son investiture, sa mission. C'est le moment où le Christ a été reconnu comme tel, pro­clamé par la voix du Père et montré par Jean-Baptiste : "Voici l'Agneau de Dieu !" Et maintenant cette scène de prologue se referme et Jésus, avec quelques disci­ples, mais pas encore les douze, entre dans un petit village. Petit village de pêcheurs, une vie calme et tranquille et simplement une synagogue, un lieu de prière, de rassemblement, de découverte de la Parole de Dieu. Et c'est là que Jésus va, au milieu des hom­mes qui sont des amis, des camarades de Pierre, d'André, de Jean, des fils de Zébédée qu'Il vient préci­sément d'appeler.

Et dans la familiarité de cette petite synago­gue, Jésus se met à enseigner. Tout est simple. Jésus retrouve cette paix du village de Galilée, la douceur de ce rivage du lac de Tibériade. Et pourtant, tout à coup, cette espèce de coup de tonnerre, un homme possédé d'un esprit impur, un démon qui dit : "Je sais qui Tu es, Tu es le saint de Dieu !" Comme si au moment d'une scène presque champêtre, d'une tran­quillité, d'une familiarité, cela pourrait arriver chez nous, tout à coup, c'est tout le drame du monde qui éclate. Le démon, le prince de ce monde qui dit :, Mais je sais bien qui tu es ! maintenant le combat est commencé !"

Comme c'est étrange de penser que Jésus qui revient du Jourdain, qui commence son ministère et qui, d'une certaine manière, a envie de le commencer paisiblement, calmement comme une sorte de scène de campagne, en réalité, dans cette petite synagogue de Capharnaüm, voici qu'Il est brutalement en face de toute la puissance du mal. Cette puissance asservit l'homme, elle le défigure, elle le torture. Et Jésus, ce jour-là, est remis face à face avec cette souffrance de l'homme. Voilà pourquoi Il est venu.

Ceci est infiniment proche de nous. Avec nous aussi, Jésus a envie simplement de mener cette vie d'une amitié, d'une miséricorde, d'une profonde tendresse. Dans la vie de chacun d'entre nous, Jésus c'est cette douceur de la présence, de la joie de la pa­role partagée, du salut accordé, de la prière, de cette présence secrète de Dieu au fond de chacun d'entre nous. Et en même temps, cette espèce de rupture, ce qui, en nous, est torturé par le mal, ce qui, en nous, est complice du prince de ce monde et qui, à ce moment-là crie : "Je sais qui Tu es, Tu es le saint de Dieu !" Et en nous-même jaillit cette espèce de rupture, cette tension, ce combat, précisément ce qu'on appelle le salut.

Nous sommes rassemblés aujourd'hui pour cette eucharistie, pour ce geste infiniment familier de partager le pain et boire à la même coupe. C'est comme cela que Jésus a voulu être parmi nous. Et en même temps, nous le savons, il y a au fond de notre cœur, si je puis dire, tant de démons qui nous arra­chent à la tendresse et à la familiarité de Dieu, il y a en nous tant de ruptures, tant de divisions, tant de cris, tant de souffrance. Aujourd'hui nous les apportons devant le Seigneur, nous les déposons au moment où nous venons pour boire à la coupe du salut, pour reconnaître vraiment qui Il est : "Tu es vraiment le Christ, le Fils du Dieu vivant !"

 

 

AMEN

 

 
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