AU FIL DES HOMELIES

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LA VIE QUOTIDIENNE DE JÉSUS

1 S 11, 14-12, 5 ; Mc 1, 29-39

Vendredi de la deuxième semaine de l'Épiphanie – A

(19 janvier 1990)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

N

ous avons dans ce petit passage de l'évangile de Marc une journée-type de Jésus. Un soir il arrive chez Simon-Pierre. Les malades accourent, se rassemblent devant la maison. Le len­demain Il se lève très tôt et part dans un lieu désert pour y prier. Puis Il reprend ses activités de "moine apostolique" puisque sa vie alterne entre la prière et les autres activités.

Une chose étonnante, c'est qu'Il remet les choses à leur place. Il tombe sur un monde ou dans un lieu où les choses sont en désordre par le mal, par le péché, par la maladie.

La première mise en ordre c'est la guérison de la belle-mère de Simon-Pierre. Jésus était attentif aux choses pratiques et quotidiennes. Il fallait bien man­ger. Et en arrivant chez Simon-Pierre, il n'y avait pas de quoi manger puisque la belle-mère était au lit.

Jésus la prend par la main et la fait se relever, non pas pour "la remettre au fourneau" mais pour la remettre à son service, à sa mission, à sa place, dans l'ordre où elle avait été créée pour cela.

De même avec tous ces malades, ces infirmes, le Christ remet chacun dans l'ordre exact où la créa­tion, où Dieu les avait mis. Et la maladie, comme le péché, est toujours une occasion d'abîmer l'ordre du monde, de notre propre nature. C'est pour cela que le Christ maître de l'univers, maître de l'histoire s'occupe de toute chose et surtout de ce qui est mis en désordre soit par le péché d'origine, soit par le péché des homme, soit même par la maladie ou la souffrance. Et son sillon est marqué de cette volonté de remettre à sa place les choses telles qu'elles doivent être en cette vie.

Et tout ceci est couronné par la prière du Christ. Tout cet ordre volontairement recréé, toute cette œuvre du Christ touchant, guérissant, ensei­gnant, est enveloppée par ce mystère profond que le Christ entretient avec le Père, dans l'Esprit. Le monde ne tient pas par lui-même, pour des raisons de cuisine ou d'ordre, mais une enveloppe plus large le couvre. C'est le mystère du Père et du Fils. Alors notre propre vie qui est faite de problèmes de cuisine, d'ordre, de se le ver, de se coucher, doit être enveloppée comme celle du Christ par un mystère, par une prière plus large. Notre vie n'est pas simplement une accumula­tion du minutes et d'heures où nous tentons, vaille que vaille, de remettre de l'ordre. Elle est à engager dans un mystère plus grand qui est que nous sommes, comme Jésus-Christ, appelés à être fils et que nous avons à envelopper toutes ces choses quotidiennes, qui ne sont pas profanes au sens où elles seraient sé­parées de Dieu, nous avons à les envelopper de ce mystère profond qui est l'amour d'un Père bienveillant et attentif en chacun de ces minutes.

Ce qui est frappant dans cet évangile, c'est qu'il y est question justement de choses très profanes. Il n'y a pas séparation comme dans le monde antique grec entre le monde divin et le monde des hommes, le monde quotidien, pénible. Dieu vient en ce monde quotidien pour faire de chaque chose une occasion de sacré. La cuisine de la belle-mère participe, à sa façon et avec humour certainement, à l'ordre du sacré de Dieu que Dieu vient réactiver, réattirer à Lui. Il n'y a pas de séparation. Il n'y a pas des choses qui n'appar­tiennent pas à Dieu et d'autres qui lui sont consacrés.

Par cette eucharistie, qui couronne notre jour­née, qu'elle couronne non seulement les heures que nous passons avec Lui mais l'ensemble de la journée, toute la quotidienneté qui se déroule. Que le Christ ne soit pas absent de notre quotidien mais qu'Il en consa­cre chaque instant pour que nous devenions vraiment des fils adoptifs et aimés par le Père.

 

 

AMEN

 

 
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