AU FIL DES HOMELIES

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LUMIÈRE NÉE DE LA LUMIÈRE

1 S 1, 1-8 ; Jn 3, 13-21

Lundi de la première semaine de l'Épiphanie – C

(8 janvier 2001)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

P

eu à peu, le jour gagne du terrain, le soleil commence à briller un tout petit peu plus longtemps dès le mois de janvier. Dans la nuit de Noël, c'est justement cette lumière qui est célébrée, parce que les anciens avaient constaté qu'aux alen­tours de cette époque, la nuit cessait de gagner sur le jour, et l'on a mis la fête de Noël le vingt-cinq décem­bre, alors qu'à Rome, on célébrait ce jour-là sur la colline du Vatican le "sol invictus", le soleil invaincu. Celui qui se lève à l'Orient, celui qui est si nécessaire à la vie, cette lumière qui n'est pas atteinte définiti­vement par les ténèbres.

Dans l'évangile aujourd'hui, il est question de lumière. Ce n'est plus la lumière de l'étoile de Noël, ce n'est plus la lumière des anges de la crèche, ce n'est plus la lumière de l'astre qui a brillé pour guider et manifester le Christ aux mages. C'est une autre lu­mière, une lumière dont Jésus dit que ceux qui ne viennent pas à Lui, ceux qui ne croient pas en Lui, ceux qui ne le reconnaissent pas comme le Fils de Dieu "Lumière née de la Lumière", c'est parce qu'ils font des œuvres mauvaises, ils préfèrent les ténèbres. Or, la lumière est venue dans le monde, Noël, Épi­phanie, et les hommes n'ont pas reconnu cette lu­mière, Passion et mort.

Il y a en effet un pendant, la crèche ne va pas sans la croix, la manifestation au monde ne va sans l'anéantissement de Celui qui est né dans ce monde et qui a été jusqu'à la logique de l'Incarnation, la logique la plus extrême étant de toute façon la mort. C'est ce que nous voyons à travers ce texte de l'évangile où il est parlé du serpent d'airain, celui que Moïse avait élevé. Dans le désert, les hébreux reprochaient à Moïse et à Dieu de les avoir conduits dans le désert et de ne leur donner que cette nourriture de la manne. Ils ont murmuré, ils ont parlé contre Moïse et contre Dieu. C'est là qu'ils sont piqués par des serpents brû­lants, et pour en être libérés Dieu finit par accorder que celui qui regardera vers le serpent que Moïse a fait, alors qu'il a été brûlé, celui-là sera sauvé. La brûlure aujourd'hui, comme pour les contemporains de Jésus, c'est celle du serpent encore, c'est-à-dire celle du péché, de la mort et de l'obscurité, et para­doxalement, il nous faut reconnaître la lumière qui jaillit des ténèbres, celle du serpent d'airain sur la croix, le Christ, qui pourtant malgré, la nuit, malgré comme le dira l'Écriture, le péché, Lui qui s'est fait péché pour nous, malgré cela, Il est notre espérance. Il continue à être plus que l'étoile au-dessus de la crèche ou que la clarté des anges dans la nuit de Noël. Il continue à être encore plus manifestation et Épiphanie quand son Incarnation va jusqu'à la Kenose, jusqu'à l'abaissement et au don le plus total. Ainsi, on s'en rend compte, la lumière dans la nuit, ce n'est pas d'abord quelque chose de morbide, comme on aurait pu le croire au départ en commençant à faire ce pa­rallèle entre la crèche et la croix, mais c'est surtout le signe déjà que dans toute nuit, l'espérance, celle de Noël comme celle du Calvaire, l'espérance est au cœur de notre monde de ténèbres.

 

 

AMEN

 

 
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