AU FIL DES HOMELIES

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L'APPEL

1 Jn 3, 18-24 ; Jn 1, 43-51

Lundi de la première semaine de l'Épiphanie – B

(6 janvier 2003)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

F

rères et sœurs, en ces jours qui précèdent et suivent immédiatement l'Épiphanie, nous reli­sons les premiers chapitres de l'évangile de saint Jean, après le prologue solennel que nous avons lu le matin de Noël, et ces passages de l'évangile de saint Jean sont centrés sur l'appel des disciples. Hier, nous entendions l'appel d'André et de Jean, puis de Simon-Pierre, le frère d'André. Aujourd'hui, c'est l'appel de Natanaël, et d'abord celui de Philippe.

L'appel, c'est une réalité fondamentale de toute relation entre Dieu et nous. Toute relation entre Dieu et nous commence par cette Parole venue de Dieu qui s'adresse au plus profond de nous-mêmes, pour nous révéler le sens de notre vie, c'est-à-dire précisément cette relation qui donne sens. Cet appel peut venir à travers un autre, pour André et Jean c'est Jean-Baptiste qui leur montrant le Christ qui passe par là, leur dit : "Voici l'Agneau de Dieu". Et ils se met­tent à le suivre. Pour Pierre, c'est son frère André qui vient lui dire : "Nous avons trouvé le Messie". Et de même pour Natanaël, c'est Philippe qui lui dit : "Celui qu'ont annoncé les prophètes, nous l'avons trouvé".

D'autres fois, cet appel, c'est Dieu Lui-même qui l'adresse par exemple à Philippe lui disant d'une manière à la fois abrupte et décisive : "Suis-moi !" Ou bien, Jésus va prendre en quelque sorte le relais de celui qui a servi d'intermédiaire et Il va approfondir cette relation d'appel. Ainsi quand André et Jean sui­vent Jésus, Il se retourne et leur dit : "Que cherchez-vous ?" - "Maître, où habites-tu ?" - "Venez et voyez". De la même manière, pour Pierre, le frère d'André, quand il a été conduit jusqu'auprès de Jésus, Il prend mystérieusement possession au plus profond de lui-même en changeant son nom : "Tu t'appelles Képhas, tu t'appelleras Pierre". Aujourd'hui nous voyons Na­tanaël à qui Philippe a dit : "Nous avons trouvé Celui qu'annoncent les prophètes". Dans un premier temps, Natanaël est comme traversé d'un doute : "De Naza­reth, peut-il sortir quelque chose de bon ?" Il doute que d'un obscur village de Galilée puisse venir le Messie. Philippe lui dit ce que Jésus avait dit à André et à Jean, Jésus avait dit : "Venez et voyez", et Phi­lippe dit à Natanaël : "Viens et vois". A ce moment-là, Jésus qui regarde au pus profond des cœurs dit de Natanaël : "C'est un homme sans artifice, c'est un homme droit". Même son doute manifeste en lui une sorte de franchise, de netteté, une attitude directe. Natanaël est surpris : "D'où me connais-tu pour pou­voir dire de moi que je suis un vrai israélite, un homme droit ?" Alors, mystérieusement, Jésus fait allusion à un événement qui ne nous est pas connu : "Quand tu étais sous le figuier, avant que Philippe t'appelle, je t'ai vu". Sans doute, ce qui s'est passé sous le figuier était un moment décisif dans la vie de Natanaël puisque devant cette parole mystérieuse de Jésus, il dit : "Tu es le Messie, tu es le roi d'Israël". Jésus a donc touché au plus profond le cœur de Nata­naël en lui révélant son mystère personnel, intime, cette pensée que nous ne connaissons pas et qui avait ainsi nourri le cœur de Natanaël, au point que se sen­tir ainsi connu au plus profond de lui-même, le préci­pité aux pieds de Jésus : "Tu es le Messie, tu es le roi d'Israël".

Ainsi donc, Dieu s'adresse à chacun d'entre nous, Il s'adresse directement à notre cœur, ou bien Il s'adresse à nous par nos frères, car nous nous décou­vrons nous-mêmes à travers ce que certains autres nous révèlent de notre vie profonde. A travers nos frères, c'est Dieu aussi qui nous parle. Dieu s'adresse à chacun d'entre nous, Il appelle par son nom, par les secrets les plus profonds du cœur, Il appelle chacun d'entre nous, pour nous conduire à sa rencontre pour que se révèle à nous le sens de notre vie. Notre vie n'a de sens qu'à partir de cette rencontre mystérieuse, profonde avec Dieu, qu'à partir de cet appel qui vient nous saisir dans notre cœur.

Frères et sœurs, en ce temps de l'Épiphanie, où Dieu se manifeste à nous, laissons le Christ nous appeller, écoutons cet appel, prêtons l'oreille à ces mots si mystérieux et si profonds que Jésus nous adresse, laissons-nous investir par cette rencontre, laissons-nous transformer par cette relation. Que toute notre vie s'illumine à partir de ce regard du Christ qu'Il a posé sur nous : "Venez et voyez. Viens et vois". Jésus dit à chacun d'entre nous ces paroles afin que nous découvrions à travers son regard ce que nous sommes vraiment.

 

 

AMEN

 

 
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