AU FIL DES HOMELIES

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PROLOGUE DE MARC

1 S 8, 10-22 ; Mc 1, 9-15

Mardi de la première semaine de l'Épiphanie – A

(9 janvier 1990)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

E

n ce prologue de l'évangile selon saint Marc, nous pouvons entendre aussi le prologue du monde. Ce premier jour décrit par saint Marc ressemble au premier jour de la création.

Un homme, un homme seul dans le désert, poussé par l'Esprit. Un homme dans un lieu qui n'est pas achevé, qui ressemble à ce tohu-bohu décrit par le premier verset de la Genèse. Un homme qui est aussi la Parole de Dieu. Un homme aux prises avec Satan avec le désordre. Au-dessus de Lui, l'Esprit plane comme une colombe. Et aux premiers versets de la Genèse "l'Esprit planait sur les eaux !" Mais les eaux se sont retirées et la terre, autrefois fertile, a fait place à un désert dans lequel le Nouvel Adam erre dans un combat contre ce qui s'opposait à la fertilité du monde. De même cet homme est aussi "le Fils bien-aimé", Celui sur qui repose toute la faveur de Dieu. Homme qui vit avec les bêtes sauvages, homme du premier jour du monde, homme du premier jour de tout homme "et les anges le servaient". le monde in­visible n'est pas étranger à ce premier jour de la Créa­tion ou à ce nouveau premier jour de la Création car les anges sont là comme ils étaient là d'ailleurs au premier jour, lorsque Dieu dessinait le monde dans lequel Il allait mettre l'homme.

Ces similitudes, assez légères j'en conviens, peuvent nous faire pressentir qu'il y a en Jésus-Christ un nouvel homme, un nouvel Adam qui ré-ouvre l'histoire. Et justement l'évangile de Marc nous fait entendre ces "premiers temps" du Christ sur la terre, comme les premiers temps de Celui qui va ré-ouvrir l'histoire et donc la pré-orienter dans un autre sens."Nouvel Adam", on pourrait dire aussi nouveau Moïse, nouvel Elie. Autant de prophètes, autant de personnages qui ont préfiguré, qui ont dessiné à l'avance la figure du Messie. Et Jésus les rassemble en sa seule personne. Il est le Nouvel Adam qui ouvre l'histoire.

Alors nous qui lisons, qui relisons ces pre­miers moments de l'évangile, entendons-le comme ce grand souffle, entendons comme Dieu voulant ré­écrire, avec son Fils, l'histoire de l'homme. Et Celui qui ouvre la porte de cette nouvelle histoire, c'est le Christ. Et ceux qui vont suivre, ce sont tous les hom­mes qui s'avancent, dans une histoire toujours nou­velle, car désormais, si Satan est déjà placé aux pre­miers postes de l'évangile, c'est qu'il sera l'objet de la victoire totale du Christ sur lui. Et nous pouvons avancer sans crainte, dans un désert de nouveau fer­tile, car l'homme qui marche devant nous et qui est Dieu l'a vaincu à tout jamais.

 

AMEN


 

 

 
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