AU FIL DES HOMELIES

Photos

NUL N'EST MONTÉ AU CIEL SINON CELUI OUI EN EST DESCENDU

1 S 16, 14-23 ; Jn 3, 13-21

Mardi de la première semaine de l'Épiphanie – B

(8 janvier 1991)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

 

L

orsque nous lisons le dialogue de Nicodème avec Jésus cela peut nous paraître assez éloi­gné de ce que nous venons de célébrer au moment de Noël. Pourtant cela en est tout proche ou plus exactement cela nous invite à élargir notre regard sur le mystère de l'Incarnation.

Saint Jean dans une des formules très brèves et très ramassées dont il a le secret nous rapporte cette parole de Jésus à Nicodème : "Nul n'est monté au ciel sinon Celui qui est descendu du Ciel." Le Christ af­firme ainsi son origine divine. Cette parole a le même contenu que le début de l'évangile : "Au commence­ment était le Verbe, et le Verbe s'est fait chair !" C'est l'origine divine du Christ. Et c'est la raison pour la­quelle, un peu plus loin, Il est précisément appelé l'envoyé. Mais immédiatement Jésus fait suivre cette réflexion sur son origine divine par le fait qu'Il est appelé à remonter auprès du Père. Et Il prend alors pour référence cet épisode de la vie de Moïse qui a élevé le serpent d'airain dans le désert pour guérir les Israélites piqués par les morsures des serpent et dont la vie était en danger.

Autrement dit, à travers ce dialogue avec Ni­codème, c'est ce grand mouvement du salut. Le Christ vient du ciel pour nous conduire auprès du Père. En même temps qu'Il est descendu du ciel, Il est élevé. Et Jésus dit déjà, la manière mystérieuse dont Il sera élevé sur le signe du bois, sur le signe de la croix. Ceci nous permet de comprendre le sens profond du mot envoyé. Habituellement, dans les délégations antiques, dans les procédés de diplomatie ancienne, les envoyés n'avaient pas d'autre pouvoir efficace que celui pour lequel ils avaient été commis et envoyés. L'envoyé venait apporter les conditions d'un traité de paix, mais ce n'était pas lui, à proprement parler, qui traitait la paix. Or ici Jésus nous dit qu'Il a été envoyé non pas pour condamner mais pour montrer au monde son péché et le sauver. Nous comprenons ce que veut dire l'envoyé. L'envoyé, c'est Celui qui est venu du ciel non pas simplement pour nous dire ce que le Père avait à nous dire, mais pour nous entraîner dans la dynamique même de cette descente et de cette re­montée à travers le mystère de la croix, pour nous re­conduire auprès du Père.

Ainsi donc, lorsque nous célébrons le mystère de Noël, nous ne célébrons pas simplement la des­cente du Fils de Dieu parmi nous, nous ne célébrons pas simplement ce moment où Jésus est l'envoyé au sens de Celui qui est venu, qui s'est arrêté là, qui a fait une station parmi nous sur la terre, mais nous fêtons l'envoyé dans ce sens plus spécial de Celui-là même qui vient du ciel pour nous conduire au ciel. De telle sorte que le mystère de l'Incarnation et le mystère de la glorification de la Pâque par la mort et la résurrec­tion du Christ sont tout un. Noël nous ouvre déjà au mystère de la Pâque et nous ne pouvons pas fêter Noël en dehors de la perspective pascale de l'éléva­tion du Fils de l'Homme à l'image du serpent d'airain dans le désert.

Que ceci nous ramène à ces éléments fonda­mentaux de notre vie chrétienne. Jésus ne nous est pas envoyé à nous comme un juge qui viendrait simple­ment nous dire : cela est bien, cela n'est pas bien. Jé­sus nous est envoyé dans ce véritable dynamisme profond de l'existence chrétienne de tout homme, comme de dynamisme profond par lequel l'envoi même du Fils est comme cette espèce d'énergie ciné­tique qui vient nous traverser par la grâce et nous conduire au-delà de nous-mêmes, là où Lui-même est entré le premier, à travers son exaltation, sa mort et sa résurrection, dans le cœur du Père.

 

 

AMEN

 

 
Copyright © 2019 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public