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L'ÉPOUX ANNONCÉ PAR JEAN

1 S 1, 9-20 ; Jn 3, 22-30+4, 1-3

Mardi de la première semaine de l'Épiphanie – C

(9 janvier 2001)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

F

rères et sœurs, cette fête de l'Epiphanie qui va se prolonger pendant plusieurs semaines, ras­semble en fait plusieurs évènements qui ont ceci de commun d'être la manifestation de Jésus comme Fils de Dieu. Dimanche dernier nous avons davantage considéré les mages d'Orient, venus en ambassade au nom de toutes les nations païennes, reconnaître dans l'Enfant de la crèche le Messie, le Sauveur promis. Dimanche prochain, nous contem­plerons davantage la manifestation du Christ au Jour­dain, quand au moment où Il est baptisé par Jean, le ciel s'ouvre, l'Esprit descend et la voix du Père pro­clame qu'Il est son Fils bien-aimé, et le dimanche suivant nous verrons le Christ se manifester à ses disciples aux noces de Cana, en accomplissant le premier miracle, le changement de l'eau en vin, se manifestant ainsi comme l'Epoux de l'Église nais­sante, puisque c'est Lui qui prend la place du jeune époux qui n'avait pas su pour ses noces, prévoir suffi­samment de vin.

Le texte d'aujourd'hui réunit plusieurs de ces thèmes. En effet, il y est question de Jean-Baptiste, du baptême par lequel Jean a rendu témoignage à Jésus, et il nous est précisé que Jésus fait sien ce baptême que Jean a inauguré, en quelque sorte inventé, et Jésus va transformer ce baptême de purification, de péni­tence en un baptême d'Esprit Saint, celui que nous chantions tout à l'heure : "Le jour où Dieu nous a manifesté son amour, par le bain du baptême qui re­nouvelle dans l'Esprit". Jésus va donc prendre la suite de Jean, et à partir de son propre baptême au Jourdain, transfigurer le geste de Jean pour en faire le baptême chrétien, celui dans lequel nous avons tous été plon­gés au début de notre vie croyante. En même temps, à l'occasion de ce fait que Jésus baptise, et que les dis­ciples de Jean ont l'impression qu'Il concurrence leur Maître, Jean va faire une déclaration très profonde, fondamentale. Il reconnaît la supériorité de Jésus qu'il n'a cessé d'affirmer : "Celui qui vient après moi est passé devant moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de ses sandales", aujourd'hui, il va affirmer cela même que les noces de Cana mettront en image, il va affirmer que Jésus est l'Epoux promis à l'huma­nité, qui vient s'unir à cette humanité, par ces noces nouvelles qui s'accompliront tout au long de la vie du Christ et plus particulièrement à la croix. Jésus est l'Epoux, et lui, Jean doit s'effacer devant cet Epoux, car il n'est que l'ami de l'Epoux, celui qui introduit l'Epouse auprès de l'Epoux et qui les laisse seuls dans la chambre nuptiale, se contentant de mettre sa joie et la plénitude de sa joie à entendre leurs voix, dans ce dialogue d'amour intime profond, que Dieu est venu établir entre Lui et cette humanité qu'il sauve pour en faire l'Église. Ainsi, ces paroles de Jean-Baptiste, l'acteur principal du baptême de Jésus, annonce la manifestation de Cana, celle où Jésus se révèle comme l'Epoux de l'Église. C'est nous manifester ainsi que ces différents évènements apparemment disparates et éparpillés dans le temps, même s'ils sont tous dans les débuts de la vie de Jésus, ces différents évènements sont profondément unis et liés. Si Jean-Baptiste a baptisé Jésus, ce n'est pas pour manifester une supériorité par laquelle il le purifierait, mais c'est au contraire pour s'incliner devant Lui comme devant l'Epoux qui seul peut apporter à l'Epouse les noces de la joie éternelle.

Laissons-nous introduire ainsi dans ce mys­tère de la manifestation du Christ. Il est venu nous sauver par le bain du Baptême qui nous renouvelle dans l'Esprit et qui ainsi nous introduit dans ces noces éternelles que Dieu nous promet et auxquelles Il nous fait déjà participer dès ici-bas.

 

 

AMEN