AU FIL DES HOMELIES

Photos

L'ÉPOUX ET L'ÉPOUSE

1 R 17, 7-16 ; Jn 3, 22-30 et 4, 1-3

Mardi de la première semaine de l'Épiphanie – C

(9 janvier 2007)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

J

ésus se manifeste. Ce temps de l'Épiphanie nous montres ses premières fois où Jésus se révèle, celui qui va être confessé comme le Fils de Dieu. Le passage que nous avons entendu c'est dans les premiers chapitres de saint Jean où Jésus commence son ministère en Judée. Cela dit, Jésus se manifeste, mais Il ne se manifeste pas tant en fait, qu'Il est manifesté et c'est à travers la parole de saint Jean-Baptiste qui rend témoignage. Déjà des discussions s'élèvent, et des exégètes, et des historiens pour savoir si Jean-Baptiste n'avait pas plus d'aura que Jésus. Y a-t-il eu concurrence, c'est une affaire qui n'est pas encore déterminée.

Toujours est-il que l'évangile en revanche nous manifeste ici chez saint Jean, le lien entre saint Jean-Baptiste et Jésus. Le lien qu'ils entretiennent, c'est celui qui permet à Jean-Baptiste non de rapporter à lui non une quelconque aura divine, mais que tout dans son action puisse justement manifester qui est le Christ avec cette phrase que l'on a entendue à la fin de son discours : "il faut que lui croisse et que moi je diminue". Dans cette vertu d'humilité, le Christ en fait question essentiellement de bien manifester le type d'alliance que Dieu vient désormais conclure avec l'humanité. Si Jésus s'incarne et naît dans notre monde c'est pour ensuite annoncer le Royaume et faire que ce Royaume devienne le lieu même de toute l'humanité rassemblée et rachetée par le sang de l'Agneau.

C'est pourquoi saint Jean-Baptiste parle de l'image que Jésus lui-même va reprendre, peut-être la plus parfaite pour montrer ce rapport entre Dieu et l'humanité qui est le rapport sponsal, c'est-à-dire ce rapport qui concerne toutes les relations entre un époux et son épouse. C'est pourquoi Jean-Baptiste témoigne en disant : "Je vous ai dit que je ne suis pas le Christ, que je suis envoyé devant lui" et il manifeste : "qui a l'épouse est l'Epoux". Cette image parcourait déjà tout l'Ancien Testament, tout particulièrement, tout particulièrement le livre du prophète Osée que prenant justement ce type même de la relation sponsale, Dieu dit d'une humanité qui se prostitue parfois, d'Israël qui le quitte et va vers d'autres dieux : "Je conclurai pour eux une Alliance en ce jour-là, avec les bêtes des champs, avec les oiseaux du ciel, les reptiles du sol". C'est ce que nous avons entendu tout dernièrement. "Je te fiancerai à moi pour toujours, je te fiancerai dans la justice et le droit, dans la tendresse et la miséricorde. Je te fiancerai à moi dans la fidélité et tu connaîtras le Seigneur". C'est le même appel que l'on retrouvera dans l'Apocalypse lorsque toute l'humanité rachetée est invitée au festin des Noces de l'Agneau. Il s'agit bien sûr du Christ qui rassemble dans la véritable Alliance tous les peuples, de races, langues et nations pour qu'ils puissent continuer à vivre éternellement de cette Alliance c'est-à-dire du don et de son amour, de sa vie pour tous les hommes.

"Qui a l'épouse est l'Époux". Ainsi, saint Jean-Baptiste manifeste ainsi ce que l'Église aimera à se reconnaître, qu'elle est l'épouse du Christ. Elle est l'épouse parce qu'elle est aimée et que l'Époux lui a donné sa vie. "Je verse mon sang pour vous, et pour la multitude en rémission des péchés. Vous ferez cela en mémoire de moi". "Sang de l'Alliance nouvelle et éternelle", ce que dira saint Paul dans la première épître aux Corinthiens : "maris, aimez vos femmes comme le Christ a aimé l'Église, Il s'est livré pour elle". Et dans cette Église de laquelle nous faisons partie, Il nous est demandé de comprendre combien Dieu chaque jour nous propose de se fiancer à nous dans la tendresse et la miséricorde, c'est le sens même de l'eucharistie et de cette vie donnée, ce corps livré. Mais c'est aussi continuer la mission de Jean-Baptiste qui poursuit : "Mais l'ami de l'Époux qui se tient là et qui l'entend, est ravi de joie à la voix de l'Époux, telle est ma joie et elle est complète". C'est certainement cela la véritable action de grâces, non seulement de rendre grâces pour le don de la vie de Dieu, mais rendre grâces aussi pour tous ces hommes et toutes ces femmes qui rencontrent Dieu, pour tous ces hommes et toutes ces femmes qui entrent en communion avec lui. On se réjouit en tant que chrétien de ce que le salut puisse vivre dans le cœur et dans la vie de celui que je rencontre, dans le cœur et dans la vie de mon prochain.

 

AMEN

 

 

 

 
Copyright © 2019 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public