AU FIL DES HOMELIES

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LE REGARD DE JÉSUS

1 Jn 3, 18-24 ; Jn 1, 35-42

Mardi de la première semaine de l'Épiphanie – A

(4 janvier 2011)

Homélie du Frère Benoît TISSOT

Le lac de Tibériade

 

F

rères et sœurs, nous connaissons presque par cœur cette page d'évangile qui nous est bien familière. Peut-être que chacun nous la portons dans notre cœur d'une manière particulière, comme une page d'évangile qui illustre notre vocation, le fait que nous aussi nous avons été saisis par le Christ et que nous nous sommes mis à sa suite, chacun à sa manière.

Nous pouvons reconnaître dans cet évangile trois choses qui nous sont proches, que certainement nous avons vécues, pour devenir disciples. Vous avez remarqué dans l'évangile, une chose qui me frappe beaucoup, tout le monde est en mouvement, tout le monde s'agite, ça va, ça vient. Jésus se ballade, les disciples sont autour de Jean-Baptiste, ils cherchent, ils voient Jésus, Jean-Baptiste les envoie vers lui. Les disciples vont en chercher d'autres, leurs frères. Il n'y a que Jean-Baptiste qui, apparemment, est comme figé, peut-être pour s'effacer devant celui qui est en mouvement, devant le Christ. Il y a toute cette vie, et c'est au cœur même de cette agitation, de ce mouvement que les disciples vont être choisis par le Christ pour être à sa suite. Peut-être que chacun de nous, nous avons pu faire cette expérience que c'est au cœur même de notre mouvement intérieur, de notre quête intérieure, au cœur même peut-être des événements agités de notre vie, que nous avons fait la rencontre du Christ.

La deuxième chose, c'est que les disciples ne rencontrent pas le Christ d'eux-mêmes, ils ont eu besoin de quelqu'un. André a eu besoin de Jean-Baptiste, Simon-Pierre a eu besoin d'André. Nous avons peut-être fait cette expérience que pour connaître le Christ, cela n'a pas été une illumination intérieure d'un coup, en nous-même sans l'intervention de quelqu'un d'autre, mais chacun a été amené par quelqu'un de notre famille, par un ami, par un membre de la communauté ecclésiale, par un prêtre ou une religieuse, je ne sais pas, nous avons tous été amenés par quelqu'un devant le Christ.

Le troisième élément, à mon sens c'est le plus beau, qu'on n'aura jamais fini de contempler. Vous avez remarqué qu'à chaque fois, Jésus regarde ceux qui veulent venir à sa suite, et que ce regard est décisif. Il se retourne vers les deux disciples de Jean-Baptiste qui veulent le suivre, j'imagine que s'il se retourne c'est pour les regarder, pour croiser leur regard, et on nous dit que Jésus regarde Pierre d'une manière particulière pour qu'il vienne à sa suite, pour lui donner sa vocation propre de disciple.

Si nous sommes chrétiens, si nous sommes disciples de Jésus-Christ aujourd'hui, si nous sommes là à l'eucharistie, c'est que nous nous sommes laissés saisir, séduire par ce Seigneur qui nous regarde, et qui nous regarde dans un regard d'amour, plein de miséricorde, plein de tendresse. Nous avons osé lever les yeux pour croiser son regard et nous y avons découvert toute la vie dont nous voulons vivre, tout l'amour dont nous désirons être aimés, nous avons découvert ce regard qui nous fait nous avancer avec confiance dans la vie, ce regard de celui qui ne condamne pas, mais de celui qui appelle à sa suite, de ce Dieu, de ce Seigneur qui est plus grand que notre cœur.

Qu'à travers cette méditation, nous puissions redécouvrir notre propre vocation chrétienne, et que chaque jour, parce que je crois que ce n'est jamais fini, de rester dans ce mouvement à la suite du Christ, de continuer à nous laisser accompagner par l'Église, par nos frères sur le chemin de la vie de disciples, et puis de toujours désirer rester sous le regard aimant de notre Seigneur.

 

 

AMEN

 

 
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