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DIEU SE RÉVÈLE PAR SES TEMOINS

1 Jn 5, 5-12 ; Jn 3, 31-36

Samedi de la première semaine de l'Épiphanie – B

(11 janvier 2003)

Homélie du Frère Yves HABERT

 

J

ean le Baptiste n'a pas encore été mis en prison, il témoigne. J'avoue avoir été très surpris par ce témoignage, déjà il annonce la Trinité, presque. "Celui que Dieu a envoyé prononce les paroles de Dieu, car Il donne l'Esprit sans mesure. Le Père aime le Fils et il a tout remis dans sa main". C'est étonnant d'avoir fait basculer Jean au-delà de Noël, nous avons tout à coup un Jean qui fait une confession explicite­ment trinitaire.

Cela nous invite à réfléchir sur le rôle du té­moin. Le premier texte, la première lettre de saint Jean nous a parlé du témoignage que Dieu se rend à Lui-même. Ici, on a Jean-Baptiste qui témoigne aussi. Nous nous interrogeons souvent sur la foi, la nôtre, ou quelquefois la foi de ceux qui n'ont pas la foi ou qui l'ont perdue, qui ne l'ont jamais eue, qui ont du mal à croire, c'est notre mari, notre frère, notre sœur, notre meilleur ami, et ils peinent sur le chemin de la foi. La foi est une réalité assez mystérieuse et il est extrême­ment rare et pas très conseillé de dire qu'on entend parler Dieu en direct, parce que Dieu ne parle jamais en direct. C'est toujours quelqu'un qui nous a parlé de Dieu ? C'est très rare que Dieu comme cela à une personne en direct. C'est toujours un témoin qui nous livre la foi. C'est par les témoins que nous avons connu la foi. Il y a comme une sorte d'analogue dans la Trinité, où Dieu se rend témoignage à Lui-même : dans le mouvement même de Dieu, il y en a trois qui rendent témoignage, l'Esprit, l'eau et le sang, et le Père qui témoigne du Fils. Déjà en Dieu même, il y a une sorte d'analogue du témoignage.

Même Jean-Baptiste, le plus grand des en­fants des femmes, lui aussi témoigne. La foi, c'est un peu comme un restaurant chinois. On va pouvoir pas­ser tous les jours devant cette façade, cette vitrine qui n'est généralement pas très éclairée, complètement opaque. On va pouvoir passer pendant des années devant, et tout d'un coup, il y a une effluve, on sent quelque chose. Un jour, on va s'arrêter, on va regarder le menu et on ne va pas comprendre grand-chose, jusqu'à ce que quelqu'un nous dise : si, il est bon ! Rentrer, se risquer, entrer dans quelque chose de très différent, s'il n'y a pas de témoin. Mais il y a d'abord cette grâce de Dieu qui nous encourage, qui nous pousse à poursuivre. Il y a aussi le rôle du témoin qui est indispensable.

Je crois que la fête de Noël, la fête de l'Épi­phanie, de Dieu qui se manifeste Lui-même ne gomme pas le rôle du témoin, et c'est peut-être ce qui est dit dans ces deux textes.

 

 

AMEN