AU FIL DES HOMELIES

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LAISSE-MOI FAIRE

1 Jn 5, 1-4; Mt 3, 13-17

Vendredi de la première semaine de l'Épiphanie – B

(11 janvier 1985)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

Q

 

uand Jésus s'approche du Jourdain, Jean-Baptiste est saisi d'une crainte, d'une frayeur et la liturgie nous dit qu'il craignait d'être brûlé en approchant la main de son Sauveur. De fait Jean refuse de baptiser Jésus parce que le baptême était un geste de pénitence, un geste de conversion, un geste par lequel on se reconnaissait pécheur. Et c'est pourquoi Jean dit à Jésus : "C'est moi qui devrais être baptisé par Toi !" Mystérieusement Jésus répond à Jean-Baptiste : "Il nous faut accomplir toute justice". Dans le langage biblique accomplir toute justice c'est parvenir à la droite réalisation de la sainteté. La justice c'est la sainteté de Dieu et elle se répand dans les hommes en redressant les chemins des hommes, en les convertissant à la sainteté de Dieu. Jésus veut donc dire : pour que la sainteté de Dieu reprenne place sur la terre, cette sainteté qui en avait été chassée par le péché de l'homme, il faut effacer le péché des hommes. Jésus laisse entendre par ce geste du baptême qu'Il se met au nombre des pécheurs, qu'Il vient prendre sur Lui le péché des hommes pour l'effacer, pour le purifier pour l'expier, pour apporter à cette humanité privée d'amour, ce surcroît d'amour dont elle a besoin.

En recevant le baptême des mains de Jean-Baptiste, Jésus inaugure donc la Passion, la Rédemption par laquelle Il prendra sur lui tout le péché du monde. Et dans le moment même où Jésus prend ainsi le chemin qui le conduira jusqu'à la croix, le ciel s'ouvre le ciel s'ouvre, c'est-à-dire la communication entre Dieu et les hommes qui était rompue par le refus, par le péché de l'homme qui n'avait pas voulu être en dépendance d'amour à l'égard de Dieu, cette communication est rétablie. Le ciel s'ouvre, c'est-à-dire le ciel et la terre entrent en communion. Et c'est quand Jésus remonte de l'eau que le ciel s'ouvre. Saint Grégoire de Nazianze dit qu'en remontant de l'eau après son baptême, Jésus entraîne avec Lui le monde tout entier désormais sauvé, désormais sanctifié car, dans ce baptême déjà, toute la Rédemption, toute la croix est non seulement annoncée mais inaugurée et commencée.

C'est pourquoi, de ce ciel ouvert vers lequel le Christ élève avec Lui le monde tout entier, de ce ciel ouvert peuvent venir à la fois l'Esprit Saint et la voix du Père. L'Esprit Saint c'est-à-dire la vie même de Dieu de nouveau communiquée aux hommes, la source de vie de nouveau ouverte, cette source qui jaillira du coté du Christ transpercé sur la croix au moment où ce mystère de Rédemption inauguré dans son baptême s'accomplira en plénitude, cette source de l'Esprit Saint nous est ouverte. Nous pouvons de nouveau être des vivants de la vie même de Dieu qui est à la racine et au terme de notre existence. Et en même temps, parce que nous recevons l'Esprit, parce que nous recevons le soufflé vital de Dieu, nous sommes adoptés par Dieu comme ses enfants : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j'ai mis tout mon amour !" Le Christ est le Fils Bien-aimé, et nous, en participant à cet Esprit, nous devenons les enfants de Dieu. L'adoption filiale qui est le dessein de Dieu à notre égard pourra se réaliser. En Jésus-Christ, nous serons adoptés.

 

AMEN

 
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