AU FIL DES HOMELIES

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DIEU SE SERT DE QUI IL VEUT !

1 Jn 5, 1-4 ; Jn 3, 31-36

Vendredi de la première semaine de l'Épiphanie – A

(11 janvier 2008)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

 

C

e passage d'évangile est le témoignage de difficultés au temps de Jean-Baptiste et des premières communautés chrétiennes, sur la référence à l'action de Dieu dans la vie des hommes, sachant que cette action passe par d'autres hommes, tout particulièrement les apôtres ou en général les disciples.

Jean-Baptiste baptise, Jésus baptise, mais on précise que ce n'est pas Jésus qui baptise mais que ce sont ses disciples. Des discussions s'élèvent au sujet des purifications entre les disciples de Jean et un juif, ce qui amène à poser la question : "D'autres baptisent, Jésus lui-même …" Et ainsi de suite. On se rend compte qu'il n'y a pas eu que le baptême de Jean-Baptiste d'une part, éventuellement les disciples de Jésus, qui ont commencé à baptiser après Jean-Baptiste comme si on avait volé à Jean ce qui lui appartenait, le fait de baptiser. Il y avait certainement des sortes de prophètes qui eux aussi baptisaient. Ce devait être une pratique assez courante et régulière dans un contexte où justement on sentait qu'on avait besoin de conversion, de changer sa vie, et que le baptême manifestait un certain désir de changement et de purification. D'où la discussion qui naît sur baptême, purification, sachant que dans le culte officiel du temple, il y a un certain nombre de purifications qu'il fallait avoir accomplies.

Le fait de déterminer ce qui est le bien, le mieux, et aussi savoir répondre à un certain type d'interrogation est intéressant. Nous sommes dans un contexte où l'on se demande qui fait quoi, pourquoi le fait-il, comment cela se passe-t-il et quelle en est la signification. Et aux interrogations posées, Jean-Baptiste va répondre d'une manière tout autre : "Qui a l'épouse est l'époux, et l'ami de l'époux se réjouit". En prenant les choses d'une autre manière, actualisons le fait, cela peut nous poser la question comment justement nous-mêmes, nous arrivons à reconnaître l'action de Dieu dans le cœur des hommes et à nous en réjouir. Pourquoi ? Parce que dans l'Église, on pourrait longtemps discuter sur qui fait quoi, qui le fait le mieux, pourquoi le fait-il, il a tort ou il a raison, et quand je dis pourrait, c'est du conditionnel, on pourrait dire que c'est hélas ce qui existe très souvent dans nos communautés chrétiennes.

Jean-Baptiste ne se situe pas dans un contexte de rivalité. Il n'est pas pour la guerre des baptêmes et des baptisés, il n'est pas là pour dire : ceux-là m'appartiennent, ou c'est moi qui les ai évangélisés, ceux-là sont de mon écurie, c'est moi qui ai transmis, etc … Jean-Baptiste a accompli la mission qui était la sienne, et son ultime mission a toujours été de reconnaître la venue de Dieu comme de la préparer. De ce qu'il a fait, ce de que font les autres, tout cela n'est que le témoignage de l'ultime action de Dieu dans le cœur des hommes qui passe par qui Il veut, comme Il veut pour se donner. Dieu n'est jamais prisonnier de nos pratiques, de nos pensés ou de nos bonnes idées même missionnaires. Il est lui-même le premier à se donner et à savoir comment il veut le faire. Il demande simplement que notre monde (cela vaut pour notre Église), ne se transforme pas en combat d'Abel et Caïn pour savoir si le sacrifice d'Abel est plus important ou mieux que le sacrifice de Caïn, on sait dans quel bain de sang la rivalité a fini.

Jean-Baptiste nous donne la seule voie possible, c'est de se réjouir de ce que Dieu fait pour l'autre, même s'il n'est pas passé par nous pour accomplir et donner sa grâce.

 

AMEN

 

 

 

 
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