AU FIL DES HOMELIES

Photos

L'ESPÉRANCE EN LA RÉSURRECTION

Lc 24, 1-12

Vigiles du quatrième dimanche de l'Épiphanie – C

(27 janvier 1980)

Homélie de José FABRE

D

 

ans cet évangile de la Résurrection que nous connaissons bien, une phrase m'a frappé : "Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ?" C'est un réflexe pour l'humanité, lorsqu'elle est brisée par la douleur de se replier sur elle-même, de se pencher vers la terre et de chercher parmi les morts ceux qu'elle vient de perdre. Et l'apôtre et les disciples avaient perdu l'espoir de voir leur Seigneur Jésus.

Jésus leur avait dit qu'Il ressusciterait, et l'ange vient de le rappeler : "Il vous avait dit qu'Il devait souffrir, mourir, et qu'Il ressusciterait". Et pourtant, en ce matin de Pâques, les saintes femmes allaient vers le tombeau. Elles se préparaient à des préparatifs définitifs.

Et parmi les chrétiens, disciples du Ressuscité, qui savent, qui ont appris, un jour, que le Christ était ressuscité, et qu'il y avait de ses témoins, parmi les chrétiens, combien aussi, ont la même attitude. Combien, lorsqu'ils sont frappés par la mort d'un de leurs proches, ou quand ils pensent à leur propre mort, ne regardent dans la mort, que la fin de toute chose, la perte de leur être. Ils sont abattus, comme le dit saint Paul, comme ceux qui n'ont pas d'espérance. Ils se complaisent devant une tombe vide. Combien nous en connaissons qui font leur visite hebdomadaire, sinon quotidienne, au cimetière. On se replie, on cherche parmi les morts ceux qui ne sont plus.

Et quand on leur parle de vie, de résurrection, alors ils sont, comme les apôtres, comme les saintes femmes, tout étonnés, inquiets, consolés pendant un instant, éclairés par cette idée, silencieux, mais au fond du cœur, ils n'y croient pas trop, comme les apôtres , quand on leur parle : "Il est ressuscité, un ange l'a dit !" c'est trop beau pour que ce soit vrai. Il faut qu'on nous le prouve. Ces femmes sont folles. Elles radotent, dit l'évangéliste. La douleur leur a fait perdre les idées. Et l'évangile conclut : "Pierre était très étonné." Il ne comprenait plus. Oui, le mystère de la mort et de la résurrection nous dépasse. Mais, ce soir, en cette eucharistie où nous allons recevoir le Christ ressuscité, essayons de ranimer en nous cette certitude de la vie de ceux qui nous ont aimés, de la vie que nous aurons au moment où nous franchirons le seuil même de la mort, de cette seconde vie.

Devant un corps inerte, fut-il de l'un des nôtres, fut-il l'un de nos plus chers parents, devant une pierre tombale, puissions-nous redire la parole de l'ange : "Il n'est pas ici ". Il est revenu à la vie, car tout homme, son souffle biologique éteint, revient à la vie, à la vie même de Dieu, à cette vie qui n'a pas besoin de l'air de nos poumons, à cette vie qui est plénitude et qui ne finira jamais.

Nous sommes les disciples du Ressuscité, et saint Paul nous dit : " Si nous ne croyons pas que Jésus est ressuscité, si nous ne sommes pas fortement persuadés de notre propre résurrection, nous sommes les plus malheureux des hommes, car nous nous accrochons à des fables, à des illusions."

Alors, puissions-nous, non seulement le repenser pour nous, mais pour le partager aux autres, à ceux qui ont des doutes, à ceux qui cherchent, à ceux qui ont perdu l'espérance. Puissions-nous leur apporter la bonne nouvelle de la résurrection et redire ce que nous dirons, tout à l'heure, en recevant le Ressuscité, ce qui spécifie notre foi de chrétien: "Je crois en la résurrection des morts et à la vie éternelle".

 

AMEN

 
Copyright © 2019 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public