AU FIL DES HOMELIES

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L'APPEL DES DISCIPLES

1 R 19, 19 b-21 ; Jn 1, 35-51

Vigiles du quatrième dimanche de l'Epiphanie – C

(26 janvier 1986)

Homélie du Frère Michel MORIN

 

N

ous sommes au seuil final de l'Ancien Tes­tament puisque Jean se tient là. Cet évangile va nous conduire, d'une façon délicate et profonde, vers la fin ultime de l'homme Jean est là, témoin de l'Ancien Testament qui s'achève. Il est là avec deux de ses disciples. Ces deux disciples seront les premiers disciples de la Nouvelle Alliance. Cette Nouvelle Alliance est déjà révélée et manifestée dans sa plénitude, dans sa totalité, puisque le mystère de Pâques, le mystère du salut est déjà signifié : "Voici l'Agneau de Dieu !" Et il est signifié par la prépara­tion de l'Ancien Testament dont Jean-Baptiste pose le sceau, dont Jean-Baptiste pose non seulement la der­nière parole mais la parole qui récapitule ces deux mille ans d'histoire, ces deux mille ans d'amour, de tendresse et de fidélité depuis Abraham. "Voici l'Agneau de Dieu !" C'est non seulement le début de la manifestation du Verbe fait chair, c'est non seule­ment la désignation du commencement de l'accom­plissement de l'Écriture, mais c'est aussi la désigna­tion de la fin des temps. Cet Agneau, que désigne Jean-Baptiste, est déjà sur le trône. C'est déjà l'Agneau égorgé, l'Agneau vainqueur. Et déjà autour de Lui s'assemblent ceux qui portent leurs robes blan­ches, les disciples "car ils ont lavé leurs vêtements dans le sang de l'Agneau."

Les premiers disciples sont les prémices de tous les disciples que Jésus va appeler Vous l'avez remarqué dans cet évangile : Jésus n'appelle pas for­cément directement l'un ou l'autre, mais les uns Le suivent spontanément, alors que Jésus ne leur a rien dit. C'est le cas de Jean et d'André. D'autres, comme Simon-Pierre, vont être amenés à Jésus. Philippe, lui, va être appelé directement : "Viens et suis-Moi !" Pour Nathanaël, c'est un peu plus complexe car il est quelque peu réticent. Et cependant, à ce premier groupe de disciples qui quittent l'Ancien Testament, Jésus manifeste déjà ce pour quoi Il les choisit, eux, et ce pour quoi Il les choisit dans leur mission.

Ceci est contenu dans la dernière parole de Jésus, celle qu'Il achèvera Lui-même, au dernier jour du monde, au jour du Jugement, lorsqu'Il enverra ses anges pour la moisson : "Déjà les champs blanchis­sent." Quand les anges viendront, descendront du ciel vers la terre, c'est-à-dire qu'ils ouvriront eux-mêmes ce chemin du ciel aux hommes que le Christ aura choisis, que le Christ aura sanctifiés, que le Christ dans l'Église aura épousés. "En vérité, Je vous le dis : Vous verrez le Ciel ouvert et les anges de Dieu, mon­ter et descendre au-dessus du Fils de l'Homme." Ce n'est plus simplement un songe comme pour le pa­triarche Jacob, songe qui annonçait une réalité, com­mencement d'une révélation encore quelque peu floue dans la nuit de l'Ancien Testament. Mais c'est une promesse, c'est une promesse de réalité : "Vous verrez le ciel ouvert !"

Ce soir, puisque nous nous préparons à célé­brer la fête de l'appel des disciples, il nous faut réen­tendre dans notre cœur ces deux mots, celui de Jean-Baptiste : "Voici l'Agneau de Dieu !" C'est Celui-là que nous suivons. Nous savons quel est le chemin. C'est celui de la Pâque, c'est celui de la Résurrection et c'est celui de la louange, de la gloire manifestée et promise dans l'Apocalypse. Nous suivons l'Agneau de Dieu parce qu'Il est le chemin, parce qu'Il est la vie, parce qu'Il est la vérité. Et nous savons, de toute la certitude de notre foi, de tout le désir de notre cœur, de notre cœur d'homme, ce désir naturel, ce désir sur­naturel aussi que Dieu a déposé dans notre humanité au jour de sa création, ce désir qui est notre capacité de connaître un jour Dieu, tout ceci nous le savons, en vérité, nous conduira vers le ciel que nous verrons ouvert. A ce moment-là, les anges nous emporteront sur cette échelle, vers le Royaume. Et c'est cela même que nous chantons lorsque nous nous rassemblons quand l'un d'entre nous meurt. "Que les anges te conduisent dans le ciel pour que tu puisses, avec ton Seigneur, célébrer la Pâque éternelle dans la Jérusa­lem céleste."

Etre disciple, c'est porter dans son cœur toute l'attente, toute l'espérance, toutes les incertitudes, toutes les difficultés de l'Ancien Testament, mais c'est aussi savoir que tout cela est désormais sauvé, tout cela est désormais glorifié dans le sang de l'Agneau versé, et là sont les promesses de la vie éternelle.

Frères et sœurs, nous le verrons, vous le verrez, ce soir, ou demain, ou dans quelques années, peu importe cela est vraiment très secondaire, vous verrez le ciel ouvert et vous verrez le Fils de l'Homme. C'est cela aujourd'hui, être disciple.

 

AMEN

 

 

 
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