AU FIL DES HOMELIES

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INTRIGUES AUTOUR DU TRÔNE DE DAVID

1 R 1, 50-53 ; Mc 1, 201-28

Jeudi de la troisième semaine de l'Épiphanie

(22 janvier 2004)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

Semur-en-Auxois
Le roi David : peinture

O

n pourrait dire que l'affaire de la royauté en Israël est une affaire à rebondissements. On pourrait croire qu'après la complication qu'il y a eu de transmission de cette royauté entre Saül et David, sa succession suivante aurait pu apparaître plus tranquille. Il n'en est rien, et vous avez entendu aujourd'hui le début des déboires qui vont secouer le commencement du règne de Salomon, le successeur de David. Vous avez entendu l'affaire d'Adonias. Il s'était autoproclamé le successeur du roi David. Il suffit pour cela d'immoler quelques moutons, des bœufs, des veaux gras, etc … d'inviter des amis et de faire un grand banquet pour qu'une royauté de pacotille lui colle à la peau et que les gens le reconnaissent. Il avait fait l'erreur et la maladresse politique de ne pas inviter ni le prophète Nathan, ni son frère Salomon évidemment, ni d'autres officiers qui avaient servi sous l'ordre du roi David.

Entre Saül et David il y avait une opposition de tempérament. L'un était dans une position de rigidité, David est celui qui à travers la lyre, à travers son héroïsme de chevalier, de guerrier, va donner à la royauté d'Israël une coloration différente. Salomon continuera dans la direction de son père David, mais il deviendra encore plus bâtisseur que ne l'avait été David. Il va être obligé comme son père, d'éliminer les autres prétendants. Il y a un événement que nous avons lu dans le livre des Rois, où l'on parle de la consécration. Salomon devient le "oint", il est consacré comme l'ont été avant lui, David et Saül. On pourrait croire que cet événement suffit, mais Salomon va continuer cette guerre interne à la cour, et Adonias sait bien qu'il n'a rien à gagner. Un peu plus loin, nous lirons qu'Adonias ira voir la mère de Salomon, Bethsabée, qui avait intrigué pour être certaine que son fils succéderait au trône de David, et il va lui demander une faveur en échange de ne pas recevoir le trône : il demande la dernière femme de David. Là, vraiment on rentre dans le magazine du livre des Rois, Adonias réclame Abishaï, celle qu'on avait envoyé pour réchauffer le vieux David dans son lit, dont on précise d'ailleurs qu'elle le servit, mais qu'il ne la connut pas (ce qui veut tout dire !).

Cet Adonias fait très peu de cas de la royauté, apparemment, ce qu'il veut, c'est être roi à la place de David, comme David, le remplacer, point à la ligne. Alors que Salomon va développer une autre personnalité. Mais tous ses déboires, ceux qu'on trouve d'ailleurs dans tous les livres d'histoire des successeurs des rois, qui sont toujours l'occasion de drames et de tragédies dans les cours, tous ces drames se déroulent sous la question : qu'est-ce que Dieu veut, où est la volonté de Dieu ? Comment discerner la volonté de Dieu à travers les intrigues de la cour ? On a l'impression que Dieu veut et à la fois, ne veut pas cette royauté. Il l'a accordée malgré lui. Il reste le roi d'Israël, c'est Lui le roi d'Israël, et ceux qui le représentent doivent simplement le représenter, et il y a comme une réticence divine à accorder un plein pouvoir au roi terrestre, le roi d'Israël. On retrouve cette même distance, cette même tension qu'il y a même dans l'Église entre nous qui devons représenter, qui sommes rois, et la véritable royauté de Dieu qui ne se laisse pas conquérir, que nous ne pouvons nous approprier cette royauté divine qui n'appartient qu'à Dieu, qui nous est promise et qui nous sera donnée, que nous ne pouvons pas lui voler.

 

AMEN

 

 

 

 

 

 
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