AU FIL DES HOMELIES

Photos

L'ÊTRE DE L'ÉGLISE, C'EST L'UNITÉ

Ep 4, 1-16 ; Jn 17, 11 b +18-23

Lundi de la troisième semaine de l'Épiphanie

(19 janvier 2004)

Homélie du Frère Bernard MAITTE

L'unité dans la diversité

L

e problème de l'unité dans l'Église est un problème récurrent. On le voit dans cette première lecture que nous avons entendu, celle de l'épître aux Ephésiens, ce long passage que l'on nomme l'appel à l'unité. En somme, dès les premiers temps de l'Église, dans la communauté des chrétiens d'Éphèse, saint Paul est obligé de rappeler que ce qui est essentiel à cette communauté, c'est le lien dans l'Esprit qu'est l'unité. Il développe ainsi trois réalités que l'unité dépasse.

La première que nous avons entendu, c'est celle de la discorde, où il ira jusqu'à dire : "Supportez-vous les uns les autres dans la charité". La deuxième réalité que l'unité dépasse, c'est celle qui, après la discorde, serait comme la jalousie entre les différents membres. Et saint Paul dit : "Il y en a qui sont docteurs, il y en a qui sont apôtres". C'est vrai, il y a des ministères différents parce qu'il y a des vocations, des charismes différents, il y a des appels différents. Mais ce qui surplombe toutes ces différences, c'est l'unicité de l'Esprit qui et donné à chacun : tous nous avons le même Esprit. La troisième réalité que l'unité dépasse, ce lien dans l'Esprit, c'est la foi erronée. Saint Paul dit : "Ainsi, nous ne serons plus balancés à tout vent de doctrine", nous ne serons plus simplement en train d'écouter, si on devait le dire aujourd'hui, ce qui nous fait plaisir, ce que nous aimerions entendre, ce que finalement nous croyons selon notre monde et ce qui nous suffit. La foi est plus large, et c'est la foi dans l'unité que la communauté doit vivre.

Ainsi, on le voit bien, cette unité est fondamentale à la communauté chrétienne. Et ce n'est pas simplement une réalité dont on serait obligé, de temps en temps, une fois par an d'en faire mémoire, en disant : oui, il y a quand même des chrétiens séparés, et il nous faut de temps en temps prier, parce que ce serait mieux si on était "un". Mais quand on réfléchit comme cela, c'est dire que grosso modo, on se contente vaille que vaille, qu'il y ait séparation dans l'Église. Cela n'empêche pas grand monde à l'heure actuelle de dormir sur ses deux oreilles, que l'Église soit séparée. Or, c'est certainement un vrai drame pour l'Église. Pourquoi ? parce qu'il y va de sa crédibilité. Que faisons-nous de cette Parole de Jésus qui est sa prière : "Que tous soient un comme nous sommes un". Et dans ce passage de l'évangile de saint Jean que nous avons entendu, c'est un leitmotiv : qu'ils soient vraiment "un". C'est un désir profond de Jésus, cela dépasse même l'idée que nous pourrions avoir de l'œcuménisme, ou de l'unité. C'est ontologique, c'est-à-dire que cela appartient à l'être même de la communauté chrétienne, de l'Église. En somme, quand tous les dimanches, nous confessons : "Je crois en l'Église une, sainte, catholique et apostolique", la première confession qui est proclamée de l'Église, c'est qu'elle est "une", c'est son unité qui est à l'image de Dieu : "comme toi et moi, nous sommes un" dans le lien de l'Esprit.

Alors, il me semble que l'expérience de l'unité devrait simplement, non pas être une belle idée, mais devrait être une expérience personnelle, de l'unité de notre être chrétien. Nous ne sommes pas chrétiens pour rien, on doit dépasser la discorde, on doit dépasser la différence, on doit ne pas être balancé à tout vent de doctrine, c'est-à-dire ne pas seulement se contenter de ce que j'ai en tête. Et puis, c'est une expérience communautaire, cette unité, et elle commence d'abord dans notre communauté, justement par le fait que nous dépassions nos discordes, nos jalousies et malentendus, et qu'à partir de cette toute petite graine d'unité que nous vivons dans nos vies, dans nos communautés, on peut peut-être espérer qu'un jour, cela dépasse amplement les communautés locales, et que l'on puisse un jour, en vérité, dire : "L'Église est une comme le Père et le Fils sont un". Et cela, c'est l'origine même de l'Église, c'est sa nature, et c'est son être. Tant qu'il y a encore des frères séparés, le corps du Christ est déchiré.

 

AMEN

 

 

 

 
Copyright © 2019 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public