AU FIL DES HOMELIES

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 UN SEUL SEIGNEUR

Ep 4, 1-16 ; Jn 17, 11 b+18-23

(18 janvier 1983)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL


Un seul baptême

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n seul corps, un seul esprit comme il y a une seule espérance au terme de l'appel que nous avons tous reçu, un seul baptême, une seule foi, un seul Seigneur qui est au-dessus de tous, en tous et par tous." La source de cette unité c'est UN SEUL SEIGNEUR. Un seul Seigneur, Père et Fils, "Toi en Moi et Moi en Toi, comme nous sommes un. Que tous soient un comme nous sommes un ". C'est de cette unité du Père et du Fils répandue dans nos cœurs par l'unique Esprit qui nous a été communiqué, c'est de l'unité de cet amour du Père pour le Fils dont l'Esprit Saint est la force vivante, c'est de cet amour que jaillit, que peut naître seulement toute unité dans le monde, dans l'Église. Un seul Esprit, jaillissant d'un seul Seigneur, et se communiquant à nous par un seul baptême et une seule foi. Un seul baptême qui est le fleuve de cette vie qui, du cœur de Dieu, vient jusqu'à nous pour que nous soyons plongés dans cette vie. Un seul baptême qui est le fleuve de l'unique Esprit car quand nous sommes plongés dans l'eau du baptême, c'est dans l'Esprit de Dieu que nous sommes plongés et c'est là que nous trouvons cette foi, c'est-à-dire cette lumière pour nos cœurs, cette illumination des yeux de notre cœur qui nous permet de concentrer tout notre être sur cet unique Seigneur, dans cet unique amour qui vient de cet unique Seigneur.

Une seule foi. Une foi qui n'est pas ceci ou cela, qui n'est pas le résidu de la confrontation de différentes opinions. Une foi qui est la plénitude de la révélation de Dieu, la plénitude de cette vie de l'unique Seigneur qui nous est manifestée, qui nous est révélée, qui nous est donnée. C'est pourquoi cette unité, pour laquelle nous prions aujourd'hui, ne peut pas être unité du plus grand commun dénominateur, ne doit pas être une unité au rabais ou par compromis. Elle ne peut être une unité que par plénitude et c'est pour cela que nous ne pouvons la recevoir que de Celui qui est la plénitude et qui donne cette plénitude qui est sa Vie. Nous ne pouvons nous réunir, chrétiens, les uns avec les autres, et au-delà de cette unité des chrétiens les uns avec les autres, nous ne pourrons nous unir avec l'Ancien Israël appelé lui aussi aux mêmes promesses, comme nous le chantions tout à l'heure, et en définitive l'humanité tout entière ne pourra croire et s'unir dans la foi, que si cette foi est la totalité de la révélation de Dieu. Ce n'est donc pas en minimisant notre foi, ce n'est pas par une tolérance mal comprise qui consisterait à sacrifier ceci ou cela, ou dans l'illusion que cela nous rapprocherait les uns des autres, c'est, au contraire, en creusant plus loin cette foi dans sa plénitude pour aller encore plus profond, c'est uniquement de cette manière-là, que nous pourrons trouver, ensemble, cette unité qui vient de Dieu.

Un seul baptême, une seule foi, une seule espérance. C'est cela qui est au cœur de notre prière aujourd'hui. C'est une espérance car pour le moment, l'unité, nous l'avons détruite. Par leur orgueil, par leur péché, les hommes ont détruit l'unité de la création, ils ont détruit l'unité de l'Église et nous sommes épars dans la division, dans l'incompréhension. C'est pourquoi, ce qui nous rassemble maintenant, c'est l'espérance. L'espérance c'est la certitude, contre toute apparence, que Dieu est plus fort que nos péchés, que Dieu est plus fort que nos divisions, que Dieu est plus fort que nos idées toutes faites, que la vérité de Dieu nous entraînera au-delà de nos divisions. C'est cette espérance qui est au cœur de notre prière.. L'espérance c'est la certitude de ce que l'on ne tient pas encore. C'est la certitude de ce que l'on ne peut pas voir. Et cette espérance c'est que l'unique Esprit nous rassemblera en un seul corps, que nous ne serons pas simplement les uns avec les autres, que nous ne constituerons pas seulement une société réunifiée, que l'Église ne sera pas simplement un rassemblement des hommes mais que nous serons véritablement intégrés en un unique corps, devenant membres les uns des autres, et tous membres du Christ qui vivra "tout en tous" et qui nous conduira précisément, comme Il le disait dans cette ultime prière avant sa mort, non pas à une unité d'ordre humain, moins encore à une unité qui serait d'ordre sociologique, mais à l'unité même de Dieu, l'unité de cet amour de Dieu qui fera que nous serons, non seulement un seul peuple, mais encore une fois un seul être avec Lui, communiant, participant à la vérité de Dieu, à l'amour de Dieu, à l'être unifiant que Dieu répand dans nos cœurs.

Que notre prière, chargée d'espérance, chargée de foi, que notre prière qui s'appuie sur la certitude de la promesse de Dieu soit forte dans nos cœurs malgré toutes les faiblesses de nos psychologies, de nos péchés. Que notre foi soit plus forte que tout.

 

AMEN

 

 

 
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