AU FIL DES HOMELIES

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CONTINUER LA ROUTE …

Pv 31, 10-31 ; Jn 17, 11 b-19

Mardi de la troisième semaine de l'Épiphanie

(20 janvier 2004)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

Manne : Prieuré Notre-Dame du Salagon

C

e que nous célébrons n'apporte pas une consolation puisque nous célébrons un départ et que la mort, quelle qu'en soit la forme sera toujours l'ennemie de l'homme et même l'ennemie de Dieu. Dieu ne veut pas que nous nous séparions, Dieu ne veut pas de nos blessures et de nos douleurs. Ce que nous célébrons aujourd'hui, c'est Elisabeth qui rencontre Dieu, c'est une rencontre totale. Vous pouvez penser, nous pouvons penser que cette rencontre a lieu bien trop tôt, que ce n'était pas le moment. Ce n'est jamais le moment. Mais au terme de cette vie si active, si dévouée, qui parcourt cette histoire de l'Europe, Dieu l'a accueillie pour qu'elle se repose, pour qu'elle se dépose. Il l'a accueillie dans son cœur de Père, et la rencontre qu'ils vivent en ce moment relit et reprend sans oublier personne tout ce qu'elle a aimé, tout ce qu'elle a dit, tout ce qu'elle a pensé, tout ce qu'elle a fait.

Quand Dieu la reçoit, et quand Dieu nous recevra, Il sera émerveillé de tout ce que notre humanité, tout ce que son humanité a inventé d'attention, tout ce qu'un cœur de mère peut inventer pour ses enfants, pour son mari, pour ses petits enfants. Même si le cœur du père est bien plus inventif, Dieu s'émerveille de savoir à quel point cet amour de mère, cet amour de femme est comme le sien. Ils se ressemblent.

Si cette mort apparaît toujours comme une rupture, une déchirure comme impossible à guérir, derrière, il y a autre chose. Ce qu'elle est maintenant nous apparaît plus clairement. Comme quelqu'un qui part et il nous faut quelque distance pour en découvrir l'énigme, le secret, ce qu'a été votre maman, votre épouse, votre grand-mère, va maintenant vivre en vous de façon différente, plus intime. Elle ne sera pas celle qui sera à vos côtés ou en face de vous, dévouée aux tâches, si oublieuse d'elle-même, mais elle va vivre en vous et elle va vous obliger à être vous-mêmes, plus que jamais. En partant, elle vous demande de continuer la route, de la continuer comme elle l'a fait elle-même, avec conviction, avec zèle, avec enthousiasme. Vous ne pouvez pas vous arrêter sur le bord du chemin. Elle ne voudrait pas que vous vous arrêtiez pour vous lamenter, elle vous veut vivants, toute votre famille, tous vos amis, elle veut que vous continuiez de ce qui l'a si profondément animée, qui continue même si nous ne le voyons pas, à vivre avec le cœur de Dieu.

Un jour, nous comprendrons avec, avec ses propres parents qu'elle a rejoint, avec tous ceux qu'elle a retrouvé dans le cœur de Dieu, nous comprendrons non pas que cette douleur et cette séparation étaient nécessaires, mais notre vie cela abouti ailleurs qu'ici. Nous ne sommes que de passage. C'est un voyage que nous faisons, et nous allons beaucoup plus loin. Nous allons au-delà de cette lumière terrestre, nous allons dans un autre royaume que justement les gestes simples et pauvres que nous allons faire aujourd'hui, dans cette célébration en sont le signe : la lumière d'abord, toutes ces fleurs signe de votre affection, puis le pain et le vin, cette nourriture de voyageurs, qui nous permet de nous sentir en route vers le cœur de Dieu, vers le cœur du Père qui rassemble tous ses enfants et qui n'en oublie aucun. Et Il n'a pas oublié Elisabeth, sa fille bien-aimée.

 

AMEN

 

 

 

 

 
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