AU FIL DES HOMELIES

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PÉDAGOGIE DE SAINT MARC

1 S 12, 16-25 ; Mc 2, 1-13

(23 janvier 1990)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

L

'évangile de saint Marc, dans son début, est extrêmement pédagogique. Après avoir mis en place autour du Christ les quatre premiers disciples, trois guérisons vont précéder le repas avec des pécheurs. La première concerne la belle-mère de Simon, puis vient celle d'un lépreux et aujourd'hui celle d'un paralytique.

Si la première nous montrait que le Christ est venu mettre de l'ordre dans ce monde abîmé par le péché, par le mal, la seconde met le doigt sur le désir de l'homme d'être sauvé : "Si tu le veux, tu peux me purifier !" La troisième guérison met le doigt sur l'in­tercession. En effet, le paralytique est incapable de faire par lui-même, il est donc dépendant des autres qui vont prendre un moyen ingénieux pour l'appro­cher du Christ en montant sur le toit. D'ailleurs le Christ considère non pas la foi du paralytique mais la foi de ceux qui ont intercédé pour lui.

Ces trois guérisons vont nous amener à une quatrième étape de cet évangile : l'appel d'un pécheur, de Matthieu lui-même. Cet appel ouvrira un ultime cercle qui sera le rassemblement de tous les pécheurs autour du Christ puisqu'on lui reprochera de manger avec les publicains et les pécheurs. "Je ne suis pas venu pour les bien-portants mais pour les malades."

Nous avons là, en quelques traits, le visage premier de l'évangile. Jésus ayant rassemblé ses dis­ciples, avance en tant que Sauveur, en tant que Maî­tre, en tant que Fils de Dieu, touchant chaque cercle abîmé, considérant le désir de l'homme d'être sauve, considérant non seulement le désir unique de chaque homme mais aussi le désir d'intercession que nous pouvons avoir les uns pour les autres, Il s'avance dans ce désordre comme un bateau dans la mer et son sil­lon va plus loin et touche le cœur même de l'homme pécheur qu'Il appelle ou avec qui Il prend son repas.

Saint Marc ne commence pas l'évangile en faisant dire au Christ : Je suis Jésus, Fils de Dieu, je viens accomplir l'Ecriture. Il n'y a pas de titre, pas de proclamation faite ex-cathedra dans l'évangile. Il y a cette approche progressive qui rassemble comme en un bouquet tous les éléments nécessaires pour, dou­cement mais sûrement, cerner la personne du Christ. Et cette personne du Christ se dessine, se devine non pas d'abord par ce qu'Il est Lui-même mais par l'ac­tion qu'Il a auprès de nous. Et aujourd'hui nous pou­vons le reconnaître si nous entrons dans ces cercles de malades ou de pécheurs. Il ne s'agit pas de nous situer comme reconnaissant ex abrupto le Christ comme Fils de Dieu. Nous ne pouvons entrer vraiment dans l'évangile que si nous sommes comme ces pécheurs, comme ces malades, animés d'un désir pour nous-même ou pour les autres, pour être sauvés.

En ce sens l'évangile est pédagogique car il nous indique la voie de la reconnaissance de la divi­nité du Christ, qui n'est pas purement intellectuelle de ce qu'Il est mais nous ne pouvons vraiment L'atteindre que par le désir et la foi qui nous sont proposés comme deux canaux d'entrée. Évitons de cérébraliser notre foi. Acceptons que l'évangile nous guide péda­gogiquement vers Celui qui est notre Maître par de désir et la foi qui sont en nous. Acceptons d'être conduits les uns par les autres à Celui qui peut nous rassembler et nous sauver. Et reconnaissons que là sera vraiment la proclamations du Fils de Dieu, non pas en des termes de connaissance mais dans le cœur de l'homme qui reconnaît en son désir la nécessité d'être sauvé pour devenir à sa suite lumière et sel de la terre.

 

AMEN

 

 

 
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