AU FIL DES HOMELIES

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UNE JOURNÉE DE JÉSUS

1 R 2, 1-4+10-12 ; Mc 1, 29-39

Mardi de la troisième semaine de l'Épiphanie – A

(19 janvier 1993)

Homélie du Frère Jean-Philippe REVEL

 

C

ette page d'évangile nous montre une journée-type de Jésus. Jésus va à la synagogue, Il prie, Il enseigne. Il guérit la belle-mère de Pierre et au soir on lui amène toutes sortes de malades et "la ville tout entière était rassemblée devant la porte." Cela se prolonge tard le soir et pourtant, bien avant le jour, le matin, Jésus se lève, sort seul pour aller prier. Et quand les apôtres avec Pierre viennent le chercher parce que la foule le réclame, Il s'en va dans un autre bourg car il faut qu'Il apporte la bonne nouvelle à toute la Galilée.

Nous voyons donc Jésus partagé entre la prière, tout seul, le matin, tôt, dans le désert, à la sy­nagogue avec l'assemblée de ses coreligionnaires, partagé entre la prière et le soin incessant des pauvres, surtout des malades, des possédés. Tard le soir, tôt le matin, sans cesse Jésus est donné, aux uns, aux autres, ou bien Il se recueille dans le face à face avec son Père. Toute la vie du Christ est ainsi donnée aux au­tres et tout d'abord à son Père qui est l'âme de toute son existence, la lumière qui lui permet de vivre. Puis, à partir de cette force puisée dans l'intimité avec son Père, Jésus ne cesse de guérir, de sauver, de prêcher, d'enseigner. Puis Il part dans un autre village.

"Allons dans un autre village afin que j'y prê­che aussi, car c'est pour cela que Je suis sorti." Non pas qu'Il soit sorti le matin de la maison, mais Il est sorti du Père. Si Jésus s'est apparemment éloigné quelques instants de ce face à face avec son Père, c'est par amour pour les hommes, pour les guérir, pour les enseigner. Incessamment c'est ce va-et-vient dans la vie du Christ entre le repos dans l'intimité du Père, dans l'amour intense, infini de la Trinité et cette acti­vité de guérison, d'amour des hommes, de mise à leur service.

Comme chrétiens nous sommes d'autres Christs. C'est dire que cette vie de Jésus doit être le modèle de notre propre vie qui doit se partager, elle aussi, entre l'amour de Dieu qui est un ressourcement permanent dans la prière, et puis l'amour de nos frères sous ses multiples formes. Nous ne sommes pas tous chargés de soigner les malades, mais d'autres activités familiales ou professionnelles nous accaparent et cha­que fois, c'est pour nos frères que nous devons donner tout notre temps, toute notre journée, tard dans la nuit, tôt le matin. Et si nous pouvons ainsi ouvrir largement à nos frères les portes de notre cœur pour qu'ils y trouvent le soutien, le réconfort, l'amitié, la force dont ils ont besoin, c'est parce que nous sommes nous-mêmes enracinés dans cette présence de Dieu, dans cette prière qui nous met en contact permanent avec Dieu. L'amour de Dieu et l'amour de nos frères ne sont pas des activités disparates, moins encore des activités qui se concurrencent, au contraire, plus nous nous enracinons dans l'intimité avec Dieu, plus nous sommes disponibles pour ouvrir notre cœur à nos frères, car il n'y a qu'un seul amour et c'est le même amour qui nous abreuve à la source de tout amour et qui nous rend capables de démultiplier cet amour que nous avons ainsi bu auprès de Dieu et de le distribuer à nos frères.

Que notre vie chrétienne, que notre vie hu­maine, que notre vie dans sa quotidienneté, soit faite de cet unique amour qui, à la fois, nous conduit vers Dieu et nous conduit vers les autres, pour que, de toute manière, rayonne cette présence sanctifiante, salvatrice, à partir de chacun de nous, tout autour de nous.

 

AMEN

 

 

 
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