AU FIL DES HOMELIES

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UNANIMITÉ ET NON UNIFORMISATION

Ep 4, 1-16 ; Jn 17, 11b+18-23

Mardi de la troisième semaine de l'Épiphanie – A

(18 janvier 2005)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

U

ne première perspective consisterait à croire que nous avons en cette semaine de l'unité à niveler nos différences, à tenter d'effacer ce qui nous caractérise dans nos différentes Églises et à faire un effort pour rejoindre les autres Église dans leur sensibilité et leurs rites. L'unité ne consiste pas en une uniformité, mais elle consiste en une unanimité, ce qui veut dire que nous ayons comme l'Église primitive, une seule âme, unanime, et que nous ayons le cœur à la prière, à l'appartenance de notre Église. Il ne s'agit pas d'uniformiser nos comportements, nos sensibilités, il y autant de réponses à Dieu que d'hommes. Même si nous nous retrouvons, nous, ici, dans une sensibilité catholique, et encore, nous ne serions pas forcément à l'aise dans d'autres sensibilités catholiques, il nous faut des lieux où la sensibilité la plus intime, presque sensorielle se trouve en communion, à l'aise et en paix. C'est pourquoi chaque église propose des liturgies dans lesquelles nous pouvons ensemble investir profondément.

Notre unité ne sera pas dans une sorte de définition de dénominateur commun, qui sera toujours une réduction de notre manière d'être avec Dieu, de lui répondre, de lui donner ce que nous sommes. La liturgie tout spécialement est un lieu de générosité personnelle, où nous avons à donner de nous-même, par notre prière, par le don intérieur que nous faisons, par le chant, etc … et cette générosité implique que nous soyons confiants les uns avec les autres. Il n'y a pas pire que des célébrations où la méfiance nous oblige à une sorte d'avarice spirituelle. Je ne sais pas comment vous le vivez, mais moi-même quand je ne suis pas à l'aise dans une célébration, j'ai l'impression de me rater moi-même. Ainsi, cela ne relève pas de cette uniformisation, ce serait une injure à Dieu et à la réponse que Dieu peut donner.

Nous avons à creuser plus encore là où nous sommes, nos appartenances à nos Églises. Non pas à les durcir, mais à les approfondir, à être au fondement. Plus nous sommes proches du Christ, plus nous serons proches du centre, de la tête et plus nous serons ensemble, unanimes. C'est parce que nous ne sommes pas assez fidèles à la sensibilité, à la manière de notre Église que nos Églises restent séparées. Il ne s'agit pas de niveler les différences mais d'en comprendre la plénitude, le pluriel des réponses éventuelles. Nous avions hier soir à la cathédrale, l'inauguration de la semaine de l'unité avec des frères orthodoxes de l'Église de Roumanie, grecs orthodoxes, protestants évangéliques réformés, et nous entendions des manières très différentes et savoureuses de parler à Dieu. Et ces différentes manières invitent ce que nous sommes à être de plus en plus profondément généreux dans l'Église, profondément généreux dans la manière d'être chrétiens. C'est cette générosité qui, loin de niveler les différences, les colore, les valorise.

Que cette semaine de l'unité nous permette de nous apprendre la fidélité qui n'est jamais l'exclusion de l'autre, mais qui est toujours :l'invitation à un plus grand approfondissement de nous-même, là où nous avons été posés, là où nous avons été reçus, là où nous sommes accueillis par le Christ lui-même qui est fondement de notre vie et des Églises.

 

 

AMEN

 

 
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