AU FIL DES HOMELIES

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LES DÉBUTS APOSTOLIQUES

2 Co 4, 16-5, 1 ; Mc 1, 40-45

Vendredi de la troisième semaine de l'Épiphanie – C

(27 janvier 1989)

Homélie du Frère Jean-François NOEL

 

N

ous sommes au début de l'évangile de Marc. Nous avons d'abord entendu le Christ annon­cer sa mission. "Le temps est accompli, le Royaume de Dieu est tout proche !" C'est pour l'ins­tant le seul titre qu'il prend pour définir sa mission auprès des hommes. Et dans ce premier chapitre de Marc on trouve trois types de réponse, trois cercles qui vont se répondre.

Le premier, le plus large, c'est celui des dé­mons. Juste avant cette première prédication, Jésus avait été tenté au désert. Il avait déjà "hameçonné" celui qu'Il est venu combattre, Satan, le diable. De fait le diable est bien pris à l'hameçon puisque c'est le premier qui répond et qui dira, à Capharnaüm, par la bouche du possédé : "Que nous veux-tu Jésus le Na­zarénien ?" le premier cercle qui répond à la mission de Jésus c'est le plus lointain, le plus distant, le plus profond. C'est la plus grande lutte dont tout l'évangile va être marqué, c'est celle qui va mener Jésus à la croix. De fait, avant même que le Christ dise qui Il est, (car quelle timidité de la part du Fils de l'Homme pour s'annoncer comme le Fils de Dieu, surtout dans l'évangile de Marc !), c'est l'esprit impur lui-même qui dit : "Je sais qui Tu es. Tu es le saint de Dieu !"Tu es Dieu ! car le mot saint n'appartient qu'à Dieu.

Le deuxième cercle c'est celui des malades, celui de tous ces gens qui courent de droite ou de gauche, avec des maladies diverses, et qui vont de­mander à Jésus la guérison et dont le lépreux se fait le porte-parole : "Si tu le veux..." je sais ta puissance, je viens à Toi, guéris-moi !" Et Jésus répond la même phrase : "Je le veux, sois guéri !" Prise en compte du désir humain.

Le troisième cercle, un peu plus loin, ce sera celui des pécheurs. Alors ceux-là vont se heurter aussi à Jésus. Parmi ces pécheurs, Jésus va choisir un des leurs, Lévi, Matthieu le publicain en lui demandant de le suivre. Et avec eux commence une première accu­sation sur le Christ : "Il mange avec les publicains et les pécheurs ! C'est un glouton, un ivrogne."

De ces trois cercles, celui qui est choisi ce ne sont ni les malades, ni le Mauvais mais les pécheurs. Par contre Jésus avait dit au lépreux de ne pas parler de sa guérison, de se taire.

Le dernier cercle c'est celui des pharisiens, en fait les plus proches de Jésus. Et contrairement à ce qu'on pense souvent, ces gens-là pouvaient presque comprendre que Jésus était le Messie. C'étaient les plus scrupuleux, les plus honnêtes. C'étaient les moins exclus, car les malades étaient exclus de la société et les pécheurs se moquaient radicalement de la Loi. Les pharisiens essayaient scrupuleusement de suivre cette Loi, de découvrir la médiation qu'elle avait portée afin d'y trouver le salut.

Et c'est là qu'on entre dans un autre passage, dans une discussion de Jésus sur la Loi. Jésus élèvera le ton en disant en disant que le problème n'est plus la Loi mais le salut, la vie. Est-ce que vous avez fait d'une loi une impasse à la vie ? C'est la première dynamique de Marc. Marc construit son évangile par cercles progressifs. On est passé du Mauvais, du Malin, du Tentateur aux malades auxquels Jésus parle avec égalité. Il n'est pas question de loi, mais Il vient "toucher". Nous sommes dans ces différents cercles. Nous sommes des pécheurs, nous sommes des malades et nous sommes un peu pharisiens, parce que nous sommes un peu des gens de la Loi. C'est aux malades qu'aujourd'hui le Christ s'annonce, s'adresse. Est-ce que nous lui disons "Je le sais, tu peux me guérir ! Je le veux ! Guéris-moi !" Jésus parle d'égalité à égalité avec le malade. Il est plein de compassion pour cette maladie et Il touche la maladie. Et par ce toucher, Il la guérit, Il la transforme, Il remet à sa place cet homme exclus, abîmé, éloigné pour le rapprocher de la lumière, de la clarté, de l'équilibre, de la paix, de Dieu Lui-même.

Laissons-nous inviter à nous approcher davantage de Jésus afin de pouvoir, comme tous ces hommes qui l'ont entouré, prononcer notre désir d'être guéri. Le Christ ne pourra pas ne pas nous répondre. Laissons-nous simplement attirer par ce salut qui nous est offert Jésus le Christ, Fils de Dieu, Sauveur.

 

 

AMEN

 

 
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