AU FIL DES HOMELIES

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UN REPOS BIENFAISANT

Gn 42, 1-9+15-17 ; Mc 2, 23-28

Vendredi de la troisième semaine de l'Épiphanie – B

(27 janvier 2006)

Homélie du Frère Yves HABERT

 

C

ette loi du sabbat est quelque chose de constitutif, quelque chose de très profond, rappelé par les dix commandements : sanctifier le jour du Seigneur. Relié dans le texte de l’Exode à la création de Dieu en six et le septième jour, Il se reposa, relié dans le texte du Deutéronome que nous avons lu ce matin, à l’œuvre de libération d’Égypte, donc sanctifier le jour du Seigneur pour participer à cet effort créateur et d’un Dieu qui se repose et qui contemple sa création ; qui contemple l’ouvrage qui est sorti de ses mains. Relié donc aussi à cette œuvre de libération d’un Dieu qui a fait sortir son peuple à mains fortes et à bras vigoureux de la terre d’Égypte, sabbat qui préfigure et annonce le véritable jour du Seigneur, ce huitième jour, ce jour qui est le premier de la semaine, ce jour de la Résurrection qui accomplit pleinement cette œuvre de récréation par la résurrection du Sauveur, et pleinement, on le comprend bien, cette œuvre de libération, en nous faisant passer de la mort à la vie.

Depuis, les chrétiens ont l’habitude de se retrouver le dimanche pour sanctifier ce jour. Il s’agit de comprendre que ce jour nous est donné par le Seigneur pour vivre pleinement de ce repos qui nous est proposé. Vivre pleinement de ce repos, c’est quelquefois difficile, parce que nous sommes tentés de continuer les activités de la semaine, nous sommes tentés de continuer à faire notre ouvrage, et pourtant, il y a cet ordre formel. Nous sommes invités à cette attention, à ce repos, pour recueillir en nous le fond de la joie chrétienne, tout ce que nous avons semé toute la semaine, nous le récoltons le dimanche. C’est pur cela qu’il faut recevoir ce jour du Seigneur comme un cadeau. Tout ce que nous avons semé dans la semaine, tout ce que nous avons effectué, nous en recueillons les fruits au jour du dimanche. Combien le dimanche m’apparaît vide quand il n’y a pas l’eucharistie. Combien le dimanche m’apparaît sans but, sans fin quand il n’y a pas l’eucharistie pour rassembler en gerbe tout ce que l’on a fait dans la semaine. La chanson de Brassens, "les gorilles s’embêtent le dimanche", parce que quand le dimanche est un jour comme les autres, les magasins sont fermés, Plan de campagne est fermé, à ce moment-là, c’est encore pire, le cafard peut être encore plus grand.

Il faut sanctifier le jour du Seigneur, c’est-à-dire, recevoir tout ce qu’Il veut nous donner, et tout ce qu’Il veut donner à des tas de plans que l’on ignorerait dans la semaine. Tout ce qu’Il veut nous donner au niveau du silence, de la culture, au niveau de l’effort aussi au plan de notre corps. Je crois qu’il nous faut sanctifier le jour du Seigneur, non pas pour obéir à une loi qui serait refermée sur elle-même, mais pour recueillir ce que la semaine a déjà semé.

 

 

AMEN

 

 

 
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