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OSER ÊTRE PROPHÈTE

Ez 2, 2-5 ; 2 Co 12, 7-10 ; Mc 6, 1-6
Quatorzième dimanche du temps ordinaire – Année B (8 juillet 2012)
Homélie du Père Jean-Noel T'CHA


Saint Jean de Malte - Ézéchiel
Frères et sœurs, avant de partager avec vous ma petite méditation, je voudrais avec joie vous saluer et vous exprimer ma joie d'être encore parmi vous. Je suis très heureux de revoir mes chers paroissiens et cette belle église de Saint Jean de Malte. Elle a été témoin de la parole de Dieu proclamée en ce lieu même et cette parole de Dieu consignée dans les Saintes Écritures est d'une telle actualité que chacune de ses pages nous rejoint toujours dans notre vie quotidienne.

Dans les textes bibliques que nous venons d'écouter, nous avons touché la proximité de cette parole de Diu pour nous. Nous sommes dans un monde un peu hostile au message évangélique et les envoyés de Dieu sont confrontés souvent à de l'indifférence et aux moqueries. Dans certains pays, ce qui est pire, ils sont arrêtés, fouettés, et emprisonnés. Je vous signale le cas du jeune Afghan de vingt-cinq ans, arrêté, emprisonné tout simplement parce qu'il a offert le Nouveau Testament à son ami qui est allé le trahir. C'est terrible. La parole de Dieu n'est pas toujours bien accueillie mais rien ni personne ne peut arrêter le mouvement évangélique. Personne ne peut retenir les témoins de Dieu car l'évangile doit être annoncé en tous temps et parfois contre vents et marées.

C'est ce qui se passe dans l'évangile de ce jour. Nous y voyons Jésus revenu à Nazareth, un petit village où à l'époque tout le monde se connaissait. Le fils du charpentier, tout le monde le connaît. On vient de citer ses frères, évidemment, ce ne sont pas ses frères de même sang, la mentalité juive, un peu comme en Afrique, mon cousin est mon frère ! On le classe, on sait d'où il vient déjà et il veut nous apprendre. Mes chers amis, c'est un danger qui nous guette nous aussi. Nous croyons bien connaître les gens et nous avons tendance à les classer, à les enfermer dans des catégories dont ils ne peuvent sortir.

Un jour, Jésus revient dans son pays, là où il a grandi, à Nazareth. Il a quitté sa famille, ses amis pour aller au loin accomplir la mission qui lui a été assignée par son Père. Il se met à parcourir toute la Galilée et même au-delà. Il enseigne et guérit toute maladie, on vient à lui de partout. Il revient à Nazareth parce que nul n'est en-dehors de l'annonce du salut, aussi bien de sa famille que de ceux qui sont à l'étranger, tous sont concernés par le salut. Et un jour de sabbat, en bon juif pratiquant, il se rend à la synagogue où il va livrer le message, mais les gens ne le comprennent pas. Cet homme c'est le fils du charpentier, qu'est-ce qu'il a à nous apprendre ? il a grandi devant nous, on le connaît. Et comme on n'a jamais fini d'apprendre, Jésus leur dit là quelque chose de capital : il constate que le prophète n'est jamais accueilli dans son pays. Cela arrive, mais c'est rarissime.

Un prophète n'est jamais bien accueilli dans son propre milieu. Il faut maintenant préciser ce que c'est qu'un prophète et puisqu'il faut que je parle, je vais parler ! Le prophète comme bon nombre de gens le pensent, ce n'est pas celui qui prédit l'avenir. Le prophète c'est celui qui parle au nom de Dieu. Nous sommes tous des prophètes par notre baptême. Le prophète dénonce le péché, exhorte à la conversion, voilà sa mission. Et baptisés, nous sommes prophètes, prêtres et rois ! C'est l'occasion de nous poser la question de savoir comment nous exerçons cette prophétie ? cette dimension prophétique de notre baptême ? Est-ce que nous cautionnons le mal par peur ? Ou bien avons-nous ce courage de dénoncer le mal et d'annoncer le bien car il ne suffit pas seulement de dénoncer, il faut annoncer le bien. Avons-nous ce courage ? Le prophète ce n'est pas celui qui roule avec une Mercédès et qui lève la main en disant, convertissez-vous, moi je passe ! Non, c'est celui-là qui accepte de souffrir pour le Christ.

Dans la première lecture le prophète Ézéchiel qui lui aussi a été confronté à de dures épreuves, mais comme pour se conforter, il dit : "Qu'ils écoutent, ou qu'ils n'écoutent pas, ils sauront qu'il y a un prophète au milieu d'eux". Il est tenace, il tient bon, et c'est aussi ce que le Seigneur attend de nous. Tenir bon parce qu'il y a beaucoup d'épreuves, que je sois prêtre, religieuse consacrée, fidèle laïc, j'ai la mission d'annoncer l'évangile et cela comporte des épreuves, des obstacles. Tenons bon et résistons à l'esprit de démission qui est l'apanage de Satan.

L'apôtre saint Paul lui aussi a été confronté à de dures épreuves, il est accablé de toutes sortes de difficultés et d'humiliations. Mais le Seigneur le rassure : "Ma grâce te suffit". Cette grâce que tu as reçue dès ta conversion elle te suffit pour ta mission. Courage ! Je crois que c'est la grâce que le Seigneur nous donne aussi ce matin. Il nous rassure que notre grâce baptismale nous suffit. Elle a besoin d'être ravivée par l'eucharistie, par la parole de Dieu, par les œuvres caritatives, mais elle nous suffit. Comment allons-nous la gérer ? Comme cet ouvrier qui a enfoui son talent dans le sol ? ou alors comme celui qui a essayé de faire fructifier son talent ? que la grâce de cette eucharistie nous donne le courage d'être des prophètes dans nos milieux respectifs. Avoir le courage de dénoncer le mal et d'annoncer le bien.

 

AMEN

 

 

 

 

 

 
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