LE SALUT POUR LES PAIENS

Is 56, 1.6-7 ; Rm 11, 13-15.29-32 ; Mt 15, 21-28
Vingtième dimanche du temps ordinaire – année A (20 août 2017)
Homélie du père Jean-Noël N’Tcha

 

Frères et sœurs en Christ, à la lecture de ce passage de l'évangile selon saint Matthieu, personne ne peut rester insensible à la dureté des paroles de Jésus. « Il ne sied pas de prendre le pain des enfants pour le jeter aux petits chiens ». Qui était alors le petit chien ?

La compréhension profonde de ce passage est très belle, très savoureuse. La femme cananéenne en question n'a pas demandé à être dans les difficultés, elle n'a pas demandé à être païenne, puisque le salut était destiné aux Juifs, elle se retrouve dans une situation dont elle n'est pas responsable, elle crie au secours. Mais Jésus ne se montre pas méchant envers cette femme, car si cela avait été le cas, Il aurait écouté ses disciples Lui demander d’accorder ce qu'elle demandait pour avoir la paix, un peu comme la parabole de l'ami importun. Jésus ne l'a pas fait car Il avait un projet. Dieu veut que Jésus le Messie soit d'abord venu pour les Juifs, mais pas exclusivement pour eux. La prophétie d'Isaïe le dit clairement : « La maison de mon Père sera une maison de prière pour tous les peuples », pas seulement pour les Juifs. Peut-être que son heure n'était pas venue pour les païens, comme c'était le cas pour le premier miracle à Cana.

Cela montre que Dieu est sensible à la prière insistante des femmes. Au mariage de Cana, quand Marie sa mère a constaté qu'ils n’avaient plus de vin, Il lui dit : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n'est pas venue », et malgré cela, Il obéit à sa mère. L'heure pour les païens d'accéder au salut n'était pas encore arrivée. Mais la femme cananéenne a forcé la porte et le salut est advenu  aux nations païennes comme le dit saint Paul. L'enseignement qui émerge de ce texte, c'est que Dieu désire que l'homme coopère à son propre salut, la femme cananéenne a coopéré, par sa foi. L'admiration de Jésus devant cette femme, vu la grandeur de sa foi, est admirable : « Ô femme, grande est ta foi ».

Frères et sœurs, chacun à son niveau fait parfois l'expérience de cette femme cananéenne. Que de personnes restent insatisfaites parce que leur prière semble ne pas être exaucée ! Combien de personnes se demandent si Dieu les écoute encore, et si c'est le cas, pourquoi elles vivent une telle situation ! S'Il est venu pour la Communion, pourquoi être exclu de la société, d'un système ? En fait, les épreuves vérifient la qualité de notre foi, nous dit encore l'Ecriture. Pour purifier l'or, on le passe au feu. Ne baissons pas les bras, la vie chrétienne est un combat. Il faut combattre dans la prière et avec foi. Les lectures de la semaine écoulée tournaient autour de la foi. Jésus disait que si notre foi était aussi grosse qu'une graine de moutarde, on pouvait déplacer une montagne. Notre prière de ce jour, c'est qu'Il augmente notre foi, que nous ne soyons jamais découragés, car le découragement est la fermeture de toutes les portes. Laissons-nous conduire par l'Esprit qui nous fait crier vers Dieu : « Père, Père, Ô Jésus fils de David, aie pitié de moi, aie pitié de moi ».

 
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