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LA SAGESSE DU RENOUVEAU

Pr 9, 1-6 ; Ep 5, 15-20 ; Jn 6, 51-58
Vingtième dimanche du temps ordinaire – année B (19 août 2018)
Homélie du Père Jean-Noël N’TCHA

Frères et sœurs en Christ, bonjour.

Dans les deux premières lectures, un mot revient fréquemment : sage ou sagesse. Qu’est-ce que la sagesse ? De façon générale, nous attribuons cette qualité à des personnes qui ont des cheveux blancs ou gris parce qu’on suppose qu’ils ont accumulé assez d’expérience dans la vie pour leur permettre de percevoir ce que le petit ne peut pas voir. Mais des expressions que nous employons de façon courante restreignent le sens de la sagesse qui n’appartient pas qu’aux personnes âgées. Quand vous avez des jeunes qui veulent sortir le soir, que leur dites-vous ? « Soyez sages », autrement dit : « Comportez-vous bien, montrez-vous exemplaires ». La sagesse n’est pas que l’apanage des personnes âgées.

Le livre des Proverbes va plus loin et personnifie la sagesse de manière admirable et unique. Elle est comparée à une grande dame, généreuse, soucieuse du bien-être de ses convives. Cette sagesse va s’identifier de façon claire dans l’évangile. La sagesse nous invite au festin. Le texte est magnifique. « La sagesse a bâti sa maison… elle a tué ses bêtes, préparé son vin, elle a aussi dressé sa table » et elle nous invite tous au banquet. Si vous manquez de sagesse, « Venez à moi ».

Le Christ incarne bel et bien cette sagesse qui non seulement prépare le banquet mais aussi se laisse manger. « Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ». Voilà des propos que Jésus nous laisse aujourd’hui. Pour ses contemporains, ce n’était pas facile à avaler. Et si ce matin je vous donnais du sang du Christ, vous ne seriez pas nombreux à goûter. « Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ».

« Qui demeure en moi, je demeure en lui ». Ces paroles impliquent de notre part de grandes responsabilités parce que le chrétien qui communie tous les jours est appelé à ressembler à ce qu’il reçoit. Quand un enfant naît, on le nourrit et il grandit. Quand nous communions au corps et au sang du Christ, nous devons nous laisser transformer par cette nourriture et, en nous laissant transformer par le Christ, nous devenons comme Lui, ce qui revient à œuvrer pour l’unité. Nous disons « communion » ce qui veut dire « union avec », « être un avec ». En tant que chrétiens, nous ne pouvons pas communier tous les jours et aller en rangs dispersés, nous ne pouvons pas chercher Dieu en rangs dispersés, nous ne Le trouverions jamais.

Un autre aspect que nous négligeons parfois : quand nous voulons manger, que faisons-nous ? Vous revenez du marché, du shopping : que faites-vous ? Nous nous lavons les mains. Oui, le repas qui nous donne de l’énergie, comment le prenons-nous ? Nous lavons-nous les mains ou nous contentons-nous de dire : « Seigneur je ne suis pas digne de Te recevoir mais dis seulement une parole et je serai guéri » ? Tous les jours, nous le répétons. La communion au corps et au sang du Christ implique une toilette spirituelle. Cette toilette spirituelle, c’est le sacrement de pénitence et ce sacrement est de plus en plus négligé et bafoué parce qu’on se dit : « Le prêtre qui est là, pourquoi aller m’agenouiller et dire mes péchés ? C’est un pécheur comme moi et peut-être pire que moi ». Nous ne confessons pas nos péchés au prêtre mais à Dieu. Si nous pensons que le prêtre fait descendre Jésus du Ciel sur l’autel, pourquoi ne pas croire que par le prêtre Jésus puisse remettre nos péchés ?

« Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ». Saint Paul, sévère avec nous ce matin, nous traite de fous et d’insensés. Demandons au Seigneur la grâce de nous mettre en règle, de nous disposer, et cela est un signe de sagesse. Si vous êtes invités par le Président, vous n’irez pas en culotte ou avec un tee-shirt. Vous allez vous mettre au sérieux. Le Christ est plus grand que tout homme. Il a besoin que nous nous mettions au sérieux avec Lui. C’est cela la sagesse. La sagesse commence avec la crainte de Dieu. Mais le chrétien est tellement habitué de Dieu qu’il y va de façon machinale, sans se rendre compte qu’il va communier. C’est devenu une habitude. Nous ne devons pas nous habituer à Dieu dans le sacrement de l’eucharistie.

Si nous pouvions retrouver le sentiment de notre première communion tous les jours, cela nous aiderait beaucoup. Que chacun essaie de se rappeler les sentiments de sa première communion : on était tout pieux, recueilli. Mais au fur et à mesure que le temps passe, on devient les amis de Dieu, les copains de Dieu, les habitués et on ne fait plus attention. Nous ne devons pas nous habituer à Dieu au point de le banaliser. Dieu doit être toujours l’Autre, le plus intérieur.

Que la grâce de cette eucharistie nous renouvelle de l’intérieur et que chaque fois que nous nous approchons de la Table sainte, nous puissions nous demander : « Qui est Celui que je reçois ? Qui est-Il pour moi ? »

 
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