Photos

JÉRUSALEM

Esd 1, 1-6

(17 septembre 1989???)

Homélie du Frère Daniel BOURGEOIS

Jérusalem : Fouilles autour des murs du Temple 

C

'est un peu une joie comme celle que nous éprouvons aujourd'hui dans notre cœur, mais peut-être infiniment multipliée qu'il faut imaginer pour ces hommes qui avaient perdu leur terre, leur pays et qui, par un édit de Cyrus, trouvaient enfin la possibilité de revenir sur leur terre à Jérusalem pour y chanter leur Dieu et y vivre dans la paix selon la Parole de Dieu.

Le retour à Jérusalem ce fut sans doute pour le peuple israélite la joie des retrouvailles, ce bonheur qu'on goûte avec une infinie profondeur parce qu'on en sait le prix, parce que l'absence a marqué sa blessure et que tout à coup on revoit les lieux que l'on aime et ceux que l'on aime.

       Or ce qui est extraordinaire, c'est que cette joie de la reconstruction de Jérusalem, cette joie pour le peuple d'Israël de revenir sur les lieux qui avaient été marqués par toute son histoire, c'est une joie qui lui est donnée par un roi, un souverain païen. C'est un païen, Cyrus, qui ne confessait pas la foi dans le Seigneur Dieu qui a pris l'initiative de restaurer le Temple de Jérusalem. Ainsi Jérusalem, c'est évidemment la cité que Dieu avait choisie, mais pour la bâtir il y eut non seulement le peuple, le peuple de tous ceux qui dans la grande tradition d'Israël avaient bâti cette ville, l'avait chantée, l'avait célébrée et y avait mis tout leur amour, mais aussi les païens à leur insu bâtissaient Jérusalem. Ainsi cette ville est pour ainsi dire l'œuvre du Peuple et des nations, d'Israël et des païens. Déjà prophétiquement, Jérusalem c'est le point de rencontre de toutes les nations. C'est pour ça qu'elles pourront toutes s'y avancer puisque précisément c'est Cyrus qui représente le plus grand pouvoir politique de l'époque qui prend l'initiative de rebâtir Jérusalem.

       Cependant ce n'est pas encore assez, et la lecture de l'évangile que nous venons d'entendre nous fait pressentir les lignes profondes du nouveau tracé de la Nouvelle Jérusalem. C'est Jésus qui se retire seul à la montagne pour prier son Père. C'est cela même Jérusalem. C'est le Christ dans la joie d'aimer son Père qui l'aime infiniment. Jérusalem c'est cet amour qui coule sans cesse du Père vers le Fils et du Fils vers le Père, c'est cette prière, c'est cette adoration, c'est cette joie d'un amour totalement et pleinement partagé. Et pour que Jérusalem se construise voici que la prière du Christ est comme le pavement de cette ville et le Christ fait se dresser douze colonnes, qu'Il appelle des apôtres. Ce ne sont pas des colonnes immobiles, ce sont des monuments qui vont se déplacer à travers le monde entier. Apôtre, c'est-à-dire envoyé. Et la Nouvelle Jérusalem que nous vivons maintenant, c'est à la fois quelque chose qui a son pavement, ses fondations dans le ciel et qui est faite de tous ces apôtres qui sillonnent toute la terre pour annoncer la Bonne Nouvelle du salut, pour opérer des guérisons au Nom du Seigneur et pour annoncer au monde qu'il a reçu miséricorde.

       Puissions-nous, les uns et les autres, être réellement cette Jérusalem fondée dans l'amour de Dieu pour son peuple, fondée dans l'amour du Père pour son Fils et du Fils pour son Père, et en même temps envoyée pour proclamer la Bonne Nouvelle du salut : oui c'est Jérusalem que Dieu a aimé de toute éternité.

 

       AMEN


 

 
Copyright © 2019 Paroisse Saint Jean de Malte - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public